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Une bulle d’eau chaude de +4,1 °C se forme dans le Pacifique : aucun relevé n’a jamais rien vu de tel

Publié par Elsa Fanjul le 20 Oct 2026 à 10:51
Immense tache d'eau chaude vue du ciel sur l'océan Pacifique

Au milieu du Pacifique, l’océan se réchauffe à un rythme qui inquiète les scientifiques. Une masse d’eau démesurée grossit de semaine en semaine, et les relevés les plus récents évoquent une anomalie jamais enregistrée depuis le début des mesures modernes. Quel chiffre exact attend-on en décembre, et pourquoi dépasse-t-il tous les précédents ? Réponse un peu plus bas.

Un thermomètre qui s’emballe au cœur du Pacifique tropical

Tout part d’une zone que les climatologues connaissent par cœur : Niño 3.4. C’est la référence pour mesurer El Niño, ce phénomène qui réchauffe la surface du Pacifique tropical.

Or ce thermomètre-là grimpe vite. Selon la source, l’anomalie de température de surface est passée de +1,6 °C en juin à +2,5 °C en août. En deux mois seulement.

Autre signal qui ne trompe pas : août dernier a été le mois d’août le plus chaud jamais enregistré sur Terre. L’océan et l’atmosphère semblent jouer la même partition.

Les organismes météorologiques internationaux évoquent déjà un épisode historique. Et ils ne parlent pas d’un simple dépassement de quelques dixièmes de degré, comme on le verra.

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il faut aussi regarder ce que disent les modèles sur l’été et l’automne, comme l’explique cet article sur le retour d’El Niño dès l’été. Mais d’abord, une question : à quel point ces prévisions sont-elles solides ?

Treize centres, un même constat alarmant

Ce scénario ne repose pas sur un seul modèle isolé. Treize centres nationaux et internationaux croisent leurs données : bouées océaniques, satellites, radiosondages. Tous arrivent à la même conclusion.

Côté américain, la NOAA estime à 83 % la probabilité qu’El Niño atteigne une intensité historique entre octobre et décembre. Elle grimpe à 54 % pour septembre-novembre et redescend à 70 % pour novembre-janvier. Le pic se situe donc bien en fin d’année.

L’Organisation météorologique mondiale prévoit de son côté une moyenne de +3,7 °C sur octobre-décembre. Et elle juge la persistance du phénomène jusqu’en février 2027 proche de 100 %.

Pour situer l’écart, un détail éclaire tout : l’épisode de référence, celui de 2015-2016, avait culminé à +2,6 °C. Les chiffres d’aujourd’hui le dépassent largement. Le climatologue qui s’est dit « officiellement inquiet » n’est pas le seul, comme le montre son alerte sur ces 83 % de chances.

Voici l’information principale : les dernières projections annoncent un pic moyen autour de +4,2 °C au-dessus de la normale en décembre, dans le Pacifique central. C’est plus que tout ce qui a été mesuré depuis le début des relevés en 1950. Les climatologues parlent d’un Super El Niño extrême.

Alors, pourquoi les modèles pourraient-ils être pris de court ?

Bouée océanographique flottant en pleine mer au crépuscule

Des modèles face à une configuration inédite

Pour comprendre le vertige des chercheurs, il suffit de lire le dépassement annoncé du record de 2015. Les modèles climatiques ont été calibrés sur des épisodes passés. Aucun n’a jamais eu à gérer une anomalie de cette taille.

Autrement dit, les prévisions restent des prévisions. Elles reposent sur un consensus solide, mais sur un terrain sans précédent dans les relevés modernes.

Autre point crucial : la dynamique est en cours. Cet épisode devrait encore s’intensifier dans les prochaines semaines, et un événement fort à très fort reste probable jusqu’à janvier-mars 2027.

La clé, c’est donc le calendrier. La prochaine mise à jour officielle du phénomène ENSO est attendue le 12 novembre. Elle devra confirmer ou affiner ces projections.

C’est ce rendez-vous qui dira si le chiffre de +4,2 °C tient la route ou s’il est révisé. Et c’est lui que suivent de près l’OMM et la NOAA.

Reste la question qui concerne tout le monde : que provoque une telle bulle d’eau chaude loin du Pacifique ?

Ce que ça change, du Pacifique jusqu’à chez nous

L’eau chaude accumulée agit comme un moteur qui dérègle la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire. Des précipitations excédentaires menacent la Corne de l’Afrique, l’Asie centrale et la Californie, avec des risques d’inondations.

À l’inverse, un déficit pluviométrique sévère guette le sous-continent indien, le sud de l’Amérique centrale et les Caraïbes. La sécheresse pourrait y durer.

Et la France ? Météo-France se veut rassurante : l’influence d’El Niño, statistiquement plus marquée en hiver, reste nettement plus faible que l’impact moyen du changement climatique sur notre territoire. Ce n’est donc pas lui qui décidera de la douceur ou du froid, mais la dynamique de fond, déjà à l’œuvre depuis plusieurs années. Pour les curieux de neige, le cas du Noël blanc avec El Niño montre ce que le phénomène ne garantit pas.

Sur le plan de la chaleur mondiale, la suite se joue aussi dans l’océan, déjà sous tension, comme le détaille cet océan dont 80 % de la surface est déjà trop chaud. Sécheresses, inondations, chaleurs extrêmes : les signaux concernent des millions de personnes sur plusieurs continents.

Le meilleur réflexe reste de suivre les publications de l’OMM et de la NOAA, surtout celle de mi-novembre.

Une bulle de +4 °C, un record vieux de 1950 qui vacille : le Pacifique écrit peut-être une page inédite. Et si la météo de l’hiver vous intrigue, ce que Godzilla pourrait faire au vortex polaire a de quoi surprendre. Quant à l’automne, ces pluies de plus de 230 mm dans l’Hérault racontent un tout autre scénario.

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