Jubillar : des ossements dans une parcelle jamais fouillée, et un fragment pourrait être celui de Delphine
Depuis juillet, Mailhoc est devenu le point fixe de l’affaire Jubillar. Cette semaine, une centaine de gendarmes y ont de nouveau retourné la terre, dans un coin que personne n’avait encore exploré.

Des ossements en sont sortis, et un détail rapporté par la presse laisse penser que l’un d’eux pourrait déjà être lié à Delphine.
Mailhoc, mercredi et jeudi : une centaine de gendarmes dans une parcelle encore vierge
Selon BFMTV, des fouilles ont été organisées mercredi et jeudi dans une parcelle située à Mailhoc, dans le Tarn. Cette zone n’avait jusqu’ici pas été explorée dans le cadre des recherches. Autrement dit, les enquêteurs ne sont pas repassés sur un terrain connu : ils ont ouvert un nouveau secteur.
Près d’une centaine de gendarmes ont été mobilisés pour ratisser les lieux. Leur mission était simple à énoncer, beaucoup moins à mener : retrouver d’éventuels éléments susceptibles de faire avancer l’enquête. Ratisser une parcelle de cette façon demande du temps, de la méthode et beaucoup de patience.
Le calendrier n’a rien d’anodin. La nouvelle reconstitution judiciaire de la nuit du drame s’est tenue vendredi 2 octobre 2026, juste après la fin de ces opérations. Les deux événements s’enchaînent, et le hasard n’a sans doute pas grand-chose à y voir.
Le secteur, lui, n’est pas un inconnu du dossier. Pendant l’été, des ossements avaient déjà été découverts près de Cagnac-les-Mines lors des fouilles menées pour retrouver le corps de Delphine.
Alors pourquoi les gendarmes sont-ils revenus précisément ici ? La réponse remonte à ce que Cédric Jubillar a dit aux enquêteurs en juillet.
Ce que Cédric Jubillar avait désigné en juillet, et ce que la terre vient de rendre
En juillet dernier, Cédric Jubillar avait indiqué aux enquêteurs l’endroit où il affirmait avoir dissimulé le corps de son épouse après l’avoir tuée. Des recherches avaient alors été menées à Mailhoc. Elles avaient permis de retrouver deux fémurs.
Leur analyse ADN avait confirmé qu’ils appartenaient bien à Delphine Jubillar, comme l’avait rapporté La Dépêche du Midi. Pour la première fois depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020, une trace matérielle de la disparue était donc identifiée. Après plus de cinq ans de silence, c’était un tournant.
Ce tournant s’appuie sur un revirement. Après avoir longtemps nié toute implication, son mari a livré une nouvelle version aux enquêteurs. Il affirme désormais avoir tué son épouse au cours d’une dispute, avant de déplacer puis de dissimuler son corps.
Sur la manière dont il aurait caché le corps, ses propres mots avaient déjà fait l’objet d’un récit détaillé. Reste que des aveux ne remplacent pas des preuves matérielles : chaque os retrouvé compte.
C’est dans ce contexte que les gendarmes ont investi la parcelle jamais explorée de Mailhoc. Et c’est là que les fouilles ont fini par donner un résultat : des ossements ont été découverts. Ils doivent désormais être analysés pour déterminer leur nature et leur éventuel lien avec l’affaire. Mais un détail, rapporté par un autre média, change la lecture de cette trouvaille.

Un fragment qui ressemble à un morceau de tibia : l’hypothèse qui circule
Ce détail, c’est celui de la parcelle du champ jamais explorée, et de ce qu’elle contenait. Selon La Dépêche, « il pourrait notamment s’agir d’un fragment d’os qui correspond à un morceau de tibia de Delphine Jubillar retrouvé lors des premières fouilles en juillet dernier ».
Lisez bien le conditionnel. Il ne s’agit pas d’une identification, mais d’une piste évoquée par le quotidien. Si elle se vérifiait, ce serait une pièce de plus dans un puzzle commencé avec les deux fémurs.
Pour l’heure, la prudence s’impose, et BFMTV le souligne : rien ne permet d’affirmer que ces ossements appartiennent à Delphine Jubillar. Ils doivent faire l’objet d’analyses afin de savoir à qui, ou même à quoi, ils correspondent. Cette formulation compte, car elle laisse ouverte toute la question de leur nature.
Concrètement, tant que ces analyses ne sont pas rendues, l’origine des ossements reste inconnue. Il peut s’agir d’un élément lié au dossier comme d’un élément sans rapport. Les enquêteurs ne trancheront pas à l’œil nu, ni sur une simple ressemblance.
C’est ce qui rend cette découverte à la fois forte et fragile. Forte, parce qu’elle vient d’un secteur désigné par les propres déclarations de l’intéressé. Fragile, parce qu’aucune conclusion ne peut être tirée avant les résultats. Reste à savoir ce que ces résultats pourraient changer pour la suite de la procédure.
Ce que les analyses et la reconstitution peuvent changer
La première échéance est donc celle des analyses. Si un lien était établi avec Delphine, l’enquête disposerait d’éléments matériels supplémentaires pour compléter la version de son mari. Si ce n’était pas le cas, la parcelle resterait un cul-de-sac, mais un cul-de-sac exploré.
Dans les deux hypothèses, la procédure avance. Elle avance aussi du côté de la reconstitution : le 2 octobre à 9 h 30, Cédric Jubillar a rejoué la nuit du drame, et sa version pouvait encore bouger. L’objectif est de reconstituer précisément les événements de la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Reste un point de friction que les enquêteurs ne peuvent pas ignorer. Une expertise des lunettes brisées contredit sa version des faits, selon nos informations. Aveux, objets, ossements : tout doit finir par s’emboîter, ou se contredire.
Il faut donc surveiller deux choses. D’abord le résultat des analyses sur les ossements de Mailhoc. Ensuite, ce que la reconstitution a fait apparaître : des détails qui collent, ou des détails qui ne collent pas.
Pour l’instant, une seule certitude : l’enquête n’a pas fini de fouiller. Et dans ce dossier, chaque nouvelle trouvaille a jusqu’ici rouvert des questions autant qu’elle en a refermé.
Une affaire de plus de cinq ans, un secteur désigné en juillet, une parcelle explorée en octobre : le fil est tendu, mais pas encore noué.
Un os peut tout dire ou ne rien dire, et c’est aux analyses de décider. En attendant, le dossier Jubillar continue de se construire par petites pièces, une parcelle après l’autre.
Et si les aveux n’avaient pas convaincu tout le monde, ce que son ex-avocate, qui le croyait innocent, a répondu en les découvrant vous surprendra. Et derrière les murs de la prison, une autre histoire a fait parler : ce que Cédric Jubillar risque vraiment après ce qui s’est passé au parloir.