Dissolution avant 2027 : l’Élysée « dément clairement » mais Macron a de nouveau le droit de le faire
La rumeur enflait depuis plusieurs jours : Emmanuel Macron envisagerait-il une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale avant la présidentielle de 2027 ? Ce samedi 20 juin, l’Élysée a répondu sèchement. Mais derrière le démenti, un détail constitutionnel relance le débat.

Pourquoi la rumeur d’une dissolution a refait surface en juin 2026
Il faut remonter au 9 juin 2024 pour comprendre. Ce soir-là, quelques minutes après les résultats des élections européennes, Emmanuel Macron dissolvait l’Assemblée nationale. Une décision qui avait pris tout le monde de court, y compris son propre entourage.
Le résultat ? Pas la clarification espérée, mais une instabilité politique inédite sous la Ve République. Depuis, le palais Bourbon fonctionne sans majorité, divisé en trois blocs : le camp présidentiel allié à la droite, la gauche et les écologistes, et l’extrême droite.
Lors de ses vœux du Nouvel An 2025, le président avait d’ailleurs reconnu s’être trompé. Il avait admis que cette dissolution avait amené « davantage de divisions à l’Assemblée que de solutions pour les Français ». Un aveu rare, qui n’a pas suffi à éteindre les spéculations.
Car depuis quelques semaines, dans les couloirs de l’Assemblée comme dans les rédactions, la question revient : et s’il recommençait ? L’approche de la présidentielle 2027 alimente toutes les hypothèses.
L’Élysée coupe court : « Il n’en a jamais été question »
La réponse est tombée ce samedi 20 juin 2026, relayée par BFMTV. L’entourage du président « dément clairement » toute hypothèse de dissolution avant l’élection présidentielle. La formule est sans ambiguïté : il n’en a « jamais été question ».
Un démenti aussi ferme n’est pas anodin. Il montre que la rumeur avait pris suffisamment d’ampleur pour nécessiter une réaction officielle. En politique, on ne dément pas ce que personne ne croit.
Macron lui-même garde probablement en mémoire l’échec cuisant de juin 2024. Dissoudre à nouveau, ce serait prendre le risque de voir un camp adverse rafler la mise à quelques mois de la fin de son mandat. Un pari que même le plus audacieux des joueurs politiques hésiterait à tenter deux fois.
D’autant que le contexte actuel est bien différent. La France traverse une période où les fractures économiques et sociales occupent davantage les esprits que les manœuvres institutionnelles. Relancer un scrutin législatif dans ce climat reviendrait à jeter de l’huile sur le feu.

Pourtant, la Constitution lui en donne le droit depuis juin 2025
L’opposition ne manque pas de le rappeler : juridiquement, rien n’interdit une seconde dissolution. L’article 12 de la Constitution prévoit simplement un délai d’un an entre deux dissolutions. Or ce verrou a sauté en juin 2025.
Autrement dit, depuis plus d’un an maintenant, Emmanuel Macron dispose de nouveau de cette arme constitutionnelle. C’est précisément ce décalage entre le droit et le discours qui nourrit la suspicion. L’Élysée dit « jamais », mais la Constitution dit « quand vous voulez ».
Reste une réalité politique difficile à ignorer. Avec une Assemblée morcelée en trois blocs, aucun sondage ne laisse entrevoir l’émergence d’une majorité claire en cas de nouvelles législatives. Le chef de l’État sait que dissoudre sans certitude de victoire, c’est offrir les clés du pouvoir législatif à ses adversaires.
Et puis il y a le facteur calendrier. À moins de deux ans de la présidentielle, toute manœuvre institutionnelle serait immédiatement lue comme une tentative de rebattre les cartes en faveur du camp macroniste. Un risque d’image considérable pour un président dont la cote de confiance ne lui laisse aucune marge d’erreur.
Le démenti est clair, le droit est ouvert, et la sagesse politique penche vers l’immobilisme. Trois ingrédients qui, mélangés, donnent exactement le type de feuilleton dont la vie politique française raffole.
Mais si 2024 nous a appris une chose, c’est que les certitudes autour de l’Élysée ont la durée de vie d’un tweet. Et vous, vous y croyez vraiment, au « jamais » ?