« Je m’étais bien trompée » : l’ex-avocate de Cédric Jubillar, qui le croyait innocent, réagit à ses aveux
Pendant des années, Cédric Jubillar a répété qu’il n’avait rien à voir avec la disparition de sa femme. Puis sont arrivés des aveux que presque personne n’attendait. Parmi les plus déstabilisés, il y a celle qui l’a défendu en croyant à son innocence : son ancienne avocate a décidé de parler, et sa réponse sur une éventuelle trahison tient en quelques mots.

Une affaire hors norme, et un homme qui clamait son innocence depuis sa cellule
Delphine Aussaguel a disparu en 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Elle était infirmière, son mari Cédric peintre-plaquiste. Le couple était en instance de séparation, et la jeune femme comptait refaire sa vie avec son amant.
Depuis, l’affaire a passionné les Français. Cédric Jubillar, père de leurs deux enfants, était l’unique suspect. Il est incarcéré près de Toulouse depuis 2021, et n’a cessé de proclamer son innocence depuis sa prison.
Alors, quand il a fini par reconnaître les faits, l’onde de choc a été immense. Selon Femme Actuelle, ces aveux devraient permettre de relancer l’enquête et d’éclaircir les zones d’ombre sur la soirée de décembre où tout a basculé. Le détail de cette lettre par laquelle il a reconnu le meurtre de son épouse cinq ans après a déjà fait beaucoup parler.
Mais une question restait en suspens. Que pense, au fond, l’avocate qui a passé des heures en face de lui au parloir, persuadée qu’il disait vrai ? Elle vient de répondre devant la caméra de France 3 Occitanie.
Me Emmanuelle Franck : « Mon devoir est de vérifier si cette position est tenable »
La Toulousaine Me Emmanuelle Franck a fait partie de l’équipe de défense de Cédric Jubillar. Elle a accordé une interview vidéo à France 3 Occitanie, parue le 30 septembre 2026. Elle y revient sur ses débuts dans le dossier.
« Au moment où je prends le dossier, il me dit qu’il est innocent », explique-t-elle. Son réflexe d’avocate est alors de vérifier si cette version tient face aux éléments de l’instruction. « Mon devoir est de vérifier si cette position du client est tenable par rapport au dossier », précise-t-elle.
Et le dossier, selon elle, ne permettait pas d’établir la culpabilité avec certitude. Il n’y avait ni corps, ni lieu du crime, ni aveux. L’enquête reposait sur un faisceau d’indices concordants, mais cela suffisait-il pour condamner quelqu’un pour meurtre ? Tout l’enjeu de la défense se jouait là.
Reste à savoir ce que l’avocate pensait vraiment, seule, en sortant d’une rencontre avec son client. Les années passées à l’écouter, elle les raconte sans détour. Même les mots que Cédric Jubillar aurait prononcés sur la nuit du meurtre n’avaient jamais été prononcés devant elle. Sa confidence, la plus frappante de l’entretien, arrive juste après.

« Je m’étais bien trompée » : l’aveu d’une avocate qui croyait à l’innocence de son client
Avant de livrer cette confidence, il faut relire ce que sont devenus les aveux eux-mêmes. Le récit des derniers instants de Delphine tels que Cédric Jubillar les a fini par raconter a brisé des années de dénégations. C’est face à ce revirement que Me Franck se remet en question.
« Quand je sors du parloir et de tous les autres parloirs qui suivront, je me dis en permanence : c’est pas possible, cet homme n’a rien fait », raconte-t-elle. Elle le dit avec une lucidité désarmante : « Vous voyez, je m’étais bien trompée… »
La phrase dit tout. Une avocate pénaliste, habituée aux dossiers difficiles, reconnaît avoir cru son client jusqu’au bout. Et son étonnement est sincère : « J’ai été très surprise effectivement. »
Se sent-elle pour autant trahie ? Sa réponse est nette. « Il n’y a pas de trahison, car mon métier n’est pas de connaître la vérité mais de mettre en place une stratégie de défense en fonction de ce que me dit mon client et ce qu’il y a dans le dossier. »
Elle rappelle ainsi ce qu’est le rôle d’un avocat : défendre, pas juger. Sa mission consiste à construire une stratégie à partir de la parole de son client et des pièces du dossier. Ce n’est pas à elle de trancher sur la vérité.
Elle ajoute une dernière chose, qui change le ton de l’entretien : elle se dit « très soulagée » pour la famille de Delphine Aussaguel. Après des années d’incertitude, des réponses arrivent enfin pour les proches.
Ce que ces aveux changent pour la suite de l’enquête
Les aveux de Cédric Jubillar ne closent pas l’affaire pour autant. Selon Femme Actuelle, ils devraient permettre de relancer l’enquête et d’éclaircir les zones d’ombre qui entouraient cette nuit de décembre. Car sans corps et sans lieu du crime établi, bien des questions demeuraient.
La justice a d’ailleurs déjà prévu d’avancer, si l’on en croit nos confrères. Une reconstitution est programmée, et nous avons expliqué ces détails des aveux que la reconstitution du 2 octobre pourrait mettre à l’épreuve. Elle confrontera le récit aux lieux.
Une juge doit aussi poursuivre ses questions. L’un de nos articles détaille ce qu’elle veut lui faire préciser sur la nuit du drame. Les réponses pourraient donner une version plus complète de la soirée.
Pour les proches de Delphine Aussaguel, cette étape compte. Comme l’a dit son ex-avocate, le soulagement est réel pour la famille. Quant à Cédric Jubillar, il devra désormais assumer ses propos face à la justice.
Une chose est sûre : cette affaire n’a pas fini de faire parler. Elle a déjà bouleversé les certitudes, y compris chez ceux qui étaient au plus près de lui.
L’affaire aura prouvé qu’une conviction sincère peut se tromper, même quand on a passé des heures au parloir. Et si vous pensiez tout savoir sur ce dossier, la théorie pour le moins étonnante que Cédric Jubillar avait avancée sur Delphine vous laissera sans voix. Autre éclairage, la déclaration par laquelle il se comparait à un autre grand nom du crime en dit long sur sa façon de se voir.