Affaire Lyhanna : l’autopsie ne tranche pas sur les causes du décès, mais ce qu’elle révèle glace le sang

Lyhanna avait 11 ans. Son corps a été retrouvé début juin dans un silo désaffecté du Gers, plusieurs jours après sa disparition. Mardi 23 juin, ses parents ont enfin pris connaissance du rapport d’autopsie. Ce que ce document révèle — et ce qu’il ne parvient pas à expliquer — donne une nouvelle dimension terrifiante à cette affaire.
Lyhanna : un rapport d’autopsie qui laisse des zones d’ombre
Le parquet d’Agen a été clair : la cause du décès de la collégienne « ne peut pas être déterminée avec certitude ». Malgré l’intervention de trois experts légistes, malgré le transport du corps par hélicoptère jusqu’à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie en région parisienne, la science bute encore sur les circonstances exactes de la mort de l’enfant.
Des analyses complémentaires sont désormais en cours. Examens anatomo-pathologiques — autrement dit, l’étude fine des tissus prélevés — et analyses toxicologiques doivent être menés pour tenter de reconstituer le fil des événements. Un processus qui peut prendre des semaines, voire des mois.
C’est la mère de Lyhanna qui avait donné l’alerte bien avant le drame, rappelant que Rosa avait porté plainte neuf mois plus tôt contre le suspect. L’avocat des parents, François Roujou de Boubée, a confirmé qu’ils avaient reçu le rapport mardi 23 juin.
Chaque jour qui passe sans réponse définitive sur la cause du décès ajoute un poids insoutenable pour la famille. Mais si l’autopsie ne tranche pas sur ce point, elle a livré des éléments accablants sur la violence subie par l’enfant.
Ce que l’autopsie confirme : ligotée, blessée, violée
Les conclusions médico-légales sont glaçantes. Le rapport établit que Lyhanna a été ligotée. Ses bras, ses avant-bras, ses poignets et ses chevilles portaient des traces de liens. Détail troublant : au moment de la découverte du corps, celui-ci n’était plus entravé.
Les analyses biologiques ont également mis en évidence des blessures au niveau de la bouche de l’enfant. Et surtout, elles confirment le viol subi par la collégienne. Des faits d’une brutalité que les termes cliniques du rapport peinent à contenir.
Ces éléments ont poussé le parquet d’Agen à agir vite. La mise en examen du principal suspect, Jérôme Barella, a été étendue. Il est désormais poursuivi pour viol et meurtre sur mineure. Les faits qui lui sont reprochés le placent face à la peine la plus lourde du code pénal français : la réclusion criminelle à perpétuité.
La France a été secouée ces dernières semaines par d’autres disparitions d’adolescents qui rappellent la vulnérabilité des plus jeunes. Mais dans le cas de Lyhanna, c’est la chronologie elle-même qui pose question : des alertes avaient été lancées bien avant que le pire ne se produise.

Perpétuité requise : pourquoi la justice a élargi les charges contre Barella
L’extension de la mise en examen n’est pas un geste symbolique. En droit français, la qualification de meurtre sur mineur assortie d’un viol change radicalement l’échelle des peines. Jérôme Barella, déjà connu des services judiciaires, fait désormais face au plafond pénal absolu.
Le parquet d’Agen a estimé que les éléments matériels — traces de liens, blessures, preuves biologiques du viol — constituaient un faisceau suffisamment solide pour justifier cette requalification. Même en l’absence de certitude sur la cause exacte du décès, les faits de séquestration et d’agression sexuelle sur une enfant de 11 ans suffisent à eux seuls à alourdir considérablement le dossier.
Reste la question qui hante cette affaire depuis le début. Comment une plainte déposée neuf mois avant les faits contre le même individu n’a-t-elle pas permis d’éviter le drame ? C’est précisément la question des suites données aux plaintes qui cristallise la colère de la famille et de l’opinion.
Les résultats des analyses complémentaires — tissus et toxicologie — sont attendus dans les prochaines semaines. Ils pourraient enfin lever le voile sur les causes exactes de la mort de Lyhanna et renforcer encore le dossier d’accusation.
Un rapport d’autopsie qui ne peut pas conclure, et pourtant chaque ligne accable. Lyhanna avait 11 ans, et tout indique que les signaux d’alerte existaient. La vraie question désormais, ce n’est plus seulement ce qui s’est passé dans ce silo du Gers — c’est ce qui ne s’est pas passé avant.