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Les 8 départements français où les habitants possèdent le plus de voitures : le n°1 n’est pas en zone rurale

Publié par Claire le 13 Mai 2026 à 17:03

En France, on compte environ 39 millions de voitures particulières en circulation. Mais tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. Certains départements affichent des taux de motorisation qui dépassent largement la moyenne nationale — et la liste réserve quelques entrées auxquelles on ne s’attend vraiment pas. Spoiler : le numéro 1 du classement n’a rien d’un territoire isolé sans transports en commun.

Ce classement s’appuie sur les données du Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique et sur les chiffres de l’INSEE relatifs au nombre de véhicules immatriculés rapporté à la population. Le taux de motorisation moyen en France métropolitaine tourne autour de 570 voitures pour 1 000 habitants. Les huit départements qui suivent explosent ce chiffre.

Vue aérienne d'un paysage rural français avec de nombreuses voitures

Du 8e au 6e : trois territoires où la voiture n’est pas un luxe mais une nécessité

En 8e position, on retrouve la Vendée (85), avec environ 640 voitures pour 1 000 habitants. Ce département de l’ouest, malgré un réseau routier correct, souffre d’un maillage ferroviaire très limité. Ici, 85 % des actifs utilisent leur véhicule pour aller travailler, selon l’INSEE. La croissance démographique récente — la Vendée gagne des habitants chaque année — n’a fait qu’accentuer le phénomène.

En 7e position, le Lot-et-Garonne (47) affiche environ 645 véhicules pour 1 000 habitants. Département agricole par excellence, il combine une densité de population très faible (59 hab./km²) et un réseau de transport en commun quasi inexistant hors de l’agglomération d’Agen. Sans voiture, difficile de rejoindre un supermarché ou un médecin. D’ailleurs, les dépenses alimentaires varient fortement d’un département à l’autre, et la distance aux commerces y est pour beaucoup.

Automobiliste faisant le plein dans une station-service rurale

En 6e position, la Lozère (48) grimpe à environ 650 voitures pour 1 000 habitants. C’est le département le moins peuplé de France métropolitaine — à peine 76 000 habitants sur un territoire grand comme un tiers de l’Île-de-France. Aucune autoroute ne le traverse. Le premier TGV est à plus d’une heure de route. La voiture ici n’est pas un choix, c’est une condition de survie quotidienne.

Jusqu’ici, le classement suit une logique attendue : ruralité, faible densité, transports en commun rares. Mais les positions suivantes commencent à bousculer cette lecture.

5e et 4e : quand la périphérie des grandes villes fait exploser les compteurs

En 5e position, l’Ain (01) surprend avec environ 655 véhicules pour 1 000 habitants. Ce département limitrophe de la Suisse et de Lyon n’a pourtant rien d’un désert. Sa population dépasse les 660 000 habitants et sa croissance démographique est l’une des plus fortes de France.

L’explication tient en un mot : les travailleurs frontaliers. Des dizaines de milliers d’habitants de l’Ain traversent chaque jour la frontière suisse pour travailler à Genève. Les salaires suisses leur permettent d’acquérir facilement un véhicule — voire deux par foyer — tandis que les alternatives ferroviaires vers Genève restent saturées et insuffisantes. Résultat : les parkings relais débordent et chaque ménage possède en moyenne 1,8 véhicule.

Embouteillage matinal de voitures près de la frontière suisse

En 4e position, la Haute-Savoie (74) confirme cette tendance frontalière avec environ 660 voitures pour 1 000 habitants. Même logique que l’Ain : proximité de Genève, revenus élevés, habitat dispersé entre montagne et vallées. Les communes comme Annemasse, Thonon-les-Bains ou Bonneville ont vu leur parc automobile gonfler au rythme de l’installation de jeunes actifs venus profiter de l’effet « salaire suisse, coût de vie français ».

Un détail qui en dit long : la Haute-Savoie est aussi l’un des départements où l’on achète le plus de voitures électriques, preuve que le pouvoir d’achat local autorise des investissements que d’autres territoires ne peuvent pas se permettre.

Si les départements frontaliers dominent ce milieu de classement, le podium va encore plus loin dans l’inattendu.

Le podium : trois départements que personne ne cite spontanément

En 3e position, le Gers (32) atteint environ 665 voitures pour 1 000 habitants. Ce département du sud-ouest, célèbre pour son Armagnac et ses marchés au gras, est l’un des plus ruraux de France. La densité y est de 30 habitants au kilomètre carré — six fois moins que la moyenne nationale.

