« Nigloland, c’est ma maison » : à 23 ans, elle a testé 200 montagnes russes dans le monde

Certaines passions naissent avant même qu’on sache lire une carte. Pour Chloé Hurtaux, tout a commencé à 3 ou 4 ans, dans les allées d’un parc d’attractions de l’Aube. Aujourd’hui âgée de 23 ans, la jeune femme a transformé cette fascination d’enfance en une véritable mission de vie, au point d’avoir arpenté près de 200 montagnes russes à travers le monde. Reste à comprendre comment une simple visite familiale a fini par devenir un métier, et une identité entière sur les réseaux sociaux.
Une passion née dans les allées de Nigloland
Chaque premier samedi de rentrée scolaire, les allées de Nigloland, à Dolancourt dans l’Aube, se remplissent à nouveau. C’est dans ce décor que Chloé Hurtaux a grandi, au sens propre comme au figuré. Rémoise d’origine, elle vient aujourd’hui d’y déboucher, chemise blanche impeccable et badge à l’effigie du hérisson emblématique du parc.
« C’est mon home park, ma maison ! », confie-t-elle avec un sourire qui ne trompe pas. La formule n’a rien d’anodin pour quelqu’un qui y effectue déjà sa cinquième saison de travail. Comme d’autres passionnés qui transforment une obsession de jeunesse en carrière, à l’image de ces salariés qui ont fait le pari d’un secteur naissant, elle a suivi son instinct plutôt que les chemins tout tracés.
Sa première visite remonte à ses 3 ou 4 ans. Ensuite, les allers-retours se sont multipliés, une à deux fois par an, chaque venue prenant des allures d’événement familial. Un rituel qui, avec le temps, s’est mué en attachement profond, presque intime. Ce genre de fidélité à un lieu rappelle d’ailleurs certaines constructions vertigineuses qui marquent durablement l’imaginaire collectif.
Roukmoute Coaster, ou l’obsession des montagnes russes filmée pour le monde entier
Derrière le pseudonyme de Roukmoute Coaster, Chloé Hurtaux documente ses essais d’attractions sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années. Une activité qu’elle assume avec humour : « Ce n’est pas commun comme passion ! », lâche-t-elle, consciente que peu de jeunes femmes de son âge revendiquent avoir testé près de 200 montagnes russes dans le monde.
Ce chiffre à lui seul dit beaucoup de l’ampleur du phénomène. Voyager pour une attraction précise, comparer les sensations, filmer chaque virage : la démarche relève presque du collectionneur, sauf que l’objet de la collection, ce sont des sensations vertigineuses vécues aux quatre coins du globe.
Ce type de contenu trouve un écho particulier auprès d’une communauté qui suit ses aventures avec la même ferveur que d’autres suivent des classements insolites sur les habitudes françaises. La comparaison peut surprendre, mais le ressort est le même : la curiosité pour ce qui sort de l’ordinaire, raconté avec précision et sincérité, séduit toujours un public fidèle, à l’image des récits qui suivent des trajectoires personnelles hors normes.

De la visite d’enfance au badge d’employée : la boucle bouclée
Le détail le plus frappant reste sans doute celui-ci : Chloé Hurtaux ne se contente plus de visiter le parc de son enfance en simple touriste, elle y travaille désormais officiellement, cinq saisons de suite. Ce basculement, du statut de visiteuse passionnée à celui d’employée du parc, symbolise à lui seul la trajectoire d’une vie construite autour d’une même obsession.
La chemise repassée, la cravate ajustée, le badge portant son prénom : tout indique qu’elle a intégré l’univers professionnel de Nigloland sans jamais renoncer à son identité de fan absolue. Un équilibre rare, entre rigueur du métier et émerveillement intact face aux manèges qu’elle a vus grandir depuis l’enfance.
Ce parcours illustre une réalité que peu envisagent : transformer une passion jugée « pas commune » en véritable ancrage professionnel et personnel. Pour aller plus loin sur ce type de témoignage, Le Parisien propose un suivi complet de ce parcours, à retrouver via le kiosque numérique du journal.
De la petite fille émerveillée à la jeune femme au badge officiel, la boucle est bouclée pour Chloé Hurtaux. Une question demeure : combien de montagnes russes lui reste-t-il encore à découvrir avant d’avoir fait le tour du monde des sensations fortes ?