25 juin : le jour où Michael Jackson est mort en pleine répétition… et où la guerre de Corée a coupé un pays en deux
Certaines dates concentrent tellement d’événements qu’on se demande si le calendrier ne le fait pas exprès. Le 25 juin, c’est un roi de la pop qui s’effondre en pleine répétition, une guerre qui découpe un pays en deux pour 75 ans, et un écrivain visionnaire qui naît dans les colonies britanniques. Tour d’horizon d’un jour qui a secoué le monde à plusieurs reprises.
Le jour où la Corée s’est déchirée en deux
Le 25 juin 1950, à 4 heures du matin, 75 000 soldats nord-coréens franchissent le 38e parallèle et envahissent la Corée du Sud. C’est le début d’un conflit qui durera trois ans et fera près de 3 millions de morts. Personne, ce jour-là, n’imagine que la ligne de front deviendra une frontière permanente.

Les États-Unis réagissent en 48 heures. Le président Truman envoie des troupes sous mandat de l’ONU, profitant de l’absence de l’URSS au Conseil de sécurité — les Soviétiques boycottaient les séances depuis janvier. Sans ce boycott, le veto russe aurait probablement bloqué toute intervention.
La Chine de Mao finit par entrer dans la guerre en octobre 1950, envoyant 300 000 « volontaires » face aux troupes américaines. L’armistice est signé le 27 juillet 1953, mais aucun traité de paix n’a jamais été conclu. Techniquement, les deux Corées sont toujours en guerre aujourd’hui.
Détail glaçant : la zone démilitarisée qui sépare les deux pays mesure 4 km de large et 248 km de long. C’est devenue, par défaut, l’une des réserves naturelles les plus riches d’Asie — aucun humain n’y met les pieds depuis 70 ans.
Michael Jackson meurt à 50 ans, le monde s’arrête
Le 25 juin 2009, Michael Jackson s’effondre dans sa villa de Holmby Hills à Los Angeles. Il répétait depuis des semaines pour sa tournée « This Is It », censée marquer son grand retour. Son médecin personnel, le Dr Conrad Murray, lui avait administré du propofol — un anesthésiant normalement réservé aux blocs opératoires — pour l’aider à dormir.
L’appel au 911 est passé à 12h21. Jackson est déclaré mort à 14h26 au Ronald Reagan UCLA Medical Center. En quelques minutes, la nouvelle fait crasher Google, Twitter et le site de TMZ. Le mot « Michael Jackson » devient la recherche la plus tapée de l’histoire de Google à cette date.

Conrad Murray sera condamné en 2011 à quatre ans de prison pour homicide involontaire. Il n’en purgera que deux. La tournée « This Is It » avait vendu 750 000 billets en quelques heures — tous ont été remboursés. Le film documentaire tiré des répétitions rapportera tout de même 261 millions de dollars.
Au moment de sa mort, Jackson croulait sous 400 millions de dollars de dettes. Ironie du sort : sa succession a depuis généré plus de 2 milliards de dollars de revenus. Mais un autre événement du 25 juin avait déjà bouleversé le monde de la musique, bien avant le Roi de la Pop.
1876 : la dernière bataille du général Custer
Le 25 juin 1876, le lieutenant-colonel George Armstrong Custer mène 210 cavaliers du 7e régiment vers le campement de Sitting Bull, au bord de la rivière Little Bighorn, dans le Montana. Il pense attaquer un village de quelques centaines de guerriers. Il en affronte entre 1 500 et 2 000.
En moins de deux heures, Custer et la totalité de ses hommes sont tués. Pas un seul survivant dans son détachement. C’est la pire défaite de l’armée américaine face aux Amérindiens, et la dernière grande victoire des nations Lakota, Cheyenne et Arapaho.
Le choc est immense dans l’opinion américaine, en pleine célébration du centenaire de l’indépendance. Paradoxalement, cette victoire scelle le destin des peuples autochtones : le gouvernement lance une campagne militaire massive qui aboutira à la reddition de Sitting Bull en 1881. Le cheval de Custer, Comanche, survit et devient le seul « rescapé » officiel de la bataille.
