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« Il n’a pas voulu la tuer » : ce mari de 53 ans plaide l’accident après avoir découpé le corps de sa femme

Publié par Cassandre le 09 Juil 2026 à 14:16
Allée du parc des Buttes-Chaumont sous ciel gris

Un corps démembré retrouvé dans un parc parisien, une famille détruite, un mari qui plaide l’accident. Depuis lundi 6 juillet, la cour d’assises de Paris juge Lakhdar Matoug, 53 ans, pour le meurtre de son épouse Assia. L’accusé a reconnu les faits, mais sa version glace autant qu’elle interroge : que s’est-il vraiment passé ce soir-là dans leur appartement ?

Un corps découvert par hasard aux Buttes-Chaumont

Tout commence en février 2023, quand des employés municipaux tombent sur des restes humains dans le parc des Buttes-Chaumont, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. D’autres morceaux sont ensuite retrouvés dans des sacs disséminés à travers le site, un scénario aussi méthodique que glaçant, à mille lieues d’un simple règlement de comptes.

Les analyses permettent rapidement d’identifier la victime : Assia Matoug, 46 ans, mère de trois enfants. Ce type de découpe minutieuse évoque d’autres affaires récentes ayant marqué les esprits, comme cet homme du Loir-et-Cher qui avait lui aussi signalé la disparition de sa compagne avant d’avouer l’avoir découpée.

Justement, c’est ce même mécanisme qui va trahir Lakhdar Matoug. Ayant lui-même signalé la disparition de sa femme quelques jours plus tôt, il est rapidement placé en garde à vue par les enquêteurs, alertés par la macabre découverte du parc parisien.

Des aveux, mais la thèse de l’accident

Face aux policiers, l’homme finit par craquer. Il reconnaît avoir étranglé son épouse dans leur appartement, mais refuse catégoriquement l’intention criminelle. Selon ses propres mots rapportés par l’AFP, il aurait agi pour « la faire taire, vu qu’elle criait », sans jamais avoir « voulu la tuer » ni « lui faire du mal ».

Une version qui s’effondre pourtant face aux éléments de l’enquête. Après la mort d’Assia, Matoug avait fait croire à ses trois enfants que leur mère se reposait, alors que son corps gisait déjà sans vie dans le canapé du salon familial. Il avait ensuite déplacé la dépouille, l’avait découpée, avant de disperser les restes et de simuler une disparition, un scénario qui rappelle par sa froideur d’autres drames conjugaux où la violence conjugale a viré au pire.

Les indications données par l’accusé aux enquêteurs avaient d’ailleurs permis de localiser les restes manquants de la victime, dissimulés dans des sacs-poubelle au sein d’une friche industrielle à Bobigny. Un détail macabre qui a renforcé la conviction de la partie civile : rien dans ce déroulé ne correspond à un accident.

Homme assis au tribunal, visage marqué par la gravité

Les autopsies contredisent la version de l’accusé

Pour l’avocate de plusieurs proches d’Assia, Me Pauline Rongier, aucun doute n’est permis. Elle avait déjà dénoncé l’an dernier, lors de la mise en accusation, une thèse qu’elle jugeait « grotesque », rappelant que l’instruction avait établi une mort par étranglement, précédée de « nombreuses violences ».

Les rapports d’autopsie viennent appuyer cette lecture. Le corps d’Assia présentait de nombreuses ecchymoses et hématomes répartis sur plusieurs zones, des marques évoquant des chocs et des coups violents, bien antérieurs à l’étranglement final. Un faisceau d’indices qui pèse lourdement contre l’accusé et sa version d’un simple accident domestique.

Plus troublant encore, deux membres de la famille d’Assia ont témoigné devant les policiers : la victime leur aurait confié, avant sa mort, sa peur d’être un jour étranglée par son mari. Un signalement rétrospectif qui donne un tout autre relief à cette affaire, désormais jugée jusqu’au vendredi 9 juillet. Les trois enfants du couple ont tous été placés, et Lakhdar Matoug encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Un mot pour cacher la vérité, un corps découpé pour l’effacer : la défense de l’accident n’a jamais paru aussi fragile face à des preuves qui racontent, elles, une tout autre histoire. Le verdict de ce procès parisien pourrait, une fois de plus, rappeler combien la parole d’une victime, entendue trop tard par ses proches, reste souvent le signal le plus glaçant de tous.

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