Hugues Aufray, 97 ans : ses rituels pour rester sur scène quand tout le monde s’arrête
À 97 ans, la plupart des gens ont rangé leurs projets depuis longtemps. Lui, il range sa guitare… dans son étui de tournée. Hugues Aufray fait partie de ces artistes qu’on croit connaître par cœur, et qui pourtant continuent de nous surprendre.

Alors, comment fait-il ? Quels sont les petits gestes, les habitudes, l’état d’esprit qui lui permettent de tenir la scène quand d’autres tirent le rideau ? On a rassemblé ce qu’il a confié au fil du temps. Et il y a un côté tendre là-dedans, croyez-nous.
Un chanteur qui n’a jamais voulu raccrocher
Chez Hugues Aufray, le mot « retraite » ne fait pas partie du vocabulaire. Il l’a répété à plusieurs reprises : chanter, ce n’est pas un métier qu’on quitte, c’est ce qui le tient debout. Un lien qu’on retrouve dans l’histoire de sa remontée sur scène, à quelques jours de ses 97 ans.
Pour lui, la scène n’est pas une corvée. C’est un rendez-vous. Celui où il retrouve un public qui le suit depuis des décennies, et où il se sent simplement à sa place.
Ce goût-là, aucun médecin ne peut le prescrire. Mais il est peut-être le premier de ses secrets. Et il n’est pas seul.
Les trois habitudes qui font la différence

Parlons concret. Hugues Aufray ne cache pas que son hygiène de vie compte. Il a livré, au fil de ses interviews, quelques principes très simples, que l’on retrouve aussi dans le détail de ces habitudes derrière sa vitalité.
Pas de recette miracle, pas de régime à la mode. Plutôt une façon de vivre régulière, sobre, où chaque journée garde un rythme. Le corps aime les repères, et lui l’a visiblement compris depuis longtemps.
Ce qui frappe, c’est le contraste avec les promesses de longévité qu’on voit partout. Ici, rien de spectaculaire. Juste de la constance, jour après jour. Et c’est précisément ce qui rend la chose crédible.
La discipline, ce mot qu’on n’ose plus dire
Monter sur scène à son âge, ça ne s’improvise pas. Hugues Aufray assume une vraie discipline : travailler sa voix, préparer ses concerts, ne pas se laisser aller. Un cadre qu’il s’impose, sans jamais en faire un drame.
Chanter, c’est aussi un entraînement. La respiration, la mémoire des paroles, la présence sur scène : tout cela se cultive. Et à 97 ans, chaque détail compte encore plus qu’avant.
On pourrait y voir de la rigidité. C’est tout l’inverse. Cette discipline, c’est ce qui lui laisse la liberté de continuer. Reste un détail, plus fragile, que personne ne maîtrise.
Quand la voix demande une pause
Même les plus coriaces ont leurs jours sans. Récemment, le chanteur a dû repousser son concert à Bressuire, dans les Deux-Sèvres, prévu un vendredi soir. La raison : un souci de santé, une laryngite, qui l’a empêché de monter sur scène à la date prévue.
Rien de dramatique, rassurez-vous : le concert est simplement reporté. Mais l’épisode rappelle une chose. À cet âge, on écoute son corps, on ne force pas, et on revient quand la voix est prête.
C’est d’ailleurs peut-être ça, le vrai rituel. Savoir s’arrêter une soirée pour mieux repartir. Et ceux qui suivent le chanteur de près le savent : ce n’est pas la première fois que des rumeurs s’emballent à son sujet.
Les rumeurs, il en rit (parfois il s’en agace)

À chaque annonce de santé, le même scénario : les rumeurs galopent plus vite que les faits. Hugues Aufray en a fait les frais, au point de répondre sans détour. On se souvient de sa réaction très vive face aux rumeurs sur sa mort.
Lui préfère répondre par l’action : un message à ses fans, une montée sur scène, une présence. C’est d’ailleurs ce qu’il avait fait en répondant directement aux inquiétudes au moment de ses 97 ans.
Cette façon de rester droit, sans dramatiser, fait partie du personnage. Et elle nous raconte un dernier ingrédient, le plus précieux de tous.
Le dernier ingrédient : l’envie
Si on devait résumer, ce ne sont ni les horaires de sommeil, ni l’assiette, ni même la discipline qui font tout. C’est l’envie. Celle de se lever le matin avec un projet, une chanson à reprendre, un public à retrouver.
À 97 ans, Hugues Aufray nous dit à sa manière qu’on n’a pas d’âge pour aimer ce qu’on fait. Et que la passion, quand elle est vraie, tient mieux que n’importe quel secret de jeunesse.
Son concert de Bressuire reviendra, la voix aussi. En attendant, on garde cette leçon toute simple : durer, c’est continuer à y croire. Et si vous voulez voir ce que cet entourage vivait de plus près, il y a aussi l’histoire de ses filles à l’Élysée, plus touchante qu’on ne l’imagine.