Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

« Je suis innocente, je vous en supplie croyez-moi » : 4 heures plus tard, l’infirmière est condamnée

Publié par Cassandre Jolivet le 17 Oct 2026 à 12:48
Femme aux yeux brillants de larmes sur un banc de tribunal

Elle est infirmière, elle a 46 ans, et elle comparaissait devant la cour d’assises du Val-d’Oise. Selon l’accusation, elle aurait injecté de l’insuline à son bébé. Avant que les juges ne se retirent, elle a eu droit à une ultime prise de parole, les yeux en larmes. Quatre heures de délibéré plus tard, le verdict est tombé, avec une qualification qui en dit long sur ce que la cour a cru.

Une infirmière de 46 ans, un nourrisson, une injection d’insuline : ce que l’accusation lui reprochait

Le dossier jugé par la cour d’assises du Val-d’Oise repose sur une accusation lourde. Géraldine, 46 ans, était poursuivie pour empoisonnement. Selon l’accusation, elle aurait volontairement injecté de l’insuline à son bébé en avril 2019.

L’insuline est un médicament courant, indispensable à de nombreux patients. Chez quelqu’un qui n’en a pas besoin, elle fait chuter le taux de sucre dans le sang, avec des conséquences potentiellement graves. Et plus le corps est petit, plus le danger est grand.

Selon Le Parisien, qui a suivi l’audience, l’accusée est infirmière. Ce détail donne une dimension particulière à l’affaire : il est question d’un produit médical, injecté à un nourrisson, par une professionnelle de santé selon l’accusation.

Face à elle, l’avocate générale avait requis 8 ans de prison. C’est une réquisition lourde, qui montrait la fermeté du ministère public. Restait à savoir si les juges et les jurés la suivraient.

Ce n’est pas la première fois qu’un dossier de ce genre glace une salle d’audience : l’affaire de cette mère d’Édimbourg accusée d’avoir empoisonné sa fille avec des médicaments avait déjà bouleversé nos lecteurs. Mais ici, tout a commencé par une simple crise de convulsions. Et les médecins n’ont pas tout de suite compris ce qu’ils avaient sous les yeux.

Deux crises, deux hôpitaux, et une injection qui a failli être fatale

Tout commence le 12 avril 2019. Le bébé fait une première crise de convulsions et il est conduit à l’hôpital. Les médecins de Pontoise concluent à une tachycardie supraventriculaire, faute d’autres éléments.

Autrement dit, un trouble du rythme cardiaque. Rien, dans ces premières conclusions, ne désigne un geste extérieur. L’enfant repart avec un diagnostic qui paraît alors cohérent.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Deux semaines plus tard, une nouvelle crise survient. L’urgence est telle que, cette fois, le bébé est envoyé à l’hôpital Necker, établissement pédiatrique de référence.

Ce type de dossier, où le premier diagnostic passe à côté de la vérité, en rappelle d’autres. Dans un registre différent, cette mère australienne condamnée pour avoir simulé un cancer chez son fils montre combien la réalité médicale peut mettre du temps à émerger.

À Necker, le constat finit par s’imposer. Selon Le Parisien, il apparaît clairement que l’enfant a subi une injection d’insuline, qui a failli lui coûter la vie. C’est ce constat médical qui est au cœur du procès.

Reste la question que toute la salle se posait. Qui a injecté ce produit, et surtout avec quelle intention ? C’est là que le dossier a basculé.

Couloir d'hôpital pédiatrique avec berceau vide et plateau médical

La cour écarte l’empoisonnement : la qualification qui explique les 6 ans

D’autres affaires de mères jugées pour des faits sur leur enfant ont montré à quel point la frontière entre soin et danger peut devenir invisible. Dans cette affaire du Val-d’Oise, c’est une question de mots qui a tranché.

Avant de partir délibérer, la cour a donné une dernière fois la parole à l’accusée. « Mon fils est la personne que j’aime le plus au monde. Je me battrai jusqu’au bout pour qu’il puisse me voir et qu’on passe des moments ensemble. Je suis innocente, je vous en supplie croyez-moi », a-t-elle imploré, les yeux en larmes.

Les juges et les jurés sont revenus quatre heures plus tard. Verdict : six ans de prison avec mandat de dépôt, soit deux ans de moins que les réquisitions.

Le point décisif est ailleurs : la cour a requalifié les faits en administration de substance nuisible. Elle a estimé que l’accusée n’avait pas eu l’intention de tuer.

Cette nuance est essentielle. Dans le droit, l’empoisonnement suppose l’intention de donner la mort, ce qui n’est pas le cas de l’administration de substance nuisible. Les juges ont donc retenu que l’injection avait bien eu lieu et que la responsabilité de l’accusée était engagée, sans retenir cette intention de tuer.

Il faut rappeler que l’accusée, elle, a toujours clamé son innocence. La cour n’a pas été convaincue par cette position, puisqu’elle l’a condamnée. Mais elle n’a pas suivi non plus l’accusation sur la qualification la plus grave.

Ce qui reste en suspens après le verdict

Dès l’énoncé de la décision, Géraldine a été placée en détention. C’est la conséquence directe du mandat de dépôt : la condamnée ne quitte pas le palais de justice libre. Pour une femme qui venait de supplier la cour de lui permettre de revoir son fils, la scène a dû être d’une rare violence.

La suite du dossier, la source ne la détaille pas. Elle ne dit pas si la défense compte contester la décision. La loi permet en général de faire appel d’un arrêt de cour d’assises, mais rien ne permet d’affirmer ici que cette voie sera choisie.

Reste aussi la question du lien avec l’enfant, au centre de la dernière prise de parole de l’accusée. Elle disait vouloir se battre pour que son fils puisse la voir. Ce que deviendra ce lien, la source ne le dit pas, et nous ne l’inventerons pas.

Pour mesurer ce que représentent six ans face à d’autres dossiers, on peut relire le cas de cette petite fille morte après des sévices, dont la mère est restée libre pendant six ans. Les situations n’ont rien à voir sur le fond, mais l’écart des délais judiciaires interroge.

Et pour comprendre comment une cour apprécie la responsabilité d’une accusée qui nie, le procès de cette femme condamnée à 30 ans pour avoir commandité le meurtre de son ex-mari offre un tout autre éclairage.

Une chose est sûre : sur cette affaire, la justice a tranché sans dire tout ce que la salle d’audience a ressenti.

Quand une cour choisit de ne pas retenir l’intention de tuer, c’est toute la lecture d’un dossier qui se décale, et c’est souvent là que se joue le verdict.

Et si vous vous demandez ce qu’un accusé peut écrire à son avocat quand la vérité se resserre, la lettre glaçante de Cédric Jubillar vous attend. Et pour savoir comment un procès bascule sur un simple « oui », l’aveu lâché par l’accusé au procès du meurtre de Loana est à lire.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *