Reconstitution Jubillar le 2 octobre : à 9 h 30, il rejoue la nuit du drame, et sa version peut encore bouger
Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, connaît ce nom par cœur : Jubillar. Ce vendredi 2 octobre, la maison de la rue Yves-Montand va de nouveau voir défiler enquêteurs, juge et accusé.

Le décor est celui de la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Mais cette fois, une chose a changé par rapport à la première fois, et elle pèse lourd.
Cagnac-les-Mines, 9 h 30 : une maison, une juge et une nuit à rejouer
Tout commence à 9 h 30, au domicile familial des Jubillar. C’est ce que rapporte ICI Occitanie, qui détaille le programme de la journée.
La juge d’instruction demandera à Cédric Jubillar de raconter ce qui s’est passé durant la soirée du 15 au 16 décembre 2020. Pas de grande mise en scène : un homme, un magistrat, des enquêteurs, et les pièces d’une maison que tout le monde connaît désormais par les récits d’audience.
Le rendez-vous avait été annoncé mi-septembre par nos confrères du Parisien. Depuis, la date du 2 octobre est cochée par toutes les parties.
Cédric Jubillar a été condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Delphine Aussaguel. Il sera rejugé en appel par la cour d’assises de Toulouse, du 30 avril au 14 mai 2027. Tant que ce second procès n’a pas eu lieu, sa situation judiciaire reste celle d’un accusé qui conteste ou ajuste sa défense.
D’ailleurs, les enfants du couple sont au cœur des discours des avocats avant cette journée, comme le montre ce qu’a dit l’avocate au sujet de cette reconstitution du 2 octobre.
Mais une question reste en suspens : pourquoi organiser cette reconstitution maintenant, alors qu’une première a déjà eu lieu il y a presque quatre ans ?
Décembre 2022, la première fois : pourquoi cette reconstitution n’a rien à voir
Il y a bien eu une première reproduction, en décembre 2022. Mais le mot est trompeur : il s’agissait d’une simple remise en situation.
À l’époque, Cédric Jubillar niait toute implication. Il n’avait donc reproduit aucun geste, puisqu’on ne rejoue pas ce qu’on affirme ne pas avoir fait. Les enquêteurs avaient surtout replacé les lieux et les horaires.
Le contexte a changé. Les premiers ossements de Delphine Aussaguel ont été découverts en juillet dernier, du côté de Mailhoc. Cette découverte a rebattu les cartes et rendu cette nouvelle étape nécessaire aux yeux de la justice.
Parmi les questions que la reconstitution doit éclairer, certains détails de sa version sont déjà pointés du doigt. Les avocats et observateurs en listent même ces 3 détails qui pourraient voler en éclats le 2 octobre, un décryptage à garder en tête pendant la journée.
Reste une inconnue de taille, celle que tout le monde guette : que va-t-il dire, concrètement, une fois dans la maison ?
Selon Le Parisien, cette reconstitution lui offre la possibilité de confirmer et d’étayer sa version des faits. Celle d’une « énième dispute conjugale » qui aurait complètement dégénéré.
Mais le journal avance une autre possibilité, tout aussi importante : il pourrait aussi modifier ses propos. Autrement dit, la version qu’on croyait fixée peut encore bouger sur place, devant la juge, geste après geste.
C’est là que se joue l’enjeu de la journée. Et ce n’est que la première moitié du programme.

Direction Mailhoc : deux questions que la juge veut éclaircir
Après la maison, la journée se poursuivra du côté de Mailhoc, rappelle ICI Occitanie. C’est là que les premiers ossements de Delphine Aussaguel ont été découverts en juillet. On avait déjà vu comment le lotissement avait été bouclé avant la reconstitution, signe du dispositif prévu autour du quartier.
L’objectif affiché est clair : mieux comprendre les agissements de Cédric Jubillar. Deux questions reviennent, très concrètes.
La première : a-t-il tué Delphine Aussaguel à la suite d’une dispute ? C’est la thèse qu’il défend, mais la reconstitution doit permettre de vérifier si ses gestes collent avec ses mots.
La seconde est plus troublante. Comment a-t-il pu creuser seul, et dans le noir, pour enterrer les ossements de son épouse ? Un geste physique, long, pénible, qui laisse des traces et demande du temps.
Autre point sensible : le reste de la dépouille est toujours introuvable. La reconstitution ne règle pas ce vide, mais chaque précision peut aider à comprendre ce qui s’est passé après la nuit du 15 au 16 décembre.
Voilà pour la promesse de cette journée : un homme qui rejoue sa version, et une juge qui compare chaque geste aux éléments du dossier.
Reste à savoir ce que cela peut changer, et surtout ce que les internautes en attendent. Car sur ce point, les avis sont déjà très tranchés.
Ce que cette journée peut changer avant le procès en appel
Sur les réseaux, les réactions fusent déjà. Certains pensent que tout cela n’apportera rien, d’autres imaginent une stratégie de dernière chance avec une nouvelle équipe d’avocats. Ce ne sont que des commentaires de lecteurs, sans valeur de preuve.
Ce qui est sûr, c’est que ce vendredi alimente directement le dossier avant le second procès. La cour d’assises de Toulouse examinera l’affaire du 30 avril au 14 mai 2027, et tout ce qui sera dit sur place pourra y être repris.
La date de ce procès avait d’ailleurs été confirmée, avec une question en suspens sur la finalité de ce procès en appel. La reconstitution en est un préalable logique : elle fixe, ou déplace, la version de l’accusé.
Autre élément à surveiller : les expertises techniques. Elles pèsent aussi dans le dossier, à l’image de l’expertise des lunettes brisées qui contredirait sa version.
Dans les prochains jours, il faudra donc scruter les comptes rendus de la journée, et notamment tout écart entre ce que Cédric Jubillar a déjà dit et ce qu’il fera réellement dans la maison puis à Mailhoc.
Quant au reste de la dépouille de Delphine Aussaguel, il manque toujours. Tant qu’il ne sera pas retrouvé, une partie de l’histoire restera écrite en pointillés.
Une reconstitution ne dit pas toute la vérité, mais elle peut faire parler les gestes là où les mots ont déjà été beaucoup dits. Ce vendredi, c’est cette épreuve que Cédric Jubillar va affronter.
Et si la nuit du drame a encore des zones d’ombre, ce détail qui explique pourquoi les chiens de chasse n’ont jamais senti Delphine prouve que l’enquête réserve encore des surprises. Autre question troublante : que pense aujourd’hui son ex-avocate, qui le croyait innocent ?