Mais ce qui distingue le Gers, c’est la structure même de son habitat. Les fermes et hameaux isolés y sont la norme, pas l’exception. Les distances entre le domicile et le premier bourg dépassent souvent 15 km. L’offre de transport collectif se limite à quelques lignes de cars scolaires. Du coup, même les retraités — qui représentent plus de 30 % de la population — conservent leur véhicule bien après 75 ans.

En 2e position, le Tarn-et-Garonne (82) frôle les 670 voitures pour 1 000 habitants. Ce petit département coincé entre Toulouse et le Lot cumule les facteurs : habitat pavillonnaire éclaté autour de Montauban, boom démographique lié à la périurbanisation toulousaine, et réseau de transports en commun très limité hors de la préfecture.

Depuis dix ans, des milliers de familles ont quitté Toulouse et sa banlieue pour s’installer dans le Tarn-et-Garonne, attirées par des prix immobiliers bien plus bas. Le hic : elles continuent à travailler dans la métropole rose. Le trajet domicile-travail en voiture est devenu la norme, et le deuxième véhicule par foyer quasi systématique. Le département compte aujourd’hui plus de voitures que d’habitants en âge de conduire.

Ce phénomène de périurbanisation automobile touche d’ailleurs toutes les grandes métropoles françaises. Mais aucun département ne l’illustre aussi bien que le numéro 1 du classement.

Le département champion de France : un résultat contre-intuitif

En 1re position, avec environ 685 voitures pour 1 000 habitants, c’est l’Eure-et-Loir (28) qui décroche la palme. Oui, ce département de la région Centre-Val de Loire, situé aux portes de l’Île-de-France.

Famille chargeant ses courses en voiture devant une maison en Beauce

L’Eure-et-Loir n’est pas un territoire montagneux isolé. Il n’est pas frontalier de la Suisse. Sa préfecture, Chartres, est à une heure de Paris en train. Alors pourquoi un tel record ?

La réponse tient dans un cocktail que les urbanistes connaissent bien : c’est l’un des départements les plus touchés par la « dépendance automobile structurelle ». L’Eure-et-Loir combine une géographie de plaines céréalières (la Beauce) avec un habitat extrêmement dispersé et un réseau de transports en commun parmi les plus faibles de France rapporté à sa population.

Le département ne dispose d’aucune ligne de tramway ni de métro. Les lignes de bus interurbaines sont rares et peu fréquentes. Même le TER vers Paris, limité à quelques gares, ne dessert qu’une fraction du territoire. Résultat : 88 % des actifs euréliens se rendent au travail en voiture, le taux le plus élevé de France métropolitaine selon l’INSEE.

Et il y a un facteur supplémentaire que les statistiques révèlent. L’Eure-et-Loir est devenu au fil des années un territoire d’accueil pour des familles franciliennes en quête de mètres carrés à prix abordable. Le même phénomène que le Tarn-et-Garonne avec Toulouse, mais amplifié par la proximité de Paris. Ces néo-ruraux conservent un mode de vie urbain — courses en grande surface, loisirs à distance, travail en ville — qui nécessite systématiquement deux voitures par foyer.

Selon une étude de l’Observatoire des territoires publiée en 2023, les ménages de l’Eure-et-Loir consacrent en moyenne 18 % de leur budget aux transports, contre 14 % au niveau national. C’est l’un des « budgets mobilité » les plus lourds du pays.

Ce que ce classement dit de la France de 2025

En regardant cette liste, un constat s’impose : les départements les plus motorisés ne sont pas forcément les plus reculés. Ce sont souvent des territoires périurbains, pris en étau entre l’attraction d’une grande métropole et l’absence de transports collectifs adaptés. Certains retraités, d’ailleurs, préfèrent carrément s’installer dans des villes bien desservies pour échapper à cette dépendance à l’automobile.

La France des « zones blanches » de mobilité ne se superpose pas à la carte des déserts médicaux ou des territoires abandonnés. Elle dessine un autre visage : celui d’une classe moyenne installée dans des maisons avec jardin, à 40 minutes d’une gare TGV, et qui roule 15 000 km par an parce qu’elle n’a tout simplement pas le choix.

Le développement du dispositif Crit’Air dans 42 villes en 2025 risque d’ailleurs de compliquer la vie de ces automobilistes contraints, souvent équipés de véhicules plus anciens que la moyenne nationale.

Alors, tu aurais deviné l’Eure-et-Loir en numéro 1 ? Si tu pensais que la voiture était reine uniquement dans les campagnes profondes, ce classement prouve que la réalité est bien plus nuancée — et que la dépendance automobile se niche là où on ne l’attend pas toujours.

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