« Je n’ai pas versé de larme en payant » : à 2 339 €, ils ont bravé la tempête pour l’iPhone Duo

Un iPhone à 2 339 euros, ça fait réfléchir. Pas eux. Vendredi, à Paris, des fans d’Apple ont affronté la tempête Austen pour récupérer le premier téléphone pliant de la marque. Mais entre un retrait sur rendez-vous, un stock introuvable et un conseiller qui prévient « vous pouvez les manipuler mais pas les acheter », une question reste en suspens : qui a vraiment pu repartir avec l’appareil ?
Tempête, rendez-vous et zéro file d’attente : le nouveau rituel des accros d’Apple
Oubliez les images habituelles. Pas de chaises pliantes alignées sur le trottoir, pas de tentes plantées devant les Apple Stores du monde entier, pas de nuit blanche collective. Pour l’iPhone Duo, tout passe par un retrait sur rendez-vous.
Cela n’a pas empêché l’enthousiasme. Selon Le Parisien, qui a rencontré ces acheteurs privilégiés ce vendredi à Paris, certains ont bravé la tempête Austen pour être parmi les premiers à tenir l’appareil entre les mains. Après tant d’années d’attente, la météo n’a pas pesé lourd.
Il faut dire que le sujet traîne depuis longtemps. Les rumeurs sur un téléphone pliant d’Apple circulent depuis des années, comme on le racontait dans notre dossier sur l’iPhone Fold et les rumeurs qui l’entourent. Pour les plus fidèles, le moment est enfin venu.
L’ambiance, elle, a changé. Moins de folie collective, plus de logistique : un créneau, un retrait, et basta. Une organisation qui ressemble davantage à un rendez-vous chez le médecin qu’à une ruée vers l’or.
Mais il y a un détail qui complique tout. Et il tient en un mot : le stock.
Écoulé en quelques minutes : la pénurie qui change la donne
Vendu à un tarif record, l’iPhone pliant s’est écoulé en quelques minutes en précommande, d’après Le Parisien. Autrement dit, la bataille s’est jouée en ligne avant même que les clients ne poussent la porte d’un magasin.
Résultat : les précommandes sont reines jusqu’à Noël. Ceux qui ont réservé à temps sont servis, les autres regardent. La pénurie est même décrite comme totale pour cet appareil, par ailleurs présenté sous haute surveillance dans les boutiques.
Cette tension sur l’offre n’est pas une surprise. Nous avions déjà évoqué le fait qu’Apple n’en produirait que 500 000 exemplaires au lancement, un volume minuscule face à l’appétit des fans.
Alors, que se passe-t-il quand un client emballé débarque en boutique sans avoir réservé ? C’est là que la scène devient presque absurde.
À l’Apple Store Opéra, à Paris, un conseiller de vente prévient un visiteur : « Vous pouvez les manipuler mais pas les acheter ». Puis il ajoute : « On ne sait pas si on aura du stock dans les prochains jours ». Le client, lui, était pourtant bien décidé.
Voilà donc la révélation : on peut toucher le téléphone le plus attendu de l’année, le tourner, le plier, le déplier… et repartir les mains vides. Une frustration que d’autres avaient anticipée avec la mise en garde d’Apple sur les acheteurs qui risquent de repartir bredouilles.

« Je n’ai pas versé de larme » : ce qui pousse à payer 2 339 € sans trembler
Reste le plus déroutant : le prix. Pour comprendre l’état d’esprit de ces acheteurs, il suffit de regarder ce qu’ils acceptent. L’iPhone Duo démarre à 2 339 euros, soit le prix d’un voyage ou d’un bon ordinateur.
Pourtant, l’un d’eux résume l’état d’esprit général d’une phrase, reprise en titre par Le Parisien : « Je n’ai pas versé de larme en payant ». Pas de regret, pas de grimace devant le paiement. L’attente a visiblement fait son œuvre.
Ce n’est pas qu’ils ignorent la somme. C’est que, pour eux, ce pliant incarne autre chose qu’un simple téléphone : le premier du genre chez Apple, le fruit d’une longue patience, un objet que presque personne ne possède encore.
Et le tarif a de quoi surprendre dans les deux sens. Certains attendaient plus cher, comme on le détaillait quand Apple a dévoilé le nom et le prix de son pliant, finalement plus bas que prévu.
Voilà donc l’explication : ces accros ne cherchent pas la bonne affaire. Ils achètent le privilège d’être les premiers, quitte à affronter la tempête, un rendez-vous millimétré et un prix record. Et ce privilège-là, pour eux, n’a pas de prix… ou plutôt en a un, très précis.
Jusqu’à Noël, la partie se joue sur les précommandes
Que retenir pour ceux qui n’ont pas réservé ? Selon Le Parisien, les précommandes dominent jusqu’à Noël. En clair, le plus sûr pour obtenir l’appareil reste de s’inscrire dans la file virtuelle plutôt que de miser sur un hypothétique arrivage en boutique.
Le conseiller de l’Opéra l’a d’ailleurs reconnu : impossible de dire si du stock arrivera dans les prochains jours. Les magasins deviennent donc des vitrines où l’on découvre l’objet, sans garantie de le ramener chez soi.
Cette rareté nourrit aussi la machine à désir. Quand un produit se vend en quelques minutes et reste introuvable, il devient mécaniquement plus convoité. Et chez Apple, les hausses de prix ne s’arrêtent pas là : on voyait récemment que la marque augmente ses prix de 100 à 700 € en France.
Alors, faut-il craquer ou patienter ? Pour ceux que le tarif refroidit, une autre logique existe : pourquoi le modèle de l’an dernier devient le meilleur plan quand les nouveautés s’envolent.
En attendant, une chose est sûre : l’iPhone Duo fait déjà ce que très peu de téléphones réussissent, il fait parler de lui bien avant d’être dans les poches.
Le plus fou de l’histoire ? Les clients les plus heureux de la semaine sont ceux qui ont payé le plus cher, et qui n’ont pas versé une larme. Reste à savoir ce que cet engouement dit de nous, et de ce que l’on accepte de payer.
Si le prix des téléphones vous intrigue, où part vraiment la différence entre le coût de fabrication et l’étiquette pourrait bien vous retourner.
Et si vous voulez en savoir plus sur ce que votre propre iPhone cache, ce truc que l’appareil photo sait faire sans rien scanner est sans doute déjà dans votre poche.