Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Météo

Super El Niño : 508 mm de pluie en un mois à Guayaquil contre 5 d’habitude, et le pire reste à venir

Publié par Elsa Fanjul le 04 Nov 2026 à 17:42
Océan Pacifique chaud sous un ciel d'orage

Vous avez peut-être vu passer les images : des rues transformées en rivières, des fumées qui avalent le ciel. Derrière, un seul coupable présumé, une eau du Pacifique devenue anormalement chaude. Selon Futura-sciences, le phénomène n’a jamais atteint une telle intensité depuis le début des relevés. Quatre signes montrent qu’on s’approche du sommet, et le dernier est le plus surprenant.

Un océan en surchauffe depuis 150 jours : ce que disent vraiment les relevés

El Niño, c’est d’abord une histoire d’eau. Quand la surface du Pacifique équatorial devient plus chaude que la moyenne, le climat de la planète se dérègle. Parfois un peu. Parfois beaucoup.

En 2026, c’est la seconde option. Selon Futura-sciences, la phase s’est installée en juin dernier et se renforce de jour en jour. On parle d’un super El Niño qui dépasse tout ce qui est connu.

Les chiffres donnent le vertige. Cela fait plus de 150 jours consécutifs qu’un record de température de l’eau est battu quotidiennement. Les températures moyennes du Pacifique central équatorial ont atteint 30,2 °C, avec des maximales à 31,6 °C.

Fin octobre, l’anomalie de la « zone El Niño » atteignait +3,45 °C. Le précédent record plafonnait à +2,5 °C. L’écart est colossal.

Et ce n’est qu’un échauffement. Les prévisions évoquent un sommet à venir. Les spécialistes assurent aussi que l’océan était déjà trop chaud avant même l’arrivée d’El Niño, ce qui pèse sur la suite. Mais d’abord, voyons où ça fait mal.

Pluies diluviennes, mousson ratée, forêts en feu : le monde sous tension

Premier signe : les déluges. L’Amérique du Sud, la plus proche du Pacifique équatorial, encaisse le plus fort. Le Pérou et l’Équateur ont subi des pluies torrentielles, des inondations et des coulées de boue majeures.

À Guayaquil, il est tombé 508 mm en octobre, contre une moyenne de 5 mm. Cent fois plus. Aux Galápagos, des inondations ont aussi frappé l’île de Santa Cruz.

Le phénomène touche aussi l’Amérique du Nord. À Palm Beach, en Floride, 431 mm de pluie en 6 heures, soit 3 à 4 mois de précipitations. Une rivière atmosphérique a déversé l’équivalent de cinq novembres de pluie en une journée en Arizona, au Nevada et en Californie, les 1er et 2 novembre.

Deuxième signe, à l’opposé : la soif. La mousson indienne 2026 figure parmi les plus faibles depuis 25 ans. En Bolivie, le président Rodrigo Paz a déclaré l’état d’urgence le 31 octobre face à la sécheresse.

L’Indonésie, elle, brûle depuis juillet 2026. Les fumées ont pollué l’atmosphère sur des milliers de kilomètres. Selon les données du programme Copernicus, les émissions des feux comptent parmi les plus hautes en 24 ans.

Même cause, effets inverses. Pour mesurer l’ampleur, il faut regarder cette bulle d’eau chaude qui se forme dans le Pacifique. Et le chiffre qui va suivre est celui qui change l’échelle.

Rue inondée après des pluies torrentielles

+4,1 °C en décembre : le chiffre qui dépasse tout

Avant le détail, un mot sur le contexte. Le phénomène ne tombe pas du ciel : ce phénomène climatique que redoutaient les météorologues se déroule désormais sous nos yeux.

Troisième signe : le pic n’est pas encore là. Selon la dernière projection CanSIPS citée par la source, l’anomalie devrait dépasser +4,1 °C courant décembre. Elle retomberait ensuite vers un état neutre, voire une La Niña relative, d’ici juillet.

Pour situer : le record précédent était à +2,5 °C. Le futur sommet le dépasserait de plus de 1,6 °C. C’est ce que signifie « super » El Niño.

Quatrième signe, le plus contre-intuitif : l’Atlantique nord a connu sa saison des ouragans la plus faible depuis 40 ans. Un seul phénomène cyclonique a atteint le stade d’ouragan, Isaias. Seules trois semaines sur cinq mois ont été réellement actives.

El Niño n’aggrave donc pas tout. Il diminue la probabilité et la force de certains phénomènes, tout en démultipliant d’autres. La saison prend officiellement fin le 30 novembre, mais des tempêtes tardives restent possibles.

Reste une question : le réchauffement climatique joue-t-il un rôle ? Selon Futura-sciences, il a pu aggraver sécheresses et inondations. Seules des études d’attribution, événement par événement, permettront de savoir quel facteur a pesé le plus.

Ce qui nous attend jusqu’à l’été 2027

Le pic d’intensité n’a pas encore eu lieu. Il pourrait donc réserver de nouvelles surprises dans les prochaines semaines. Les conséquences devraient, elles, se prolonger jusqu’à l’été 2027.

Et chez nous ? Le sujet s’invite sur l’hiver. Selon la source, tout le monde a les yeux rivés sur El Niño, alors que d’autres cycles pèsent aussi. On l’explique dans cet article sur les deux phénomènes océaniques qui peuvent changer l’hiver.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène inquiète. Il faut aussi surveiller ses effets sur les ressources : la production mondiale de café est déjà citée parmi les menaces climatiques à long terme.

À surveiller dans les semaines qui viennent : les relevés de décembre, les nouvelles inondations en Amérique du Sud, la mousson, les incendies indonésiens et les derniers jours de la saison des ouragans. Chaque nouvelle mesure dira si le sommet est atteint.

Le plus important : ce super El Niño n’est pas un événement isolé de plus. Il redessine la météo de plusieurs continents en même temps.

Chaleur record, pluies cent fois supérieures à la normale, sécheresses et ouragans en berne : le Pacifique a pris les commandes de la météo mondiale, et le sommet est attendu en décembre. Mais si vous pensiez que le climat ne vous concernait que de loin, ce « coup » que personne n’a vu venir pourrait vous faire changer d’avis. Et dans un tout autre registre, ce bassin d’Antarctique que personne n’a jamais foulé cache une surprise de taille.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *