« Il pouvait être horrible » : Sophie Marceau se confie sur Żuławski, 17 ans d’emprise et de jalousie
Sophie Marceau publie le 29 octobre Warszawa, son troisième livre. C’est une longue lettre adressée à Andrzej Żuławski, le père de son fils Vincent, mort en 2016. Elle y évoque l’amour, le travail et aussi l’emprise, avec une phrase brute qui résume tout. Reste à comprendre ce qu’elle ressent vraiment aujourd’hui, après près de 17 ans de vie commune.

Warszawa : la lettre posthume que Sophie Marceau écrit à Żuławski
À 59 ans, Sophie Marceau n’a plus rien à prouver. Pourtant, elle s’apprête à rouvrir l’un des chapitres les plus commentés de sa vie privée. Le 29 octobre paraît Warszawa, aux éditions Seghers.
Le texte prend la forme d’une adresse à Andrzej Żuławski, réalisateur polonais mort à 75 ans des suites d’un cancer. C’est aussi le père de son fils Vincent. Ce livre qui sort le 29 octobre est donc un récit posthume : on y parle à quelqu’un qui ne peut plus répondre.
Tout commence à Cannes, en 1981. Ils se mettent en couple en 1984, malgré environ 25 ans d’écart, et vivent entre la France et la Pologne. Vincent naît en 1995, puis le couple se sépare en 2001.
Sur fond de tournages, dont L’Amour braque et Mes nuits sont plus belles que vos jours, l’actrice raconte comment l’amour, le travail et l’emprise se sont entremêlés. Difficile, dans ce récit, de dire où s’arrête le cinéaste et où commence le compagnon.
Mais pourquoi une jeune comédienne, qui avait quitté l’école très tôt, a-t-elle lié sa vie à un homme aussi marquant ? Sa réponse est loin d’être celle que l’on attend.
« Une libération extraordinaire » : ce que Żuławski lui a offert, avant le revers
Pour Sophie Marceau, cette rencontre a d’abord eu le goût d’une évasion. Elle parle d’« une libération extraordinaire ». Une jeune femme qui avait arrêté l’école trop tôt découvre un homme qui lui ouvre grand les portes de la pensée.
Elle le dit avec reconnaissance : « Il m’a offert un socle, une maison, une famille, une stabilité, mais aussi une éducation. » Puis elle précise : « Il m’a ouvert l’esprit, fait découvrir l’humain dans tout ce qu’il a de plus intelligent, original, concerné. Il m’a appris à penser, à échanger. »
Ces mots-là, on ne les attendait peut-être pas dans la bouche d’une femme qui évoque ensuite l’emprise. C’est pourtant ce qui rend le livre troublant : il refuse la case simple. Ce n’est pas la première fois que l’actrice se livre ainsi, puisqu’elle avait déjà fait des révélations sur l’intimité avec les hommes.
Selon Voici, qui rapporte ses propos, la relation ne se résume pourtant pas à un conte initiatique. Le décor change dès qu’elle ouvre la porte des coulisses.
Elle raconte l’emprise, la jalousie, l’isolement dans lesquels elle a parfois vécu aux côtés du cinéaste. Trois mots lourds, posés sans détour, comme on énonce des faits que l’on a longtemps portés.
Puis vient la phrase qui fait le titre de toutes les reprises : « Il a été très dur, il pouvait être horrible. » Elle ajoute avoir été « toujours consciente » de cette influence. Elle n’en parle donc pas comme d’un piège dont elle se serait réveillée trop tard.
Mais alors, comment peut-on dire cela et, dans le même souffle, parler de gratitude ? C’est là que le livre bascule.

« J’ai dix mille raisons de lui en vouloir » : l’aveu qui change tout le récit
Autour de Sophie Marceau, les confidences ne datent pas d’hier : un célèbre ex a lui aussi brisé le silence sur un secret gardé depuis La Boum 2. Mais ici, la parole vient d’elle seule, et elle surprend par sa nuance.
« J’ai dix mille raisons de lui en vouloir. Mais il m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui », confie-t-elle. La colère et la dette cohabitent dans la même phrase, sans que l’une efface l’autre.
Elle ajoute : « Tout n’est pas noir ou blanc. Parfois, j’en ai bavé, mais c’était tellement plus intéressant que ce qu’on me proposait par ailleurs. » Puis la phrase la plus désarmante : « Je suis en paix. »
Elle va plus loin : « De notre histoire, je tire une conclusion positive, lui était devenu amer. » Entre gratitude et blessures, elle revendique un regard apaisé sur une histoire qui a aussi construit sa carrière.
Reste un détail qui en dit long. Żuławski l’a dépeinte durement dans L’Infidélité, paru en 2003. Elle sait ce portrait peu flatteur, et elle n’a jamais voulu lire ce livre.
Autrement dit, pour écrire Warszawa, elle a choisi de dire sa version sans aller chercher la sienne dans celle de l’autre. Mais il y a quelqu’un qui, lui, lira forcément le texte.
Vincent, le premier lecteur qui l’inquiète
Au cœur du livre, il y a Vincent Żuławski, né en 1995. Il partage avec sa mère une passion pour les livres. « Vincent et moi lisons beaucoup, donc on parle souvent de littérature », explique-t-elle, selon Voici.
Elle ajoute : « C’est quelqu’un en qui j’ai confiance, c’est pour ça que j’ai un peu la trouille de lui donner. » Pas de pose de star ici, juste l’aveu d’une mère qui hésite.
Elle ne l’a d’ailleurs pas associé à l’écriture de cet ouvrage consacré à son père. Un choix qui a des conséquences concrètes. À l’approche de la publication, cette mise à nu a créé un léger recul entre eux.
« Maintenant que ce livre est prêt, je crois qu’il a peur lui aussi. Donc il a mis une petite distance que je comprends très bien et que je respecte », explique l’actrice. Le ton est calme, presque tendre.
Car en revisitant sa vie avec Żuławski, elle touche forcément à l’histoire de leur fils, devenu adulte et lecteur attentif de ce qu’elle choisit de dévoiler. Ce genre de dilemme, d’autres héritiers de grands noms le connaissent bien : David Hallyday a fini par faire un choix après des années de silence.
La sortie du 29 octobre dira comment Vincent accueille ces pages. Et sur le terrain des sentiments, d’autres voix de sa génération se confient aussi, comme Michèle Bernier et ses confidences poignantes sur l’amour.
Ce qu’il faut surveiller ensuite : les premières réactions au livre, et surtout le silence ou la parole de celui à qui il est, en partie, destiné.
Avec Warszawa, Sophie Marceau n’a pas écrit un règlement de comptes : elle a écrit une paix armée, entre dix mille raisons d’en vouloir et une seule de remercier. Reste à voir si cette lettre arrivera enfin à destination.
Et si les histoires de passions plus douces vous attirent, la passion secrète qui comptait plus que le cinéma pour Louis de Funès pourrait vous surprendre. Quant au samedi soir d’avant, ce rituel du cinéma de quartier a totalement disparu de France : vous saurez pourquoi.