« J’ai vendu de la came, j’ai dormi dans ma bagnole » : le passé que Corinne Masiero n’a jamais caché
Vendredi 2 octobre 2026, France 2 rediffuse dès 21 h 10 l’épisode L’Ami français de Capitaine Marleau. Corinne Masiero y tient le rôle principal, comme toujours. Mais derrière la gouaille de l’actrice, il y a un parcours que peu de stars osent raconter aussi crûment. Et la liste de ses anciens métiers, elle l’a elle-même dressée, sans rien arrondir.

Cannes, un palace et des bijoux achetés chez Tati : le jour où Corinne Masiero a dit tout haut ce que les autres pensent tout bas
Reprenons depuis le début. La rediffusion de vendredi soir est l’occasion de se replonger dans le parcours de cette comédienne devenue très populaire auprès du grand public. Car avant le succès et la télévision, elle a vécu bien des vies.
Pour comprendre, il faut remonter à une interview accordée à nos confrères de Télérama. Corinne Masiero y parlait de sa présence au festival de Cannes, à l’occasion de la sortie du film De rouille et d’os de Jacques Audiard. Et l’ambiance n’avait rien d’un tapis rouge guindé.
Selon Télérama, elle avait lâché, hilare : « Cannes, t’imagines ! Le festival avec le palace, le mec qui attend pour te maquiller les yeux ! Mettre une robe du soir, ça va pas la tête ! » Puis elle expliquait être allée, avec des copains, acheter des bijoux chez Tati. Le décor est planté : pas de chichis.
Ce franc-parler n’est pas une posture de façade. D’autres de ses confidences, bien plus lourdes, ont été racontées ailleurs : ces souvenirs que « le cerveau fait oublier » montrent à quel point elle ne triche pas avec son histoire.
Mais dans cette interview cannoise, c’est un autre passage qui avait marqué. Celui où elle dressait, d’un seul souffle, l’inventaire de tout ce qu’elle avait fait avant de monter sur un plateau. Et là, ça devient franchement surprenant.
Bistrot, ménage, nounou : la drôle de liste que l’actrice de 48 ans alignait sans ciller
À l’époque de l’entretien, la comédienne affirmait avoir 48 ans. Elle en a aujourd’hui 62, et elle vit désormais dans un cadre bien différent : en maison communautaire avec sept autres adultes dans le Pas-de-Calais. Un mode de vie qui dit déjà beaucoup d’elle.
Dans Télérama, elle ne cherchait pas à enjoliver. Au contraire. Elle remettait les choses à plat, presque en riant, face à un journaliste qui l’interrogeait sur la gloire naissante.
Elle déroulait donc son CV, version brute. D’abord, elle disait avoir tenu un bistrot. Puis avoir été femme de ménage. Elle ajoutait avoir gardé des gosses.
Le registre change ensuite. Toujours selon Télérama, elle affirmait aussi avoir « vendu de la came », avant d’évoquer une autre période de survie, plus dure encore. Elle ajoutait cette phrase : « Comme Louise, j’ai dormi dans ma bagnole. »
Ce « Louise » renvoie au film dont elle parlait, De rouille et d’os, et à son personnage. Elle faisait le parallèle sans pathos, avec cette façon bien à elle de mélanger tendresse et rudesse.
Pas de plainte, pas de violons. Juste un constat posé sur la table, comme on pose un café. Et une conclusion qui, elle, vaut tous les discours sur le monde du cinéma.
Car après cette liste, elle lançait une question qui tape fort : comment voulez-vous que je sois impressionnée ? Et la suite de sa phrase est sans appel.

« Des gens qui te font des courbettes un jour et t’oublient le lendemain » : et c’est sur un plateau de théâtre que tout a basculé
Écoutons la phrase en entier, car elle résume la philosophie de Corinne Masiero. « Alors oui, je me pince tous les jours de faire du cinoche, mais comment veux-tu que je sois impressionnée par des gens qui te font des courbettes un jour et t’oublient le lendemain ? » Le milieu du cinéma est prévenu.
Cette lucidité, elle la doit à une trajectoire loin d’être linéaire. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à connaître les fins de mois compliquées dans ce métier : révélée dans HPI sur TF1, une comédienne n’a plus aucun revenu, et sa cagnotte a explosé en 72 heures.
Alors comment est-elle devenue actrice ? Attirée par le théâtre depuis l’enfance, elle ne s’y est tournée que sur le tard. Et par le plus pur des hasards.
Elle l’a raconté à Télérama : des potes qui faisaient du théâtre à Douai lui avaient demandé un coup de main pour porter du matériel. Elle n’était là que pour la logistique.
La metteuse en scène organisait des trainings physiques. Corinne Masiero, elle, « poireautait dans son coin ». C’est alors que la metteuse en scène l’a fait monter sur le plateau avec les autres, pour improviser des gestes.
Le déclic a été immédiat. « Dès que j’ai traversé la scène, j’ai compris que c’était ma maison : plus question de redescendre ! » Voilà le payoff : la femme qui portait des caisses est devenue, ce soir-là, comédienne pour de bon.
Ce n’était pas un casting, ni une école, ni un agent. Juste un plateau, des copains et une traversée de scène. Mais cette histoire a une suite, bien ancrée dans le Nord.
Roubaix, théâtre de rue et « culture de vitrine » : ce que cette ancienne vie dit de la Corinne Masiero d’aujourd’hui
Car la comédienne n’a jamais coupé les ponts avec ses racines. Dans l’entretien, elle expliquait que son compagnon dirige une compagnie de théâtre de rue à Roubaix. Et qu’elle y retourne jouer dès qu’elle a un moment.
Pour elle, c’est une question de survie artistique. Ce genre de « décharge d’adrénaline », disait-elle, permet de se souvenir pourquoi on est comédienne. Et c’est « un moyen formidable de véhiculer la culture ».
Son message était clair : il faut aider les petites compagnies sur le terrain, « au lieu de filer de la thune à de la culture de vitrine ». Une phrase qui n’a pas pris une ride, et qui reste son credo.
Elle ajoutait une anecdote savoureuse. Si par hasard on se prend pour une actrice « géniaaaale » en sortant d’une interview dans un palace parisien, il suffit de prendre le métro à Roubaix : « ça te calme direct ». L’humilité, version ligne de métro.
Aujourd’hui, la comédienne a acheté une ancienne bâtisse à rénover près de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Elle continue de s’éclater devant les caméras comme sur les planches.
Son franc-parler ne s’arrête pas à la scène. Elle s’est d’ailleurs récemment exprimée sur l’affaire Patrick Bruel, preuve qu’elle n’a pas l’habitude de se taire.
Son parcours rappelle aussi qu’on peut changer de vie, parfois radicalement. C’est le cas d’un ex-enfant star devenu huissier, dans un métier que 3 718 Français seulement pratiquent.
Vendredi soir, quand elle apparaîtra dans Capitaine Marleau, vous saurez que la comédienne a été serveuse de bistrot, nounou et femme de ménage avant d’être célèbre. Et qu’elle a pris soin de le dire elle-même.
Corinne Masiero n’a pas bâti sa popularité en cachant ses galères, mais en les posant sur la table. Et si vous aimez les récits où l’on ne triche pas, la vérité sur un soir de décembre que Sylvie Tellier n’a jamais digéré vous touchera sûrement. Et du côté des héritages, ce que cache un papier signé à Genève a de quoi relancer bien des questions.