Ivre au volant de sa Porsche à Vannes, ce patron de 55 ans perd son appel devant la justice

Un bruit de moteur qui déchire la nuit, une Porsche 911 lancée à pleine vitesse place de la Libération à Vannes : les policiers n’ont pas eu besoin de radar pour intervenir. Au volant, un chef d’entreprise de Loire-Atlantique revenait d’un dîner d’affaires bien arrosé. Trois ans plus tard, la justice vient de rendre son dernier mot sur cette soirée qui a mal tourné.
Une interpellation qui ne devait rien au hasard
Ce 26 mai 2023, il est 1 h 48 du matin lorsque des policiers sont alertés par ce que le rapport décrit comme « le bruit d’une très forte accélération ». La place de la Libération à Vannes devient le théâtre d’un contrôle qui va tout révéler.
La Porsche 911 bordeaux roule à une vitesse jugée « extrêmement rapide ». Une fois stoppé, le conducteur, un homme de 55 ans, présente 1,78 gramme d’alcool par litre de sang. Haleine chargée, propos incohérents, difficulté à tenir debout : le tableau clinique de l’ivresse est complet.
Ce genre de contrôle nocturne n’est pas isolé : d’autres conducteurs se sont récemment fait arrêter à grande vitesse sur autoroute, tandis qu’ailleurs, des bolides comme une Lamborghini flashée à 206 km/h finissent aussi en fourrière. Ici, le détail qui surprend les enquêteurs : l’homme refuse catégoriquement de laisser sa voiture à un dépanneur. Il ira jusqu’à demander à un policier de conduire lui-même la Porsche jusqu’à un parking proche du commissariat, pour qu’elle reste sous surveillance.
Un dirigeant du BTP rattrapé par son passé judiciaire
Après un passage à l’hôpital puis une nuit en cellule de dégrisement, l’homme est entendu en garde à vue vers 10 h 45. Il dirige plusieurs sociétés dans le BTP, la réparation automobile et l’immobilier, implantées à La Regrippière, Pornic ou encore Cholet.
Son récit de la soirée est limpide : un dîner d’affaires à Arradon avec des fournisseurs, un kir et du vin au restaurant, puis deux mojitos dans un bar avant de reprendre le volant pour rejoindre son hôtel. Un enchaînement banal qui, cumulé, dépasse largement les seuils autorisés.
Le tribunal correctionnel de Vannes l’avait condamné à 4 mois de prison avec sursis, une suspension de permis de six mois, une amende de 1 500 euros pour conduite en état alcoolique et 150 euros supplémentaires pour vitesse excessive. Un dossier alourdi par son passé : ce père de famille avait déjà été condamné quatre fois pour des infractions routières, dont une précédente conduite sous l’emprise de l’alcool. Ce type de récidive rappelle d’autres affaires où la répétition des infractions durcit les sanctions, tout comme certains conducteurs ont vu leur permis retiré dès la première alerte.

La cour d’appel tranche : sursis maintenu, une amende annulée
Son avocate, Catherine Chilot-Raoul, avait pourtant plaidé serré en appel : relaxe sur l’excès de vitesse faute de contrôle radar, contestation de la suspension de permis puisque son client avait déjà roulé six mois avec un éthylotest anti-démarrage homologué, et remise en cause de la légalité des vérifications au commissariat.
La cour d’appel de Rennes a balayé l’essentiel de ces arguments dans un arrêt du 7 juillet 2026, tout juste rendu public. Pour les magistrats, « l’interpellation, le contrôle d’alcoolémie et l’audition sont réguliers ». Ils rappellent surtout que « les faits sont graves et mettent en danger les usagers de la route ». Ce type de contentieux routier illustre à quel point certaines infractions entraînent désormais la perte immédiate du permis, un durcissement qui touche aussi des affaires comme ce conducteur flashé sans permis sur l’A10.
La peine de 4 mois de prison avec sursis, la suspension de permis et l’amende de 1 500 euros sont donc intégralement confirmées, conformément aux réquisitions de l’avocat général. Seule concession : la relaxe pour l’excès de vitesse, les policiers n’ayant pas de mesure radar suffisante pour caractériser l’infraction. L’amende de 150 euros associée est annulée.
Une Porsche, un dîner d’affaires, et une soirée qui finit devant deux tribunaux : l’addition judiciaire, elle, reste presque intacte. Reste une question qui dépasse ce seul dossier : combien de conducteurs pensent encore, comme lui, qu’un simple parking suffit à effacer une nuit d’excès ?