Il grille un feu rouge, percute un bus et quitte les lieux : le coupable est un robot livreur, et 9 passagers sont blessés

Un feu rouge, un passage piéton, un bus. Rien d’extraordinaire, sauf que le fautif présumé n’a ni permis ni mains. À Tallinn, en Estonie, un robot de livraison aurait traversé alors que le signal lui était défavorable. Résultat : neuf passagers blessés, une enquête ouverte, et deux versions qui s’opposent sur ce que la machine a fait juste après le choc.
Un passage piéton, un bus qui pile, neuf blessés à Tallinn
L’histoire se passe dans la capitale estonienne. Selon les informations relayées, un robot de livraison s’est engagé sur un passage piéton alors que la signalisation lui interdisait de passer. Un bus a alors freiné brusquement pour l’éviter.
Ce freinage brutal a suffi à faire neuf blessés parmi les passagers. Une enquête a été lancée pour établir les responsabilités. Car ici, impossible de verbaliser un conducteur : il faut remonter la chaîne, de l’opérateur au constructeur.
Le robot appartient à l’entreprise Bolt, mais il a été développé par Starship Technologies. Deux noms, donc, dans une affaire où chacun semble vouloir pointer un angle différent. Et ce n’est pas le détail le plus troublant.
Car une caméra embarquée dans le bus a tout filmé. On y voit le choc, puis la petite machine repoussée sur la chaussée. Pour comprendre ce qui s’est passé ensuite, il faut regarder ce que dit la compagnie municipale de transport. Sa version est plutôt à l’opposé de ce qu’on imagine pour ces robots censés être sages comme des images.
La caméra du bus, la fuite présumée et la colère du transporteur
La vidéo enregistre le moment où les deux véhicules se touchent. Le robot est poussé sur la route. Puis, d’après la compagnie de transport, il s’éloigne du lieu de l’accident avant l’arrivée de la police.
Un porte-parole de l’entreprise de transport a estimé que ce comportement pourrait avoir des conséquences légales. Andrei Novikov, membre de sa direction, a ajouté que les circonstances devaient être examinées par les autorités. Le ton est ferme, presque comme pour un chauffard ordinaire.
Mais le cas est inédit. Un humain qui quitte les lieux d’un accident commet un délit identifié. Pour une machine, la question de la responsabilité reste ouverte : qui répond d’un délit de fuite quand l’auteur est un robot ?
Avant d’y venir, un détail compte. Ce type d’incident rappelle que les machines autonomes doivent lire la route comme nous, ce qui n’est pas si simple même pour les plus avancées.
Reste la grande question : pourquoi ce robot a-t-il cru pouvoir traverser ? La réponse est venue de Starship, et elle tient à des lumières. Une enseigne lumineuse, la nuit, et des signaux alignés.

Une enseigne lumineuse, la nuit : l’explication de Starship
Dans l’affaire, le feu rouge est au centre de tout. Pour Pepe Aaviksoo, jefe des opérations de Starship Technologies, le robot a mal interprété les signaux.
Il avance plusieurs causes possibles. D’abord l’obscurité, ensuite un panneau publicitaire éclairé situé derrière les feux, qui a pu perturber le système. Puis les signaux pour piétons et pour voitures, alignés du point de vue de la machine, auraient compliqué leur identification.
Il reconnaît aussi que la sensibilité lumineuse de l’appareil n’a pas fonctionné correctement. La société compte corriger le problème. Autre facteur évoqué : l’absence de voitures approchant le robot a pu influencer sa décision de traverser.
Et la fuite ? Starship la conteste. Selon Aaviksoo, le robot serait resté sur place environ dix minutes, puis aurait contacté l’équipe d’assistance pour être déplacé hors de la chaussée. Il n’aurait donc pas détalé immédiatement après le choc.
Voilà les deux récits : la fuite avant l’arrivée de la police, ou l’attente de dix minutes suivie d’un appel à l’aide. Sa phrase résume l’état d’esprit : « Il y a beaucoup de leçons à tirer, mais les situations exceptionnelles arrivent. » Une formule qui ne consolera pas les neuf blessés.
Ce que cette enquête pourrait changer pour les robots de rue
Pour l’instant, l’enquête doit déterminer les responsabilités. Rien n’est tranché, et les deux parties ne racontent pas la même chose. Les images de la caméra du bus seront sans doute un élément central.
Côté Starship, la promesse est de corriger le défaut de lecture lumineuse. C’est un aveu : le système peut se tromper dans des conditions précises, comme la nuit et les enseignes éclairées. Et ces conditions n’ont rien d’exotique dans une ville.
Le sujet dépasse l’Estonie. Les entreprises du secteur promettent des machines fiables, mais la confiance se joue sur des cas comme celui-ci. D’autres constructeurs se heurtent aux mêmes questions, comme les accusations visant Tesla sur ses chiffres de sécurité.
À surveiller ensuite : les conclusions de l’enquête, la position de la police sur la fuite présumée, et d’éventuelles suites légales évoquées par le transporteur. Chacun reste sur sa version. Et à force, on se demande si l’on saura un jour qui doit répondre quand la machine conduit.
Un robot a grillé un feu, un bus a pilé, neuf personnes ont payé l’addition. Quant à ses dix minutes de silence, elles font encore débat. Si vous pensiez que les machines autonomes ne commettent que des erreurs invisibles, ce conducteur qui accuse son Autopilot devant les policiers va vous faire sourire. Et pour savoir jusqu’où va l’autonomie, cette Tesla qui rejoint son propriétaire seule sur 25 km vous attend.