Mafieux, évadé, informateur du FBI : ce complice présumé d’OJ Simpson serait rentré les mains couvertes de sang
Trente ans après, l’affaire OJ Simpson ne veut toujours pas s’éteindre. Une nouvelle enquête du New York Times relance l’hypothèse d’un complice, un trafiquant de drogue lié à la mafia. Selon son frère, il serait rentré la nuit des meurtres avec du sang sur les mains. Mais ce témoignage a un énorme problème, et c’est là que tout se complique.

Un trafiquant évadé, une nuit de juin 1994 et un sac mystérieux
Le 12 juin 1994, Nicole Brown Simpson et Ronald Goldman sont poignardés devant la maison de Nicole, à Los Angeles. OJ Simpson sera acquitté en 1995, puis jugé responsable de leur mort lors d’un procès civil. L’arme du crime n’a jamais été retrouvée.
C’est dans ce vide que s’engouffre le New York Times. Son enquête s’intéresse à Joseph « Joey » Ippolito, trafiquant de drogue condamné, associé à la mafia et proche de Simpson comme de son ami de longue date Al Cowlings. Il s’était en plus évadé d’une prison de Floride en mai 1994, quelques semaines avant les meurtres.
Le journal s’appuie sur l’un de ces dossiers d’un autre temps qui refusent de rester fermés, remis sur la table par des archives fédérales jusque-là scellées. Ces documents racontent une histoire que personne n’avait entendue au procès.
Pourtant, ce n’est pas un document qui lance l’affaire. C’est un frère, et ce qu’il dit avoir vu cette nuit-là.
Ce que le frère de Joey Ippolito dit avoir vu
Selon Sam Ippolito, son frère serait revenu dans un appartement de Los Angeles vers minuit, le 12 juin 1994. Il aurait porté un sac contenant un objet lourd. Joey serait parti quelques heures plus tôt pour « aider un ami ».
Sam affirme aussi qu’il aurait vu du sang sur les mains de son frère. Joey aurait fourré ses vêtements dans le sac, puis demandé à Sam de s’en débarrasser pendant qu’il prenait une douche.
Toujours selon le récit rapporté, Sam aurait jeté le sac dans une benne près d’un chantier, le long de Doheny Drive. Il dit aussi avoir entendu Joey assurer à Cowlings, au téléphone, qu’il avait « aidé » Simpson cette nuit-là.
De quoi relancer des questions vieilles de plusieurs décennies, comme celles qui entourent certains derniers appels devenus légendaires. Mais avant de conclure quoi que ce soit, il faut regarder ce que les archives fédérales ajoutent. Et ce qu’elles contiennent est plus troublant que le témoignage lui-même.
Les archives fédérales, et le détail qui fragilise tout

Le Times a obtenu la levée du secret sur des documents judiciaires fédéraux. Parmi eux, un mémorandum de décembre 1996 décrit Ippolito comme une source précieuse. Devenu informateur fédéral après son arrestation en août 1995, il détenait des informations sur la façon dont Simpson aurait cherché à se débarrasser de l’arme du crime, et sur sa tentative de fuite.
Le procureur fédéral David Kelley le qualifiait de « remarquable source d’information ». Interrogé récemment, il a pourtant dit ne pas croire que Joey Ippolito ait participé aux meurtres.
Les informations d’Ippolito auraient été transmises aux procureurs de Los Angeles pendant le procès. Il n’a jamais été appelé à la barre. Marcia Clark affirme ne rien savoir de lui, et estime qu’on l’aurait informée s’il avait apporté un élément crédible.
Et puis il y a Sam. Après avoir maintenu ses accusations pendant des mois, il aurait réclamé une compensation au journal, avant d’essayer de se rétracter. Il aurait expliqué ne plus savoir distinguer le réel du faux.
Les proches de Joey, mort en 2006, contestent toute implication. Cowlings n’avait pas répondu au journal à la publication.
Ce que ça change pour une affaire encore ouverte
Rien n’est prouvé. Mais un point surprend : selon le Times, la police de Los Angeles confirme que ce double meurtre reste une enquête ouverte. Simpson est mort en avril 2024, à 76 ans, sans avoir jamais été condamné au pénal.
Le dossier reste marqué par la violence et par les zones d’ombre, comme ces affaires criminelles où la vérité arrive des années plus tard. Ici, tout repose sur un témoin dont la parole vacille.
Reste que les archives, elles, existent. Elles montrent qu’un informateur fédéral avait des choses à dire sur le sort de l’arme, et que ces informations ont circulé jusqu’au parquet de Los Angeles.
Les faits n’ont rien de linéaire, et d’autres histoires judiciaires se sont aussi jouées sur des détails ignorés, comme ce calvaire que personne n’avait voulu voir. La question n’est plus seulement de savoir qui a tué, mais ce que la justice a su, et quand.
Toute la prudence est de mise. L’affaire OJ Simpson a déjà vu trop de certitudes s’effondrer.
Un complice présumé, un frère qui se rétracte, des archives qui parlent : l’affaire garde son mystère entier. Et si vous aimez les histoires où une star cache bien plus qu’elle ne dit, la décision que Robin Williams a scellée jusqu’en 2039 vous réserve une vraie surprise. Et pour les destins brisés en pleine lumière, ce célèbre acteur abattu à 59 ans sur le pas de sa porte pose une tout autre énigme.