Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

27 ans de prison pour l’avoir étranglée puis découpée : le mot terrible du président au meurtrier des Buttes-Chaumont

Publié par Cassandre le 11 Juil 2026 à 9:42

Quatre heures de délibéré. C’est le temps qu’il aura fallu aux jurés de la cour d’assises de Paris pour trancher le sort de Lakhdar M. Face à eux, un homme au visage tranquille, à la silhouette ventripotente, debout, qui écoute la sentence tomber.

27 ans de réclusion criminelle. La peine tombe ce vendredi 10 juillet 2026, presque trois ans et demi après la mort de son épouse Assia. Une décision qui colle exactement aux réquisitions de l’avocate générale.

Palais de justice de Paris où s'est tenu le procès

Ce que les légistes ont révélé sur les dernières minutes d’Assia

C’est l’élément qui a fait basculer le dossier vers la case « meurtre » plutôt que vers l’accident invoqué par la défense. Selon les expertises médico-légales, l’étranglement aurait duré entre trois et cinq minutes.

Trois à cinq minutes, c’est une éternité pour une agonie. « Elle se serait vue mourir », a résumé le président de la cour d’assises devant une salle silencieuse.

Ce constat technique a pesé plus lourd que n’importe quel argument de plaidoirie. Il a suffi à écarter la thèse du geste incontrôlé pour faire taire quelqu’un.

Le « sacrilège » que le président a pointé du doigt

Le magistrat n’a pas mâché ses mots au moment de motiver la sentence. « En procédant à la partition de la dépouille, vous avez doublé votre crime d’un sacrilège », a-t-il lancé à l’accusé.

Une formule qui résume tout le dossier : Assia n’a pas seulement été tuée, son corps a ensuite été découpé et dispersé dans le parc des Buttes-Chaumont. Un scénario glaçant que la partie civile a détaillé pendant tout le procès.

Fait notable : l’accusé n’a jamais été poursuivi pour atteinte à l’intégrité d’un cadavre. Cette infraction ne peut pas se cumuler juridiquement avec celle d’homicide volontaire, une subtilité qui a surpris une partie du public présent aux audiences.

Parc des Buttes-Chaumont où le corps a été dispersé

La dispute qui a mal tourné, selon sa propre version

Reste une question qui a plané sur tout le procès : pourquoi ? L’accusé a raconté une altercation survenue le 30 janvier 2023, dans le salon de leur appartement de Montreuil.

Sa version : il aurait passé son bras sur le cou d’Assia « pour la faire taire », puis lui aurait plaqué la main sur la bouche. Un geste qu’il présente comme non intentionnel, presque banal.

Mais la cour a retenu un mobile bien plus concret. En apercevant des billets de banque dans le sac de sa femme, l’accusé aurait imaginé une séparation imminente. Une perspective qu’il n’aurait pas supporté.

« Je n’ai pas voulu la tuer » : la défense contre l’accusation

Pendant plusieurs heures de questions, l’accusé a répété la même phrase face à la cour et aux avocats : « Je n’ai pas voulu la tuer ». Une ligne de défense tenue jusqu’au bout.

Son avocat, Me Gérard Tcholakian, a insisté sur ce doute dans sa plaidoirie : « Les débats que nous avons eus laissent très certainement penser qu’il n’a jamais eu l’intention de tuer sa femme ».

Face à lui, parties civiles et accusation ont opposé un seul argument, mais massif : la durée de l’étranglement. Trois à cinq minutes ne collent pas avec un geste de panique.

Les jurés ont tranché en faveur de cette seconde lecture. Un suivi sociojudiciaire de huit ans accompagne la peine, avec une injonction de soins : ne pas la respecter exposerait Lakhdar M. à trois ans de prison supplémentaires.

Ce verdict s’ajoute à une série d’affaires de féminicides qui ont marqué les assises françaises ces dernières années, du meurtre de Delphine Jubillar à celui d’une finaliste de Miss Suisse, étranglée et démembrée elle aussi par son conjoint. Des dossiers qui, chacun à leur manière, posent la même question : comment un couple en arrive-t-il là.

Pour suivre l’actualité judiciaire et les affaires qui font la chronique, vous pouvez nous suivre ou nous ajouter en favori. Retrouvez aussi toute l’actualité personnalisée avec Mon Actu.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *