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Poupette Kenza renvoyée devant le tribunal : ce que lui reproche vraiment la justice

Publié par Elsa Fanjul le 24 Mar 2026 à 22:05

Une affaire judiciaire qui prend une nouvelle tournure

Poupette Kenza renvoyée devant le tribunal : ce que lui reproche vraiment la justice
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L’influenceuse Poupette Kenza, de son vrai nom Kenza Benchrif, vient de franchir un nouveau cap dans ses ennuis judiciaires. Elle et son ex-compagnon Allan Liehrmann ont été officiellement convoqués devant le tribunal correctionnel de Rouen. L’information a été révélée par Paris-Normandie.

poupette kenza accusee de maltraitance envers enfants

Ce n’est pas une simple convocation administrative. Les accusations portées contre le couple sont sérieuses, multiples, et couvrent plusieurs années d’activité.

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Pour comprendre ce qui se joue dans cette affaire, il faut remonter quelques années en arrière — et regarder de près ce que la justice reproche précisément à l’influenceuse et à son ex-partenaire.

Travail dissimulé, pratiques trompeuses : le détail des accusations

Illustration - Poupette Kenza tribunal

Selon les informations relayées par nos confrères, Poupette Kenza et Allan Liehrmann sont poursuivis pour travail dissimulé, commis entre janvier 2019 et 2023. Une période longue, qui couvre plusieurs années d’activité commune.

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À cela s’ajoute une accusation de pratique commerciale trompeuse, qui remonterait à la période 2022 – début 2023, localisée à Déville-lès-Rouen. Un grief particulièrement sensible dans le milieu des influenceurs, où la transparence avec les abonnés est au cœur des débats depuis plusieurs années.

Troisième chef d’accusation : l’emploi d’un étranger sans autorisation de travail, au cours du premier semestre 2024. Une infraction distincte des précédentes, qui concerne une période plus récente.

Mais ce n’est pas tout. L’affaire est plus complexe qu’il n’y paraît.

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Un salon de bronzage, une liquidation judiciaire et des non-déclarations

Au cœur du dossier se trouve l’ancien salon de bronzage exploité par le couple. C’est là que se seraient déroulés une partie des faits reprochés. Cet établissement a depuis été placé en liquidation judiciaire début 2025.

La justice soupçonne également Poupette Kenza d’une infraction supplémentaire : ne pas avoir déclaré son entreprise lorsqu’elle a commencé son activité d’influenceuse. En d’autres termes, avoir travaillé dans un cadre légalement flou dès ses débuts.

Trois personnes employées par l’influenceuse n’auraient elles aussi jamais été déclarées. Des salariés fantômes, invisibles aux yeux de l’Urssaf — l’organisme de recouvrement des cotisations sociales.

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Pour les internautes qui suivent de près les polémiques autour de Poupette Kenza, cette affaire n’est pas une totale surprise. Mais l’ampleur du dossier, elle, dépasse ce que beaucoup attendaient.

Un accord refusé par le juge : pourquoi l’affaire bascule au correctionnel

Illustration - Poupette Kenza tribunal

C’est ici que l’histoire prend un tournant inattendu. Le parquet de Rouen n’avait pas, au départ, choisi la voie du procès classique. Une procédure alternative avait été proposée.

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Il s’agissait d’une comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité — autrement dit, un accord négocié où les prévenus reconnaissent les faits en échange d’une peine allégée. Le parquet proposait une amende de 30 000 euros ferme et 30 000 euros avec sursis, ainsi que le remboursement des sommes dues à l’Urssaf.

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Mais le juge homologateur a dit non. Il a refusé de valider cet accord et décidé de renvoyer l’affaire devant le tribunal correctionnel. Une décision qui change radicalement la nature de la procédure — et les enjeux pour les deux prévenus.

Ce type de situation rappelle d’autres affaires où la justice a décidé de ne pas fermer les yeux, comme lorsque un conducteur flashé à 247 km/h en Ferrari était aussi soupçonné d’une fraude sociale à 1,8 million d’euros. La cumulation des infractions pèse lourd dans la balance.

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La défense parle de « négligence » et d’« inexpérience »

Face à ces accusations, l’avocat du couple, Me Jérémy Kalfon, a réagi publiquement. Sa position est claire : l’affaire est simple, les faits sont reconnus, mais leur interprétation est discutable.

« C’est regrettable parce que ce n’était pas un dossier complexe, il n’y a pas de manœuvre de dissimulation à l’Urssaf, juste un défaut de déclaration dû à une inexpérience et à de la négligence », a-t-il déclaré.

