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Cris, luxe et 36e étage : ce que les voisins de cette tour de Londres ont entendu avant le drame

Publié par Cassandre le 08 Juin 2026 à 6:39
Cris, luxe et 36e étage : ce que les voisins de cette tour de Londres ont entendu avant le drame
Tour résidentielle moderne vue en contre-plongée avec balcons vitrés

Un homme, une femme et un enfant retrouvés morts au pied d’une tour de luxe à Londres. 36 étages, 120 mètres de chute, un immeuble parmi les plus chers du sud de la capitale britannique. Mais ce sont les témoignages des résidents qui glacent le sang — et qui pourraient changer toute la lecture de ce drame.

Highpoint Tower : la tour à 3 800 £ par mois où personne ne connaît ses voisins

Mercredi dernier, les secours ont découvert les corps de trois membres d’une même famille dans la cour intérieure de Highpoint Tower, un immeuble de 458 appartements situé à Elephant and Castle, dans le sud de Londres. Ils avaient chuté depuis un balcon du 36e étage.

Derrière la façade se cache un standing qui ferait pâlir bien des hôtels. Sky Lounge panoramique au dernier étage, salle de sport, espaces de coworking, parking souterrain, conciergerie disponible 24 heures sur 24. Le promoteur canadien Realstar Living, qui a rebaptisé la résidence UNCLE Elephant and Castle, vante des vues « qui rendent le Shard jaloux ».

Les studios une chambre se louent 2 700 livres par mois. Les deux-pièces atteignent 3 800 livres, soit plus de 4 400 euros. Chaque appartement est équipé d’électroménager Siemens, de mobilier design danois et d’un balcon privé cerné de barrières vitrées teintées. La majorité des locataires sont des étudiants internationaux fortunés venus d’Asie de l’Est, ou de jeunes actifs issus de la classe moyenne supérieure.

Pourtant, un mot revient dans la bouche de tous les résidents interrogés : l’isolement. « Il n’y a aucun esprit de communauté ici. Personne ne connaît ses voisins », résume l’un d’eux. Très peu de familles vivent dans la tour. Le luxe, apparemment, n’empêche pas la solitude.

« J’entendais des cris depuis deux semaines » : les voisins brisent le silence

C’est là que le drame bascule dans le malaise. Plusieurs habitants de la tour ont déclaré avoir entendu des cris et des hurlements provenant de l’appartement de la famille dans les semaines précédant les faits. Une résidente a livré un témoignage glaçant à la presse britannique.

« J’entendais des cris depuis deux semaines. Ça s’est arrêté mercredi », a-t-elle confié. Quand la police a frappé à sa porte pour l’interroger, elle a confirmé avoir perçu ces disputes. « J’ai supposé que c’était une scène de violence domestique », a-t-elle ajouté.

D’autres résidents se montrent sceptiques quant à l’hypothèse d’une chute accidentelle. Un habitant pointe un détail technique troublant : « Il est impossible, même pour un adulte de grande taille, de basculer par-dessus les barrières vitrées. Elles dépassent la hauteur de poitrine. » Un constat qui alimente les interrogations sur les circonstances exactes du drame.

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La Metropolitan Police traite ces décès comme « inattendus » et mène actuellement une enquête approfondie. Le tribunal des coroners de Southwark a confirmé avoir été saisi du dossier, précisant qu’aucun commentaire supplémentaire ne serait formulé à ce stade.

Couloir vide d'un immeuble de luxe avec silhouette solitaire

Du « foyer de l’enfer » à la résidence de luxe : le passé trouble de Highpoint Tower

Avant de devenir ce que l’on pourrait appeler une transformation spectaculaire, cette tour avait une tout autre réputation. Le bâtiment a autrefois hébergé plus de 500 demandeurs d’asile qui l’avaient surnommé le « foyer de l’enfer ». Les conditions y étaient décrites comme indignes.

Puis Realstar Living a racheté et rénové l’ensemble, le transformant en résidence haut de gamme avec théâtre de 300 places — celui du Southwark Playhouse — au rez-de-chaussée. La gentrification incarnée, en somme. Kings College London, London South Bank University et University of Arts se trouvent tous à quelques minutes à pied.

Le lendemain du drame, un email a été envoyé à tous les résidents. Ton mesuré, liens vers des services de soutien psychologique, avertissement sur la présence policière accrue. Un message administratif, presque clinique, pour une tragédie qui a coûté trois vies — dont celle d’un enfant.

Les proches de la famille ont été informés. Mais leur identité n’a toujours pas été rendue publique, et les résidents eux-mêmes affirment ne pas savoir qui ils étaient. Trois personnes vivaient derrière une porte, dans un couloir partagé, et personne ne les connaissait.

Trois vies, 36 étages, des cris que tout le monde a entendus sans que personne ne frappe à la porte. Ce drame pose une question que le luxe ne peut pas esquiver : à quoi sert un concierge 24h/24 si les appels à l’aide restent sans réponse ?

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