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À Creil, la mairie LFI coupe brutalement les 120 000 € d’un festival photo après 10 ans d’existence

Publié par Claire le 10 Sep 2026 à 16:26
À Creil, la mairie LFI coupe brutalement les 120 000 € d'un festival photo après 10 ans d'existence

Depuis plus de dix ans, un festival photo racontait les usines et les ouvriers du bassin creillois. Cette année, tout s’arrête d’un coup, sans prévenir, sans discuter. La décision du maire de Creil fait grincer des dents jusque dans le milieu culturel national.

Un festival photo qui documentait 10 ans d’histoire industrielle

À Creil, dans l’Oise, la biennale Usimages avait trouvé sa place depuis plus d’une décennie. Portée par l’association Diaphane, elle mêlait création photographique contemporaine et mémoire ouvrière du territoire.

Sa dernière édition, tenue du 12 avril au 15 juin 2025 sur le thème « Transports & industrie », proposait onze expositions réparties dans onze communes. Un volet pédagogique associait aussi les écoles : selon les défenseurs de la manifestation, 46 classes avaient participé aux actions liées au festival.

Le financement, environ 120 000 euros, était assuré par l’Agglomération Creil Sud Oise. Une structure aujourd’hui présidée par Omar Yaqoob, maire LFI de la ville, dans un contexte politique où les arbitrages budgétaires locaux se multiplient, un peu comme dans ces changements qui touchent le quotidien des Français ailleurs en France.

C’est dans ce climat de tensions sur les priorités publiques que la nouvelle municipalité a tranché, sans qu’aucun signal préalable n’ait filtré, comme le rappellent parfois d’autres décisions politiques contestées sur l’usage des fonds publics.

Une annonce par courrier, sans concertation selon Diaphane

Le couperet est tombé par écrit. Selon Le Figaro, le directeur de Diaphane, Fred Boucher, a reçu un courrier daté du 23 juillet l’informant de l’arrêt total du financement.

Problème : la programmation de la prochaine édition était déjà préparée. Aucune discussion n’a précédé cette décision, affirme l’association, qui découvre la nouvelle en pleine préparation logistique de l’événement.

« Le projet a été annulé de manière brutale. Je n’ai pas eu le temps de défendre notre manifestation », dénonce Fred Boucher auprès du quotidien. Il ajoute regretter « une méconnaissance de notre travail de la part de l’agglomération », rappelant que Diaphane ne se limite pas à des expositions en extérieur.

Ce type de rupture rapide entre collectivité et association culturelle rappelle d’autres arbitrages récents autour de manifestations locales, jugés tout aussi expéditifs, à l’image de certains basculements brutaux dans l’histoire des institutions ou des décisions qui ont changé la trajectoire d’un projet du jour au lendemain. Diaphane assure n’avoir eu droit à aucune médiation, ni proposition de budget réduit, ni calendrier de transition.

Homme tenant une lettre, expression de stupeur

L’agglomération assume, la comparaison avec Roubaix inévitable

Face à la polémique, comme d’autres responsables politiques critiqués sur leurs choix, l’Agglomération Creil Sud Oise ne recule pas. Elle explique « assumer la décision de cet arrêt », qui ne constituerait « ni une remise en cause du travail de Diaphane, ni un désengagement culturel ».

L’argument avancé est celui de l’efficacité : l’impact du festival auprès de la population locale serait « apparu insuffisant au regard des moyens mobilisés ». Une justification budgétaire qui, pour Diaphane, ne tient pas la route face à dix ans d’ancrage territorial.

Cette affaire intervient après un autre épisode qui a fait grand bruit dans le milieu culturel français : l’annulation d’un festival électro à Roubaix, décidée par la municipalité dirigée par Guillaume Delbar. Deux décisions, deux villes, mais un même sentiment de défiance envers le monde associatif culturel, à l’heure où les arbitrages budgétaires nationaux tendent aussi les relations entre pouvoirs publics et acteurs de terrain.

Diaphane, de son côté, n’exclut pas de chercher d’autres financements pour tenter de sauver Usimages, sans savoir aujourd’hui sous quelle forme la biennale pourra survivre.

Dix ans de mémoire ouvrière rayés d’un trait de plume administratif : voilà le résumé amer que retiennent les organisateurs de ce festival photo. Reste à savoir si d’autres collectivités françaises suivront ce même chemin budgétaire face à leurs manifestations culturelles locales.

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