La défense mise donc sur l’absence d’intention frauduleuse. Pas de volonté de tromper, mais des erreurs de parcours, selon Me Kalfon. Un argument classique dans ce type de dossier, mais dont la portée dépendra entièrement de l’appréciation du tribunal.

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Le refus du juge d’homologuer l’accord suggère que les faits reprochés sont perçus comme suffisamment graves pour mériter un débat judiciaire complet. Ce qui n’augure rien de facile pour les prévenus.

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Influenceurs et justice : une relation de plus en plus tendue

Illustration - Poupette Kenza tribunal

L’affaire Poupette Kenza s’inscrit dans un contexte plus large. Ces dernières années, plusieurs influenceurs français se sont retrouvés dans le viseur de la justice. Les pratiques commerciales trompeuses, les placements de produits non déclarés, les montages fiscaux discutables : le secteur attire depuis longtemps des regards suspicieux.

On se souvient notamment de l’influenceuse Aurélie Preston placée en garde à vue pour séquestration et vol, ou encore de la célébre influenceuse condamnée pour esclavage et trafic d’êtres humains à l’étranger. Des cas extrêmes, certes, mais qui illustrent un phénomène de fond.

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En France, les autorités ont durci leur approche vis-à-vis du monde de l’influence. La loi encadrant les pratiques commerciales des influenceurs, adoptée en 2023, a posé un cadre légal plus strict. Mais les infractions commises avant cette loi — comme celles reprochées ici — restent poursuivies sous d’autres textes.

D’autres figures du web ont aussi connu des déboires avec la loi. Après Poupette Kenza, c’est l’influenceuse Sadlo qui risque gros, dans une affaire aux contours différents mais tout aussi suivie.

Le cas Poupette Kenza : un symbole d’une époque

Poupette Kenza n’est pas une inconnue. Avec des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, elle fait partie des figures phares de l’influenceur à la française. Sa communauté, fidèle, suit ses aventures depuis des années.

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Mais construire une audience massive ne dispense pas d’obligations légales. Déclarer ses revenus, déclarer ses employés, respecter les règles du commerce en ligne : autant d’exigences qui s’appliquent à tous, influenceurs ou non.

L’affaire illustre un point de friction récurrent : beaucoup de créateurs de contenu ont démarré leur activité dans une forme d’improvisation, sans cadre juridique structuré, avant que leur popularité n’explose. Ce que l’avocat appelle « inexpérience » correspond souvent à cette réalité.

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Certains s’en sortent avec des régularisations discrètes. D’autres, comme ici, se retrouvent devant un tribunal.

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Il n’est pas inutile de rappeler que les obligations fiscales sont lourdes en cas de non-déclaration, y compris pour les particuliers — a fortiori pour des professionnels générant des revenus conséquents.

47 000 euros, Dubai, et la question de l’exemplarité

Illustration - Poupette Kenza tribunal

La question de l’exemplarité revient souvent dans ces affaires. Les influenceurs, par définition, sont des modèles pour leur communauté. Certains de leurs abonnés les plus jeunes calquent parfois leurs comportements — y compris professionnels — sur ce qu’ils observent en ligne.

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Cette responsabilité implicite est rarement évoquée devant les tribunaux. Mais elle nourrit le débat public autour de ces affaires. La fascination et le rejet que suscitent certains influenceurs dans l’opinion publique française trouvent en partie leur source là.

Ce n’est pas non plus un hasard si les amendes prévues par la loi sur les influenceurs peuvent atteindre 47 000 euros — un signal fort envoyé par le législateur à l’ensemble de la profession.

L’affaire Poupette Kenza est encore loin d’être terminée. Le tribunal correctionnel de Rouen devra maintenant trancher, après un débat contradictoire complet. La date du procès n’a pas encore été rendue publique.

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Ce que l’on sait, ce que l’on attend

À ce stade, les faits reprochés sont clairs : travail dissimulé sur plusieurs années, pratiques commerciales trompeuses, emploi d’un étranger sans autorisation. Trois infractions distinctes, trois périodes différentes, un seul dossier.

La défense plaide la négligence, pas la fraude délibérée. Le parquet avait proposé une peine négociée. Le juge a tranché autrement.

Ce qui est certain, c’est que cette affaire va continuer de faire parler. Dans un secteur où l’image est tout, comparaître devant un tribunal correctionnel laisse des traces bien au-delà du verdict. Et pour une influenceuse dont le métier repose sur la confiance de sa communauté, chaque audience sera scrutée de près.

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Reste à savoir si le tribunal retiendra l’argument de l’inexpérience — ou si, au contraire, il considérera que les faits, étalés sur plusieurs années, excèdent largement le simple « défaut de déclaration ».

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