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L’ex-mari aurait acheté un hachoir à viande, tué son épouse, mannequin à Hong Kong, et cuisiné ses restes avec des carottes pour masquer l’odeur

Publié par Cassandre le 04 Oct 2026 à 6:44
« Des carottes pour masquer l'odeur » : ce que l'accusation raconte au procès d'Abby Choi, influenceuse de 28 ans

Février 2023, Hong Kong. Le corps démembré d’Abby Choi, influenceuse de 28 ans suivie par plus de 140 000 abonnés, est retrouvé dans une maison de banlieue. Le procès de son ex-mari, de son beau-père et de son beau-frère s’est ouvert, et l’accusation y décrit des détails glaçants. Le plus troublant tient à un simple légume, et à ce qu’il aurait servi à cacher.

Une influenceuse, 140 000 abonnés et une maison de banlieue qui a sidéré Hong Kong

Abby Choi avait 28 ans. Sur Instagram, plus de 140 000 abonnés suivaient sa vie, jusqu’à ses photos de la Fashion Week de Paris, publiées quelques jours seulement avant sa mort.

Le 24 février 2023, la police découvre des parties de son corps dans une maison de banlieue. Ses jambes se trouvaient dans un réfrigérateur, son crâne et plusieurs côtes dans une marmite. L’affaire a stupéfié la place financière.

Trois hommes sont aujourd’hui jugés : son ex-mari Alex Kwong, 31 ans, son beau-père Kwong Kau, 68 ans, et son beau-frère Anthony Kwong, 35 ans. Tous trois ont plaidé non coupable des accusations de meurtre. Ils encourent la prison à vie en cas de condamnation, et le procès, ouvert mercredi, doit durer au moins jusqu’en décembre.

Rien de tout cela n’est établi à ce stade : ce sont les éléments avancés par l’accusation devant le jury, que les accusés contestent. La ville a déjà connu des scènes de violence en pleine rue qui ont marqué les esprits, comme cette attaque au couteau contre une passante.

Le dossier présenté repose sur des images de vidéosurveillance, un rapport médico-légal et le témoignage d’un voisin lu à l’audience. Mais pourquoi une famille en serait-elle arrivée là ? Selon l’accusation, tout partirait d’un appartement de luxe.

Un appartement à 60 millions de dollars hongkongais, un père « rancunier » et un plan préparé

Selon l’accusation, l’argent serait au cœur de l’affaire. Abby Choi aurait payé un logement de luxe 60 millions de dollars hongkongais, mais l’aurait enregistré, des années plus tôt, au nom de son ancien beau-père, afin d’éviter des taxes plus élevées.

Les relations avec la famille Kwong se seraient dégradées en 2022, quand elle a tenté de vendre l’appartement. Kwong Kau, ancien sergent de police à la retraite, serait devenu « extrêmement rancunier et en colère », a affirmé l’accusation.

Il aurait voulu garder le logement et décidé de la tuer, ses deux fils se ralliant à lui. « Nous disons que tous les trois ont décidé de le faire ensemble », a déclaré la procureure Charlotte Draycott, ajoutant que chacun avait « joué un rôle ».

Le récit des faits, heure par heure, rappelle combien les premiers instants comptent dans les violences, comme dans l’agression d’une journaliste dans un tramway. Ici, tout se serait joué le 21 février 2023.

Ce jour-là, une caméra montrerait Abby montant dans l’une des deux camionnettes utilisées par les Kwong, dans l’après-midi. Sa dernière activité en ligne date de 14 h 44. Vers 15 h 20, Alex Kwong aurait garé un véhicule près de la maison où la police retrouverait les restes trois jours plus tard.

Un voisin, dont la déclaration a été lue à l’audience, se souvient avoir entendu le ronronnement d’une tronçonneuse électrique ce 21 février, puis senti une odeur nauséabonde, selon le média local The Standard. Pour l’accusation, ces deux détails seraient liés aux efforts pour faire disparaître le corps. Et c’est là que les carottes et les radis entrent en scène : ils auraient été ajoutés délibérément à la préparation pour masquer l’odeur.

Salle d'audience avec marteau de juge et scellé de preuve

Carottes, radis, hachoir : le détail que l’accusation juge accablant

Hong Kong a vu d’autres drames faire la une, comme ce Boeing 747 cargo qui a terminé sa course dans l’eau. Mais ce procès-ci tient à un autre type de détails, d’une précision difficile à lire.

D’après la procureure, quelques jours avant que la disparition soit signalée, les accusés auraient acheté le matériel ensuite utilisé pour découper et éliminer le corps, dont un hachoir à viande. Le ministère public affirme qu’ils auraient ensuite fait bouillir les restes.

Pas pour les manger, a précisé l’accusation : l’objectif aurait été de les rendre impossibles à identifier. Les carottes et radis auraient servi à couvrir l’odeur dégagée par la décomposition et la cuisson, a entendu le tribunal.

Un marteau a aussi été présenté au jury. Un rapport médico-légal cité par l’accusation indiquerait que les blessures au crâne, causées par un objet contondant, correspondent à la forme de cet outil.

Les images de vidéosurveillance montreraient par ailleurs les trois hommes portant des masques, ni bouleversés ni surpris : « C’est ce qu’ils attendaient », a avancé Charlotte Draycott, évoquant un plan « mûrement réfléchi ». Alex Kwong, père des deux enfants du couple, a été arrêté le 25 février alors qu’il aurait prévu de quitter Hong Kong, un jour après l’interpellation de son père et de son frère.

Voilà ce qui, selon l’accusation, relie le bruit, l’odeur, les achats et les images. Reste à savoir ce que la défense répondra.

Ce que le jury doit encore trancher jusqu’en décembre

Le procès ne fait que commencer. Il doit durer au moins jusqu’en décembre, et la parole de la défense est attendue : les trois hommes ont plaidé non coupable. Rien de ce qui précède n’est donc un verdict, seulement la thèse du ministère public.

La police avait aussi fouillé une décharge à la recherche des parties manquantes du corps, un détail qui montre l’ampleur des recherches. Il appartiendra aux jurés de peser les images, les expertises et les témoignages, dont celui du voisin.

Les débats peuvent aussi nourrir des rumeurs, et l’on sait à quelle vitesse un fait mal compris devient une intox, comme dans cette histoire de marche de 14 cm dénoncée comme fake news. Dans un dossier aussi sensible, mieux vaut s’en tenir à ce qui est dit à l’audience.

Autre point à surveiller : le mobile financier, central pour l’accusation, sera sans doute discuté de près. Un malaise ou un accident peut vite semer la confusion, comme lors du décès d’un passager sur un vol vers Hong Kong, mais ici le jury aura des semaines pour démêler les versions.

Si les accusés sont reconnus coupables, la peine encourue est la prison à vie.

Une influenceuse, un appartement, un plan présumé : l’affaire Abby Choi tient en trois mots, mais le jury n’a pas fini de la démêler.

Et si vous pensiez que les rumeurs numériques n’étaient qu’un détail, ce que Donald Trump a enchaîné en un seul discours sur la santé pourrait vous faire changer d’avis.

Et si vous cherchez une histoire plus légère, la tenue d’une étudiante jugée trop distrayante par son professeur a fait réagir bien des internautes.

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