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Nantes : un adolescent de 15 ans tué par balle à Port-Boyer, un enfant de 13 ans entre la vie et la mort

Publié par Cassandre le 15 Mai 2026 à 8:09
Immeuble de quartier populaire éclairé par des gyrophares au crépuscule

Jeudi 14 mai, vers 19 h 30, des coups de feu ont éclaté dans le quartier de Port-Boyer, au nord de Nantes. Un garçon qui venait de fêter ses 15 ans est mort sur place. Deux autres mineurs, âgés de 13 et 14 ans, ont été hospitalisés — le plus jeune lutte encore pour sa vie. Le procureur de Nantes pointe un règlement de comptes lié au narcotrafic, et le ministre de l’intérieur s’est déplacé dès le lendemain.

Port-Boyer, un quartier déjà endeuillé fin avril

Le décor est celui de barres d’immeubles plantées au bord de l’Erdre, au nord de la ville. Un quartier populaire où les familles se croisent entre les tours, les aires de jeux et les halls d’entrée. C’est précisément dans l’un de ces halls que la scène s’est jouée. Selon des sources proches de l’enquête, deux tireurs sont arrivés sur un deux-roues, ont ouvert le feu, puis ont pris la fuite.

La victime, 15 ans, s’est effondrée dans le hall. Les assaillants ont ensuite poursuivi l’un des deux autres garçons jusqu’au 13e étage, où il s’était réfugié dans un appartement. Fin avril déjà, un jeune homme avait été tué et un autre gravement blessé par balle dans le même quartier, dans un contexte similaire de violences impliquant des mineurs. Le procureur Antoine Leroy avait alors alerté sur les tensions locales liées aux stupéfiants.

Ce que le procureur de Nantes a révélé sur la fusillade

Antoine Leroy n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié les faits de « règlement de comptes en lien avec des infractions à la législation sur les stupéfiants ». Le garçon de 13 ans se trouve en « pronostic vital très engagé ». Le troisième, 14 ans, a été touché à la cuisse — son état est stable.

La maire de Nantes, Johanna Rolland, s’est rendue sur place dans la soirée. Dans un communiqué, elle a dénoncé « le narcotrafic qui gangrène le pays » et réclamé que « tous les moyens de police et de justice » soient mobilisés pour identifier les auteurs. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé son déplacement dès le vendredi matin. Une réponse politique rapide qui en dit long sur la gravité de la situation, alors que le climat sécuritaire reste tendu dans plusieurs métropoles françaises.

Hall d'entrée vide d'un immeuble HLM sous lumière artificielle

« Même sortir les poubelles me fait peur » : la colère des habitants

Grandir dans un quartier populaire ne devrait pas signifier risquer sa vie en allant chez sa grand-mère. C’est pourtant ce qu’a vécu Stella, 35 ans : son fils de trois ans a échappé de peu aux tirs, et son neveu de 14 ans fait partie des blessés. « C’est un policier qui m’a appelé pour me ramener mon fils », a-t-elle confié.

Paola, tante de l’adolescent décédé, résume le sentiment général : « C’est un ras-le-bol total. » Plus loin, Angeline, 18 ans, raconte avoir entendu une dizaine de détonations à deux reprises et vu des individus cagoulés courir dans l’herbe. « Depuis quinze ans ça n’a cessé de se dégrader ici », lâche-t-elle. Une phrase qui résonne comme un aveu d’impuissance collective face à l’emprise du trafic de drogue sur certains quartiers.

Un hall d’immeuble, un enfant de 15 ans, une dizaine de balles : la scène de Port-Boyer cristallise tout ce que la France redoute de voir se banaliser. Pendant que les politiques promettent des moyens, une question reste suspendue : combien d’adolescents faudra-t-il encore perdre avant que les mots se transforment en actes concrets ?

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