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Double meurtre dans un bar à chicha d’Ivry : une Marseillaise de 32 ans écrouée, elle dit avoir agi sous la contrainte

Publié par Cassandre Jolivet le 17 Oct 2026 à 11:24
Passant stupéfait devant des gyrophares la nuit

Un bar à chicha, trois heures du matin, des tirs dans la nuit de dimanche à lundi. À Ivry-sur-Seine, la soirée a viré au double meurtre. Une femme de 32 ans et un autre tireur présumé viennent d’être écroués à Paris, et ce que la femme a déclaré en garde à vue intrigue déjà les enquêteurs.

Trois heures du matin à « L’Atelier » : la nuit où le bar à chicha a basculé

Tout se passe dans la nuit de dimanche à lundi, vers 3 heures du matin, au bar à chicha « L’Atelier », à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Des tirs sont entendus. Quelques minutes plus tard, les secours découvrent un bilan lourd.

Le gérant du bar est mort sur place. Une seconde personne, présente dans l’établissement, a succombé à ses blessures le 13 octobre à l’hôpital, selon le ministère public. Le vigile, lui, a été légèrement touché à une main, d’après une source policière.

Les enquêteurs ne s’arrêtent pas au bar. Non loin, ils retrouvent un véhicule volé en train de brûler. Et ce n’est pas le détail le plus parlant de cette scène.

Car côté passager, ils auraient découvert une arme de type kalachnikov, toujours selon la même source policière. Un véhicule incendié, une arme de guerre abandonnée : le schéma ressemble à ce que les spécialistes associent aux règlements de comptes organisés. C’est aussi le genre de scène qui rappelle d’autres attaques à la kalachnikov qui ont marqué l’actualité récente.

Reste une question : qui a tiré, et qui a laissé cette voiture derrière lui ?

Un parquet spécialisé, des gardes à vue en cascade

Très vite, le parquet de la Jirs de Paris, la juridiction interrégionale spécialisée, ouvre une enquête en flagrance. Les qualifications sont lourdes : meurtre et tentative de meurtre en bande organisée, mais aussi destruction en bande organisée d’un bien par un moyen dangereux pour les personnes.

Mercredi, le parquet fait état de plusieurs « gardes à vue en cours ». Leurs suites restent largement inconnues. À une exception près, que l’on découvre vendredi.

Dans ce type de dossier, la justice avance par étapes. Les gardes à vue précèdent la présentation à un juge d’instruction, qui décide ensuite d’une éventuelle mise en examen. Le temps judiciaire est long, et les informations arrivent au compte-gouttes.

Un troisième homme, soupçonné notamment d’avoir joué un rôle de chauffeur, a lui aussi été présenté à la justice vendredi. Selon l’AFP, qui cite une source proche du dossier, les suites données à sa comparution devant un juge d’instruction n’étaient pas encore connues vendredi soir. On pense aussi à ces dossiers où le recours à un tueur à gages a fait basculer une enquête.

Mais le plus frappant, c’est l’identité de la personne désormais désignée comme tueuse à gages présumée.

Une Marseillaise de 32 ans, et une version qui change tout

Salon de chicha vide vu à travers une vitre

Les histoires de commanditaires et d’exécutants se ressemblent rarement, et celle-ci a son lot de zones d’ombre. Selon Le Monde, qui avait révélé l’arrestation, la suspecte est une Marseillaise de 32 ans, jusqu’ici connue de la justice pour trafic de cigarettes. L’AFP, de source proche du dossier, indique qu’elle a été écrouée à Paris avec un autre tireur présumé.

Sa version est le point central. En garde à vue, cette femme aurait affirmé avoir agi sous la contrainte, d’après la source proche du dossier citée par l’AFP. Il s’agit de sa déclaration, qui reste à examiner par la justice.

Elle doit désormais être interrogée par un juge d’instruction, à qui il revient de décider de la mettre en examen ou non. Jusque-là, la présomption d’innocence s’applique : elle est soupçonnée, pas condamnée. Aucune information n’a encore filtré sur l’identité de l’autre tireur présumé.

Que signifie « sous la contrainte » dans ce type d’affaire ? Ce sera à l’enquête de le dire, et à la défense de le démontrer. Les enquêteurs devront vérifier ses déclarations, croiser les témoignages et les éléments matériels, et déterminer si un commanditaire a pesé sur elle.

Reste la question du profil : une femme, connue pour un trafic de cigarettes, désignée comme tueuse à gages. Selon un service de renseignement, ce n’est peut-être plus aussi atypique qu’on le croit.

Pourquoi les femmes apparaissent de plus en plus dans ces dossiers

En avril, le service de renseignement Sirasco a fait un constat. Les organisations criminelles diversifient et étendent leurs stratégies de recrutement, en ciblant de plus en plus les femmes et les mineurs.

Selon ce service, certaines femmes sont désormais plus fréquemment mises en cause pour leur participation aux assassinats. Elles réalisent des repérages préalables, transportent les équipes, ou désignent la victime au tueur.

Le Sirasco insiste sur un point : elles ne sont pas cantonnées à des rôles subalternes. Elles peuvent organiser des convois de stupéfiants ou poursuivre les activités d’un conjoint incarcéré. Un autre drame récent lié au narcotrafic à Nantes montre combien ces réseaux touchent aussi les plus jeunes.

Rien ne permet, à ce stade, de dire que le cas d’Ivry s’inscrit dans cette tendance. L’enquête devra établir le rôle exact de chacun. Mais le contexte donne une grille de lecture à ce dossier.

Dans les semaines à venir, plusieurs éléments seront à suivre. D’abord la décision du juge d’instruction sur la suspecte de 32 ans. Ensuite le sort du troisième homme, soupçonné d’un rôle de chauffeur. Enfin, l’identité du second tireur présumé, encore inconnue. Autre affaire sensible du moment : la fusillade du collège d’Aubagne, qui occupe aussi les enquêteurs.

Ce que l’enquête doit encore établir

Le dossier est loin d’être refermé. Les gardes à vue ont multiplié les interpellations, mais le parquet n’a pas détaillé leurs suites, hormis celle de la suspecte.

Trois grandes questions restent ouvertes : le mobile du double meurtre, l’identité d’un éventuel commanditaire, et la réalité de la contrainte invoquée. Seule l’instruction pourra y répondre.

Les enquêteurs travaillent aussi sur le véhicule volé retrouvé en feu et sur l’arme de type kalachnikov découverte à bord, d’après une source policière. Ce sont deux pièces maîtresses pour remonter la chaîne.

Le dossier reste tenu par la Jirs de Paris, compétente pour la criminalité organisée. Tant que la mise en examen n’est pas prononcée, la prudence s’impose sur chaque affirmation.

Et ces affaires, quand elles passent à l’audience, révèlent souvent des surprises, comme dans cette affaire où un drame familial a tout fait basculer.

Une nuit, deux morts, une suspecte qui parle de contrainte : à Ivry, la vérité se joue désormais dans le cabinet d’un juge. Pour garder le fil de l’actualité judiciaire, voyez ce qui a poussé toute une école de l’Essonne à faire grève. Et si vous voulez savoir comment un geste en une seconde peut tout changer, ce que cette mère a fait en dernier face au train a sauvé une enfant de 2 ans.

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