George Orwell naît dans un monde qu’il prédira mieux que personne
Le 25 juin 1903, Eric Arthur Blair voit le jour à Motihari, dans l’Inde coloniale britannique. Le monde le connaîtra sous le nom de George Orwell. Son père travaille au département de l’opium du gouvernement colonial — un détail que l’auteur de 1984 n’oubliera jamais quand il écrira sur le pouvoir et la surveillance.
Orwell publie La Ferme des animaux en 1945 et 1984 en 1949. Ce dernier roman, écrit alors qu’il agonise de la tuberculose sur l’île de Jura en Écosse, invente des concepts entrés dans le langage courant : Big Brother, novlangue, police de la pensée. Il meurt à 46 ans, sept mois après la publication.
Fait peu connu : quatre éditeurs ont refusé La Ferme des animaux avant sa publication. L’un d’eux a consulté le ministère de l’Information britannique, qui a déconseillé la publication — l’URSS était encore un allié. Le fonctionnaire qui a rédigé cet avis n’était autre qu’un espion soviétique démasqué des années plus tard.
1947 : un journal intime publié contre l’avis de son auteur
Le 25 juin 1947, la première édition du Journal d’Anne Frank est publiée aux Pays-Bas sous le titre Het Achterhuis (L’Annexe). Otto Frank, le père d’Anne et seul survivant de la famille, a hésité avant de le publier. Anne avait reçu ce journal pour ses 13 ans, le 12 juin 1942.
Le premier tirage est modeste : 3 000 exemplaires. Aujourd’hui, le livre est traduit en plus de 70 langues et s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires. Otto Frank avait supprimé certains passages — notamment ceux où Anne parlait de sa sexualité ou critiquait sa mère — avant la publication. Les versions non censurées n’ont été rendues publiques qu’en 1986.
Anne Frank aurait eu 98 ans en 2027. Sa maison d’Amsterdam, au 263 Prinsengracht, accueille plus d’un million de visiteurs par an. Mais le 25 juin ne se résume pas aux drames et aux chefs-d’œuvre littéraires.
Ces personnalités nées un 25 juin
Outre George Orwell, cette date a vu naître des figures très différentes. En 1963, George Michael voit le jour à East Finchley, dans le nord de Londres, sous le nom de Georgios Kyriacos Panayiotou. Fils d’un immigré chypriote grec, il vendra plus de 120 millions de disques avant de mourir le jour de Noël 2016, à 53 ans.
En 1966, c’est Dikembe Mutombo qui naît à Kinshasa, au Congo. Mesurant 2,18 m, il devient l’un des plus grands défenseurs de l’histoire de la NBA. Son célèbre geste — agiter le doigt après un contre — lui vaut quatre titres de meilleur défenseur. Hors des terrains, il finance la construction d’un hôpital de 300 lits dans sa ville natale.
Côté français, le chanteur Raphaël (Raphaël Haroche) naît à Paris en 1975. Son album Caravane se vendra à plus d’un million d’exemplaires en 2005, porté par le titre Et dans 150 ans.
L’anecdote que personne ne connaît sur cette date
Le 25 juin 1978, le drapeau arc-en-ciel est brandi pour la première fois lors de la Gay Freedom Day Parade à San Francisco. Son créateur, Gilbert Baker, l’a cousu à la main avec 30 bénévoles. La version originale comptait huit bandes — dont le rose vif et le turquoise — contre six aujourd’hui.
Pourquoi deux bandes ont-elles disparu ? Le rose vif n’était pas disponible en production industrielle, et le turquoise a été supprimé pour que le drapeau puisse être divisé en deux moitiés égales lors des défilés. Baker n’a jamais déposé de brevet ni touché un centime de royalties sur ce qui est devenu l’un des symboles les plus reconnus au monde.
Autre curiosité : le 25 juin 1630, le gouverneur de la colonie du Massachusetts, John Winthrop, introduit la fourchette en Amérique du Nord. L’objet est alors considéré comme un affront à Dieu — puisque le Créateur a donné des doigts pour manger. Il faudra plus d’un siècle pour que la fourchette soit acceptée sur les tables américaines.
Si tu as aimé ce voyage dans le temps, tu peux aussi découvrir ce qui s’est passé un 24 juin ou remonter jusqu’au 23 juin. L’histoire ne manque jamais de surprises.