Halloween 1990 : ces fêtes de Halloween qui ont dégénéré, du chaos de Detroit aux nuits les plus folles
Chaque 31 octobre, on sort les citrouilles, les bonbons et les déguisements un peu ridicules. Mais l’histoire d’Halloween n’a pas toujours été aussi sage. Elle a connu des nuits de chaos, des défilés mythiques et des canulars à l’échelle d’un pays.
Ce soir, on remonte le temps. Des incendies qui ont terrorisé une ville américaine aux fêtes devenues des institutions, voici les Halloween qui ont marqué leur époque. Et l’une d’elles a même changé le visage d’une ville entière.
La nuit où une ville entière a brûlé en riant
Direction Detroit, dans les années 1970 et 1980. La veille d’Halloween, le 30 octobre, porte alors un nom devenu tristement célèbre : la « Devil’s Night », la nuit du diable. Des jeunes y allument des feux dans des bâtiments abandonnés, comme une mauvaise blague qui prend de l’ampleur.
Le phénomène a pris une telle ampleur que la ville a fini par mobiliser des milliers de bénévoles pour patrouiller. Au sommet de la crise, en 1984, plusieurs centaines d’incendies ont été recensés en quelques jours selon la presse locale de l’époque. Detroit a ensuite rebaptisé l’événement « Angels’ Night » pour inverser la tendance.
Ce détail dit tout : une simple veillée de farces a fini par devenir un problème de sécurité publique. Mais ce n’est pas la seule fois qu’Halloween a dépassé ses propres limites.
Le défilé qui a fait de New York la capitale d’Halloween

À l’autre bout du spectre, il y a la fête que tout le monde voudrait avoir connue. En 1974, le marionnettiste Ralph Lee organise un petit cortège dans Greenwich Village, à New York, avec ses enfants et quelques voisins. Une procession de marionnettes géantes, rien de plus.
Le Village Halloween Parade est devenu ensuite l’un des plus grands défilés d’Halloween au monde, avec des dizaines de milliers de participants costumés et des millions de spectateurs. Pas de voiture, pas de sponsor tapageur : n’importe qui peut venir défiler s’il est déguisé.
Ce qui frappe, c’est que cette fête monumentale est née d’une idée de quartier. Comme quoi, les plus grandes soirées commencent souvent très petit. Et parfois, elles commencent par une frayeur collective.
Quand un canular radio a fait croire à la fin du monde
Parlons maintenant de la veille d’Halloween 1938, une nuit qui reste dans les manuels. Orson Welles, alors jeune prodige du théâtre, adapte à la radio « La Guerre des mondes » de H.G. Wells. L’émission est diffusée sur CBS le 30 octobre, pour faire peur la veille de la fête.
Le format est malin : des bulletins d’information fictifs interrompent un faux concert, annonçant une invasion martienne dans le New Jersey. Certains auditeurs, arrivés en cours d’écoute, ont pris la fiction pour du réel. Les journaux ont ensuite parlé de scènes de panique, même si les historiens débattent encore de leur ampleur exacte.
On a longtemps raconté que des foules entières avaient fui leurs maisons. La réalité est plus nuancée : l’audience était limitée et une partie de la presse a sans doute exagéré l’épisode, jaloux de la concurrence de la radio. Mais l’histoire a marqué les esprits, et on l’a racontée dans le jour où Mars a « attaqué » l’Amérique.
Houdini, un 31 octobre qui ne s’oublie pas

Autre date marquante : le 31 octobre 1926, Harry Houdini meurt à Detroit, à 52 ans. Le roi de l’évasion succombe à une péritonite, quelques jours après un coup reçu à l’abdomen dans sa loge, à Montréal. Il n’est pas mort sur scène, contrairement à ce que la légende raconte.
Le détail troublant, c’est la date. Houdini disparaît le soir d’Halloween, lui qui passait sa vie à démasquer les faux médiums. Avant sa mort, il avait promis à sa femme Bess de tenter de la contacter depuis l’au-delà avec un code secret.
Pendant des années, Bess a organisé des séances de spiritisme chaque 31 octobre pour tenter de capter un signal. Rien n’est jamais venu. Cette tradition a fait du soir d’Halloween un rendez-vous presque rituel pour les fans de l’illusionniste. Pour d’autres dates à connaître, voyez notre éphéméride du 31 octobre.
Avant les bonbons, on creusait des légumes
Remontons plus loin encore. Avant les déguisements de super-héros, les fêtes d’automne se déroulaient avec des légumes creusés et des lanternes. En Irlande et en Écosse, on sculptait des navets et des betteraves pour effrayer les esprits errants.
C’est l’immigration irlandaise vers les États-Unis au XIXe siècle qui a changé la donne : la citrouille, plus grosse et plus facile à creuser, a pris le relais. Une histoire que cet article sur le navet détaille avec précision.
Ces lanternes artisanales avaient une vraie fonction : guider ou éloigner les âmes en cette période où, selon les croyances celtes, la frontière entre vivants et morts devenait poreuse. D’ailleurs, nos propres traditions de Toussaint avaient leur version des betteraves creusées.
Ce que ces nuits disent vraiment de nous

Que retenir de ce voyage ? Qu’Halloween est un miroir. Parfois il reflète nos peurs collectives, comme la panique de 1938. Parfois nos dérapages, comme Detroit. Et parfois notre envie de faire communauté, comme le défilé de Greenwich Village.
Aujourd’hui, la fête s’est mondialisée. Les magasins se remplissent de bonbons et de décorations, et on se demande même combien de bonbons acheter selon son quartier. Les promos s’enchaînent, et on se demande quand acheter pour payer moins cher.
Même nos animaux s’en mêlent : la mauvaise réputation du chat noir en pleine saison d’Halloween remonte à des siècles de superstition, comme le raconte cette histoire du chat noir.
Alors ce soir, que vous sortiez en costume ou que vous restiez sous la couette, souvenez-vous : la nuit du 31 octobre a vu bien pire, et bien plus fou, que quelques enfants qui sonnent à la porte. Et si vous cherchez la suite, la confusion entre Toussaint et jour des morts vous attend demain.