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Affaire Lyhanna : « C’est lui »… une fillette de 11 ans reconnaît le regard du suspect et brise le silence

Publié par Cassandre le 06 Juin 2026 à 10:51
Visage d'une femme exprimant l'angoisse et la détermination

L’affaire Lyhanna ne cesse de s’alourdir. Alors que le corps de l’adolescente a été retrouvé dans un silo agricole du Gers, une nouvelle plainte pour viol a été déposée jeudi soir contre le principal suspect. Derrière cette plainte, deux mots prononcés par une fillette de 11 ans devant sa mère : « C’est lui. »

Affaire Lyhanna : une fillette de 11 ans désigne Jérôme B. après l’avoir vu à la télévision

La plainte a été enregistrée jeudi soir au commissariat de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor. Elle vise directement Jérôme B., le père de famille de 41 ans déjà mis en examen dans le cadre de la disparition et du meurtre présumé de Lyhanna.

À l’origine, cette plainte avait été déposée contre X par la mère d’une fillette, pour des faits de viol remontant à 2023. L’auteur n’avait alors pas été identifié. C’est la médiatisation massive de l’enlèvement de Lyhanna qui a tout changé.

En voyant les images du suspect diffusées dans les médias, la fillette aurait déclaré à sa mère avoir reconnu « le regard » de Jérôme B. La plainte contre X est alors devenue une plainte nominative. Un basculement qui pourrait modifier la trajectoire de l’enquête et révéler un profil de prédateur récidiviste bien plus ancien que ce que les enquêteurs soupçonnaient.

Mais comment un individu déjà visé par plusieurs signalements a-t-il pu passer entre les mailles du filet judiciaire pendant des années ?

Un corps retrouvé dans un silo, un suspect aux déclarations « incohérentes »

Le corps de Lyhanna a été découvert dans le silo d’un site agricole désaffecté, sur la commune de Puycasquier. Ce lieu se situe à une quinzaine de kilomètres de Fleurance, le bourg du Gers où l’adolescente a été aperçue pour la dernière fois montant dans la voiture du suspect, en sortant de son collège.

Jérôme B. avait travaillé sur cette exploitation agricole il y a huit ans. Un détail qui a orienté les recherches des enquêteurs sur un territoire décrit comme « grand comme trois fois et demi Paris ». Le suspect affirme avoir déposé Lyhanna à la piscine. Les enquêteurs jugent ses déclarations « incohérentes ».

Une marche blanche en hommage à l’adolescente a été programmée dimanche à 15 heures à Fleurance. Toute une communauté attend des réponses, mais c’est au sommet de l’État que la colère gronde aussi. Le président Emmanuel Macron a dénoncé depuis le Monténégro un « dysfonctionnement inacceptable », refusant d’entendre « aucun argument de moyens ».

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Car au-delà du drame, c’est toute la chaîne de suivi judiciaire des individus signalés qui est aujourd’hui remise en cause.

Silo agricole désaffecté entouré de champs dans le Gers

Macron « furieux », Darmanin accable la justice : vers des sanctions contre des magistrats ?

L’affaire Lyhanna a provoqué une crise de confiance inédite entre l’exécutif et l’institution judiciaire. Vendredi soir sur TF1, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a estimé que « l’institution judiciaire n’a pas su protéger » la fillette, ajoutant qu’« on a failli dans le suivi des plaintes » déposées contre le principal suspect.

Se déclarant « furieux » et pointant « un immense échec », le ministre a évoqué d’éventuelles « sanctions » à l’encontre de magistrats pour « des défaillances, des fautes professionnelles ». Une mise en garde lourde de sens : « L’indépendance des magistrats, ce n’est pas l’irresponsabilité. »

Darmanin a également présenté ses excuses à la famille de la victime et « aux Français légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances ». De son côté, la haute-commissaire à l’Enfance souhaite étendre le certificat d’honorabilité aux baby-sitters et à l’emploi à domicile, accusant la pornographie en ligne d’alimenter les violences sur mineurs.

Avec cette nouvelle plainte pour viol déposée à Saint-Brieuc, le dossier de Jérôme B. s’épaissit encore. Le profil d’un homme que plusieurs signalements auraient dû stopper bien avant le drame se dessine jour après jour.

Deux mots d’une fillette de 11 ans — « c’est lui » — pourraient changer le cours de cette enquête. Reste une question qui hante désormais tout le pays : combien de signalements ignorés faudra-t-il encore pour que le système de protection des enfants cesse de faillir ?

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