Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Politique

Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko est visé par une enquête pour détournements de fonds publics

Publié par Elodie le 24 Août 2026 à 17:32

Un maire, deux emplois, et une question qui dérange : comment concilier une mairie et un poste à temps plein à la RATP ? C’est exactement ce que le Parquet national financier veut savoir sur Bally Bagayoko, édile LFI de Saint-Denis. Une enquête préliminaire vient d’être ouverte, et elle pourrait bien révéler un système bien plus large qu’il n’y paraît.

Saint-Denis : Bally Bagayoko rend les fournitures scolaires gratuites pour tous les écoliers dès 2026

Un article du Canard Enchaîné qui déclenche tout

Tout part d’une enquête journalistique. Le Canard Enchaîné évoque un cumul troublant : Bally Bagayoko occuperait un poste à temps plein à la RATP, tout en exerçant en parallèle ses fonctions de maire de Saint-Denis. Deux jobs, un seul agenda, et forcément des questions sur la réalité du temps de travail effectivement fourni à la régie de transports.

L’affaire ne s’arrête pas là. L’association AC!! Anti-corruption, habituée à traquer ce genre de dossiers, dépose plainte dans la foulée. Le Parquet national financier ne tarde pas à réagir : le lundi 24 août, il annonce officiellement l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Le communiqué du PNF est limpide sur l’objectif : « procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d’emploi » du maire à la RATP. Une formule prudente, mais qui ouvre la porte à des investigations bien plus poussées, notamment autour du chef d’accusation retenu : le détournement de fonds publics. Ce type de dossier s’inscrit dans un climat politique déjà tendu, où les polémiques autour de LFI s’accumulent depuis plusieurs mois.

Ce que l’enquête va vraiment chercher à établir

Concrètement, que va vérifier le PNF ? La question centrale porte sur la réalité de l’emploi de Bally Bagayoko à la RATP. Était-il vraiment présent à son poste comme le prévoit un contrat à temps plein ? Ou son salaire a-t-il été versé alors qu’il consacrait l’essentiel de son énergie à sa fonction élective ?

Si les vérifications confirment un décalage entre le contrat signé et le travail réellement fourni, la qualification de détournement de fonds publics pourrait prendre tout son sens. La RATP est une entreprise publique : chaque euro de salaire versé sans contrepartie réelle de travail constitue, en théorie, un préjudice pour la collectivité.

Ce genre d’affaire n’est pas isolé dans le paysage politique actuel. Les enquêtes visant des élus, toutes tendances confondues, se multiplient, alimentant une défiance croissante envers la classe politique.

On se souvient par exemple du dossier suivi de près par le parquet ces derniers mois, preuve que ces institutions judiciaires spécialisées ne chôment pas. Le PNF, justement, s’est fait une spécialité de ces dossiers sensibles impliquant des personnalités publiques, qu’elles soient issues du monde politique ou économique.

Le silence de LFI face à une affaire qui tombe mal

Pour l’instant, ni Bally Bagayoko ni le mouvement La France insoumise n’ont réagi publiquement à l’ouverture de cette enquête. Un silence qui interroge, dans un contexte où le parti fait déjà face à une accumulation de controverses. Entre les polémiques sur les propos de certains élus insoumis et les tensions internes qui minent la stratégie politique à l’approche de 2027, ce dossier judiciaire tombe au pire moment.

L’enquête préliminaire, faut-il le rappeler, ne signifie pas condamnation. C’est une étape d’investigation qui permet au parquet de rassembler des éléments avant de décider, ou non, d’un renvoi devant un tribunal. Mais le simple fait qu’un maire LFI soit visé par le PNF, institution qui traite habituellement des affaires financières d’envergure nationale, donne une tout autre dimension à ce dossier local.

Reste une question de fond : combien d’élus locaux occupent, en parallèle de leur mandat, un poste rémunéré dont l’exercice réel échappe à tout contrôle ? Ce cas dionysien pourrait bien n’être que la partie visible d’une pratique plus répandue qu’on ne l’imagine, dans une France où le cumul des fonctions reste un angle mort de la transparence publique.

Une enquête qui commence à peine, mais qui pourrait redéfinir la frontière entre engagement politique et rigueur salariale. Saint-Denis regarde, la RATP observe, et le PNF, lui, avance méthodiquement. La suite se jouera dans les prochains mois, entre auditions et vérifications documentaires. À vous de suivre ce dossier : il pourrait bien faire jurisprudence.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *