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Une mère et sa fille érigent une maison de sept pièces avec 8 000 bouteilles de verre et des tubes de dentifrice recyclés

Publié par Elsa Fanjul le 30 Oct 2026 à 18:15
Sans un sou, une mère et sa fille bâtissent 7 pièces avec 8 000 bouteilles et des tubes de dentifrice

Une plage du nord-est du Brésil, des bouteilles vides partout, et deux femmes qui n’ont pas les moyens d’acheter un toit. Pour la plupart des gens, c’est un problème. Pour Edna et Maria Gabrielly Dantas, c’était un stock de matériaux gratuit. Le résultat s’appelle la Casa de Sal, et ses murs ne ressemblent à aucun autre. Reste à comprendre comment elles ont fait tenir tout ça debout.

Deux femmes, une plage jonchée de déchets et zéro budget

Tout commence pendant la pandémie de Covid-19, sur l’Ilha de Itamaracá, dans l’État de Pernambuco. Edna Dantas et sa fille Maria Gabrielly cherchent une solution de logement. Elles ne sont ni grandes fortunes ni promotrices, juste décidées à avoir leur propre toit.

Autour de Praia do Sossego, les plages et la mangrove sont jonchées de bouteilles vides et de débris laissés par le tourisme. Mère et fille y voient deux choses à la fois : un problème environnemental, et une matière première gratuite.

Leurs profils se complètent bien. Edna vient de l’éducation socio-environnementale et du recyclage. Sa fille, elle, vient du design et de la mode durable.

Elles posent alors une règle simple : privilégier le réemploi avant tout achat. Un peu comme ceux qui construisent sans béton, elles refusent de partir du neuf.

Le chantier ne s’est pas fait d’un coup. Selon les articles qui lui sont consacrés, il s’est étalé sur plusieurs années, au rythme des matériaux trouvés. Mais comment transformer des bouteilles en murs ?

Des murs de verre posés à la verticale : le détail qui change tout

Les bouteilles n’ont pas été jetées dans un coin du chantier. Elles ont été collectées sur les plages, dans les mangroves et sur des terrains abandonnés de l’île, puis nettoyées une à une avant d’être maçonnées.

Au total, la maison compte environ 8 000 bouteilles en verre. Un chiffre qui donne le vertige quand on pense au tri, au lavage et à la pose.

Autour de ces murs, la structure repose sur du bois de récupération et des palettes, qui servent de support aux différentes pièces. Rien n’est acheté neuf si une alternative existe. Les déchets du quotidien font office de matériaux de construction.

Le chantier n’a rien eu de confortable. Au début des travaux, la maison n’avait ni salle de bain conventionnelle ni confort moderne. Mère et fille vivaient sur place tout en construisant, avec des moyens limités.

Elles ont aussi dû encaisser les remarques et les préjugés, dans un univers du bâtiment encore largement perçu comme réservé aux hommes. Comme dans ces bétons fabriqués avec des matériaux improbables, l’idée semblait folle avant de convaincre.

Alors, quel est le choix technique qui a tout changé dans ces murs ? Il tient en un mot : la verticalité.

Bouteilles debout, tuiles en tubes de dentifrice : le secret de la Casa de Sal

Mère et fille devant leur maison écologique tropicale

Chaque bouteille a été intégrée verticalement plutôt qu’à plat. Ce choix laisse passer la lumière naturelle à travers le verre. Il crée un effet presque de vitrail, qui diffuse des reflets colorés dans les pièces.

C’est ce qui fait le charme de la maison : un foyer lumineux et habitable, bien loin de l’image d’une cabane de fortune. Dans un entretien accordé au média Metrópoles, Edna Dantas a détaillé comment ces murs de verre sont devenus la signature de la Casa de Sal, autant par la lumière que par l’esthétique.

Et le toit ? Pour la toiture, les tuiles sont fabriquées à partir de tubes de dentifrice vides. Un déchet du quotidien, détourné en matériau de construction, dans une logique d’économie circulaire.

Voilà la réponse : une maison de sept pièces, des murs en bouteilles posées debout, des tuiles en tubes de dentifrice et une charpente de palettes. Le tout bâti avec ce que l’île jetait.

Reste à voir ce que ce chantier hors norme provoque aujourd’hui, bien au-delà de Pernambuco.

Ce que la Casa de Sal inspire désormais au Brésil

La persévérance des deux femmes a fini par attirer l’attention dans tout le Brésil. Leur histoire d’autoconstruction nourrit désormais les débats sur trois sujets : le logement abordable, le réemploi des déchets côtiers et la place des femmes sur les chantiers.

Le sujet des déchets, justement, parle à beaucoup de monde. En France aussi, on se demande comment mieux les valoriser, jusque dans la facture, comme le montre cette hausse de la taxe poubelle.

La Casa de Sal pose aussi une question plus large : à quoi ressemble une maison quand on la pense avec ce qu’on a sous la main ? Selon les articles consacrés à la maison, la réponse tient autant à l’esthétique qu’à la survie économique.

Ce type de projet rappelle que le bricolage peut aller très loin. On connaît les départements où l’on dépense le plus en bricolage, mais ici, c’est l’ingéniosité qui a remplacé le budget.

Reste à savoir si d’autres s’en inspireront. Pour l’instant, la source ne mentionne pas de projet similaire, mais le débat est ouvert.

Deux femmes, des bouteilles et une idée têtue : la Casa de Sal prouve qu’un déchet n’est qu’un matériau qui attend son heure. Et si vous aimez les histoires où le bon sens bat le budget, ce que ce voisin fait à son thermostat avant l’arrivée de ses invités va vous faire sourire. Et pour ceux qui aiment les lieux improbables, ces mini-villes perdues en plein désert cachent des vies encore plus étonnantes.

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