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Elle rase la tête de son fils de 6 ans et le met en fauteuil roulant pour simuler un cancer

Publié par Cassandre le 30 Avr 2026 à 9:28

Cheveux et sourcils rasés, bandages sur la tête et les mains, fauteuil roulant, médicaments non prescrits. Pendant des mois, un petit garçon de six ans a subi tout ça. Non pas parce qu’il était malade, mais parce que sa propre mère voulait faire croire au monde entier qu’il avait un cancer. Elle vient d’être condamnée à plus de quatre ans de prison en Australie.

Fauteuil roulant vide dans un couloir avec des bandages

Un mensonge monté de toutes pièces, jusque dans les moindres détails

L’affaire se passe à Adélaïde, en Australie-Méridionale. Une femme de 45 ans affirme à son entourage que son fils de six ans souffre d’un cancer de l’œil. Son mari est le premier à y croire. Puis la famille élargie, les amis, la communauté scolaire. Tout le monde tombe dans le panneau.

Il faut dire que la mère ne laisse rien au hasard. Pour rendre son histoire crédible, elle rase les cheveux et les sourcils de l’enfant, lui bande la tête et les mains, et l’oblige à se déplacer en fauteuil roulant. Ce n’est pas un cas isolé : une mère au Texas avait déjà imposé le même calvaire à son fils de 3 ans en inventant des maladies.

Mais la quadragénaire va encore plus loin. Elle administre à son fils des médicaments et des compléments alimentaires qui ne lui ont jamais été prescrits. L’enfant rate également de nombreux jours d’école. Un « stratagème sophistiqué pour attirer l’attention », selon les mots de la juge Geraldine Davison lors du prononcé de peine ce mercredi 29 avril 2026. Et derrière cette mise en scène, un objectif bien précis.

Des photos sur les réseaux, une cagnotte et plus de 50 dons récoltés

La mère ne se contente pas de mentir à ses proches. Elle publie des photos de son fils dans cet état — crâne rasé, pansements, fauteuil roulant — directement sur les réseaux sociaux. L’émotion fait le reste. Les arnaques jouant sur l’émotion sont d’ailleurs de plus en plus fréquentes, comme cette femme qui pensait vivre une liaison avec Brad Pitt et s’est fait soutirer 830 000 euros.

Smartphone affichant une cagnotte avec des pièces australiennes

Ici, la mère lance un appel aux dons et organise même une soirée de collecte de fonds. Le résultat : plus de 50 versements et dons en espèces, pour un montant total de 3 500 dollars australiens. Ce n’est pas une fortune, mais chaque centime a été obtenu sur la base d’un mensonge — et surtout, au prix de la souffrance d’un enfant de six ans.

L’imposture finit par éveiller des soupçons. Le 12 décembre 2024, la police interpelle la femme à son domicile. Les enquêteurs trouvent chez elle un fauteuil roulant, des cache-œils, des compléments alimentaires non prescrits et des médicaments qu’elle avait donnés à son fils. Les preuves matérielles sont accablantes.

« Votre comportement a suscité de la peur et de l’anxiété chez votre fils »

Au tribunal, la juge Davison ne mâche pas ses mots. Elle insiste pour que les faits soient qualifiés de violence et de maltraitance envers l’enfant. Pas seulement une arnaque financière. Pas seulement un mensonge. Une forme de cruauté infligée à un gamin qui ne comprenait probablement pas ce qu’il subissait.

« Votre comportement a suscité de la peur et de l’anxiété chez votre fils », déclare la magistrate. Elle ajoute que la prise de médicaments non prescrits et le retrait régulier des pansements avaient constitué des moments douloureux pour l’enfant. Des cas de maltraitance similaire liée au syndrome de Münchhausen ont déjà défrayé la chronique ces dernières années.

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Le préjudice ne se limite pas à l’enfant. La juge prend aussi en compte les dommages causés au mari, à la famille, aux amis et à toute la communauté scolaire. Des gens qui ont donné de l’argent, du temps, de l’énergie émotionnelle à une cause qui n’existait pas. La rupture de confiance au sein d’une famille laisse souvent des traces profondes — ici, elle a été provoquée de la manière la plus cynique qui soit.

Addiction aux jeux, trouble de la personnalité : ce que la défense a avancé

Face à la juge, la mère de 45 ans a plaidé coupable. Selon la BBC, elle a invoqué ses difficultés financières liées à une addiction aux jeux pour tenter d’expliquer ses actes. Elle a également été diagnostiquée avec un trouble de la personnalité.

Façade du tribunal d'Adélaïde en Australie au coucher du soleil

L’accusée a aussi écrit une lettre d’excuses dans laquelle elle exprime, selon le tribunal, « une certaine prise de conscience ». Mais la juge Davison n’a pas été convaincue. Sa réponse est cinglante : « Ces préjudices ne seront pas réparés simplement parce que vous dites que vous êtes désolée. »

La magistrate acte la nécessité d’un maintien en détention. La condamnation tombe : quatre ans et trois mois de prison. La mère pourra demander une libération conditionnelle en avril 2027, soit environ deux ans après son interpellation. Quand la justice s’en mêle, les excuses ne suffisent plus.

Un enfant utilisé comme accessoire : la violence invisible

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la méthode. On ne parle pas d’un mensonge balancé à la va-vite sur Internet. On parle d’une mère qui a physiquement transformé l’apparence de son fils, jour après jour, pour coller à un scénario inventé. Cheveux rasés. Sourcils rasés. Bandages. Fauteuil roulant. Médicaments. Chaque geste était un acte de maltraitance déguisé en soin.

L’enfant, lui, a vécu dans un monde où il était traité comme un malade grave alors qu’il était en parfaite santé. Les violences faites aux enfants prennent parfois des formes que personne n’anticipe. Ici, il n’y a eu ni coups ni cris — mais une manipulation constante du corps et de l’esprit d’un gamin de six ans.

En Australie comme ailleurs, ces affaires rappellent que les enfants restent les victimes les plus vulnérables. Et que la maltraitance ne laisse pas toujours des bleus visibles.

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