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« Je suis officiellement inquiet » : un climatologue alerte sur un El Niño à 83 % de chances d’être record

Publié par Elsa Fanjul le 09 Oct 2026 à 7:07
Océan Pacifique agité sous des nuages d'orage sombres

Il parle rarement d’alerte, et jamais à la légère. Le climatologue Daniel Swain vient pourtant d’écrire noir sur blanc qu’il est « officiellement inquiet ». En cause : un El Niño que les prévisions jugent de plus en plus susceptible d’entrer dans l’histoire. Reste à comprendre ce qui a fait basculer un scientifique réputé prudent, et ce que ce phénomène pourrait bousculer ailleurs.

Pourquoi un scientifique si prudent sort-il du silence ?

Daniel Swain est spécialiste du temps et du climat. Selon LADbible, il a récemment évoqué les chances d’un « hiver humide » en Californie, un scénario qui provoquerait probablement inondations et coulées de boue. Rien d’anodin, donc.

Et le phénomène ne dort pas. Toujours selon le média britannique, les tempêtes alimentées par El Niño frappent déjà le Pacifique. Certaines espèces marines auraient même été repérées dans des zones où on ne les voit habituellement pas.

Le 8 octobre, la NOAA, l’agence américaine océanique et atmosphérique, a mis à jour son évaluation. Les chances d’un épisode très fort, plus puissant qu’aucun autre depuis 1950, sont passées de 75 % le mois précédent à 83 %. Le détail de cette hausse est à retrouver dans la précédente estimation à 75 % de la NOAA.

Autrement dit, la tendance ne se calme pas, elle s’accentue. Plusieurs voix d’experts ont d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences mondiales de cet épisode, et Swain compte parmi les plus préoccupées.

Ce qui frappe, c’est la façon dont il a choisi de le dire. Pas dans un communiqué froid, mais sur les réseaux sociaux, avec des mots très personnels. Et c’est là que l’histoire devient vraiment intéressante.

Vingt ans de retenue et un message sans détour

Dans son message, Swain affirme que « les voyants d’alerte clignotent ». Il écrit qu’un tel événement aura des impacts mondiaux étendus, et qu’on n’en a jamais vu d’aussi massif dans le contexte d’un climat qui se réchauffe rapidement. Son conseil : s’attendre à quelques surprises.

Il reconnaît ensuite qu’il s’avance un peu. Il explique avoir construit, au fil des ans, un haut niveau de confiance auprès de sa communauté, et chercher à rester accessible et les pieds sur terre.

Son principe, dit-il, a toujours été d’énoncer clairement les inquiétudes vraiment sérieuses, si et quand elles apparaissent. Sauf que ce moment arrive très peu : en vingt ans, il ne l’a fait que quelques fois.

La dernière remonte aux jours précédant les incendies dévastateurs de Los Angeles, en janvier 2025. Un précédent qui donne du poids à sa prise de parole actuelle. Pour comprendre à quel point l’océan est déjà sous tension, on peut lire ce que dit un océanographe d’un Pacifique déjà trop chaud.

Swain ne s’arrête pas à son cas personnel. Il cite un scientifique fédéral qui estimerait que nous sommes entrés dans un territoire du type « si vous voyez quelque chose, dites-le ». Puis il conclut : « Je suis tout à fait d’accord, et les données de ce mois en apportent une preuve supplémentaire. »

Voilà le cœur de l’alerte : un expert qui n’a presque jamais sonné l’alarme, qui se déclare « officiellement inquiet », et dont la phrase s’appuie sur des chiffres en hausse. Reste une question : à quoi s’attendre concrètement, et où ?

Lit de rivière asséché face à une route inondée

Sécheresses, déluges : qui risque de payer l’addition ?

Pour y voir plus clair, une étude sur mille ans à partir de coraux montre déjà que le phénomène n’a rien d’une routine. Mais côté conséquences, un autre expert a détaillé le tableau.

Matthew Cappucci, météorologue senior chez MyRadar, avait déjà confié à LADbible qu’il fallait s’attendre à une « exacerbation » à la fois de la sécheresse et des inondations. Les communautés les plus touchées seraient celles du Pacifique qui dépendent de l’océan.

Selon lui, El Niño est en train de « rebrasser » les régimes météo de la planète entière. Il déclenche aussi une saison des ouragans du Pacifique « très marquée ».

Son avertissement est limpide : « Les zones qui reçoivent de fortes pluies vont, dans certains cas, en recevoir davantage. » Ailleurs, ce sera l’inverse, avec des sécheresses importantes.

Il cite précisément l’Australie, le Vietnam, le Laos, le Cambodge et la Thaïlande, des régions susceptibles de manquer d’eau. Le même phénomène, deux visages : trop d’eau d’un côté, pas assez de l’autre.

Voilà donc la réponse à la question du titre. Un climatologue pourtant réservé s’inquiète parce que la probabilité d’un épisode historique atteint 83 %, que les premiers effets sont déjà visibles dans le Pacifique, et que les risques s’étendent de la Californie à l’Asie du Sud-Est. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines

D’abord, la Californie : si l’hiver est effectivement humide, les inondations et les coulées de boue évoquées par Swain deviendraient un sujet concret. Les prévisions restent, à ce stade, des probabilités et non des certitudes.

Ensuite, le Pacifique. Les tempêtes déjà en cours et la présence d’espèces marines hors de leur zone habituelle sont des signes que le système réagit. Côté prévisions, les modèles qui annoncent un épisode historique détaillent ce que cela pourrait donner pour la France.

Autre point à suivre : les mises à jour mensuelles de la NOAA. Le chiffre est passé de 75 % à 83 % en un mois, et c’est cette courbe qui dira si l’inquiétude de Swain gagne encore du terrain.

Enfin, il y a la question de la répercussion à plus grande échelle. Ces perturbations pourraient aussi influencer l’hémisphère nord, comme l’explique ce météorologue qui s’interroge sur l’hiver à venir.

Dernier élément : Swain n’est pas seul. Un scientifique fédéral partage son diagnostic, et Cappucci évoque un phénomène qui chamboule la météo mondiale. Quand plusieurs voix convergent, l’alerte cesse d’être isolée.

Une précision utile : ces prévisions viennent des déclarations rapportées par LADbible et des estimations de la NOAA. Elles décrivent des probabilités, pas un scénario écrit d’avance.

Le message, lui, est simple : mieux vaut s’informer maintenant que subir des surprises plus tard.

Quand un expert qui parle peu finit par parler, il vaut mieux l’écouter. Et si vous croyez que la chaleur ne vous concerne que de loin, cette médecin explique pourquoi nous ne sommes pas égaux face aux 40 °C. Pour changer complètement d’horizon, cette tour rouillée perdue en plein Atlantique cache une réputation étonnante.

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