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Dissolution de l’Assemblée nationale : Ce qu’on prévu Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron

Publié par Fanny Jacob le 13 Jan 2026 à 6:03

Concernant la question du Mercosur et le vote du projet de loi des finances, plusieurs groupes politiques pourraient déposer une motion de censure. Dans ce cadre, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu auraient eu une petite discussion sur l’avenir de l’Assemblée nationale.

sebastien lecornu @afp
sebastien lecornu @afp

Emmanuel Macron : une politique de plus en plus instable ?

En France, de nombreux citoyens s’inquiètent de la tournure que prend la politique du pays ces dernières années. En presque neuf ans en tant que président (élu en 2017 et en 2022), Emmanuel Macron a quand même eu sept premiers ministres.

Nous avons eu Edouard Philippe, Jean Castex, Elisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier, François Bayrou, puis Sébastien Lecornu. Ce dernier avait d’ailleurs tenté de démissionner, mais il a finalement été renommé à sa propre succession par le président.

Entre remaniements de gouvernement, renversements, motions de censure et démissions, c’est presque devenu un running gag pour certains Français, jugeant la politique française actuelle comme instable, et même parfois absurde.

La suite après cette vidéo
photo macron @afp
photo macron @afp

Un président centriste qui peine à convaincre la droite ou la gauche

Il faut dire qu’Emmanuel Macron est un cas très spécial. Ce dernier a formé son propre parti politique, un vent d’air frais pour les votants à l’élection présidentielle de 2017. Il a alors gagné face à Marine Le Pen, en 2017 puis en 2022.

Avec son nouveau parti centriste, il opère une cassure avec les traditionnels vainqueurs des élections présidentielles : les partis Socialiste et Républicain. Sauf que cette cassure ne fut pas sans conséquences.

Auparavant, les gouvernements Socialistes pouvaient avoir l’appui des autres partis de la gauche lors des votes de leurs lois, tandis que les gouvernements Républicains pouvaient avoir l’appui des autres partis de droite lors des votes des députés à l’Assemblée nationale.

assemblee nationale @afp
assemblee nationale @afp

Un président à bout de souffle et des gouvernements renversés

Mais, Emmanuel Macron peine à convaincre, que ce soit à droite comme à gauche. Alors, au fil du temps, il a eu du mal à faire voter les lois proposées par son gouvernement, et notamment les projets de loi des finances visant à réduire la dette nationale du pays.

Ainsi, son gouvernement a souvent été obligé d’utiliser le 49.3 pour faire passer leurs lois en force, sans vote. Entre 49.3, adoption de la réforme des retraites en force, les Gilets jaunes, les diverses manifestations… Emmanuel Macron a perdu en popularité.

Désormais, il est passé sous la barre des 30 % de satisfaction. Une satisfaction qui a beaucoup baissé depuis qu’il a prononcé la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024.

emmanuel macron @afp
emmanuel macron @afp

Une dissolution de l’Assemblée nationale qui a encore plus divisé l’hémicycle

En 2024, après la victoire du Rassemblement National (RN) aux élections européennes et après de multiples discordes pour faire voter les lois de ses gouvernements, Emmanuel Macron a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale.

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Un choix qui lui a fait perdre beaucoup d’alliés. Mais pas seulement. Le parti d’Emmanuel Macron, Renaissance, a également perdu sa majorité à l’Assemblée. La situation est donc devenue pire pour ses gouvernements qu’avant la dissolution.

Cette dissolution a obligé les Français à voter pour de nouveaux députés. Cette dissolution a alors donné lieu à une nouvelle Assemblée, bien plus hétérogène. Désormais, l’Assemblée est divisée en trois gros blocs sans majorité claire (même si la gauche est plus nombreuse) : gauche, centre et droite.

nouvelle assemblee nationale 2024 @afp
nouvelle assemblee nationale 2024 @afp

Une nouvelle dissolution à cause du Mercosur ?

Une Assemblée qui a récemment voté pour la taxe sur les petits colis, mais qui a souvent eu des désaccords. Des désaccords, notamment à cause des budgets annuels. C’est comme cela, par exemple, que le gouvernement de Michel Barnier a été renversé.

Sauf que, les votes ne sont pas finis. Actuellement, la question de Mercosur va être débattue et nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle motion de censure qui, si elle est votée favorablement, donnera lieu à un nouveau renversement du gouvernement.

Le renversement du gouvernement de Sébastien Lecornu pourrait également être suivi d’un autre événement : une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. Sachez que cela fait plus d’un an que la dissolution de 2024 a donc été prononcée.

macron @afp
macron @afp

Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu auraient parlé d’une nouvelle dissolution

Cela veut dire qu’Emmanuel Macron peut légalement en prononcer une nouvelle dès maintenant s’il le voulait. Donc, non seulement le gouvernement de Sébastien Lecornu est actuellement en danger si une censure est déposée, mais l’Assemblée aussi.

En effet, selon Le Parisien, « en cas de censure du gouvernement Lecornu, le Premier ministre et le président sont convenus d’une dissolution de l’Assemblée nationale dans la foulée« . D’après le média, ce vendredi 9 janvier 2025, le RN et la France Insoumise (LFI) auraient menacé de censure.

Une censure qui pourrait donc intervenir au sujet du dossier de l’accord de libre-échange avec l’Amérique latine, donc sur la question du Mercosur. Ce 17 janvier prochain, l’accord commercial entre l’Union européenne et quatre pays d’Amérique latine (Mercosur) devrait être signé.

photo lecornu @afp
photo lecornu @afp

Cela faisait vingt années de négociations. Mais, cela devrait donc prendre fin dans quelques jours. Toutefois, la signature de ce traité fait débat, ce qui a notamment engendré une forte colère du côté des agriculteurs.

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Et, en France, la signature de ce traité fait débat du côté des oppositions politiques. Dans ce cadre, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu auraient discuté de la situation. Comme beaucoup de députés sont contre l’accord, il se peut que le gouvernement fasse face à une motion de censure.

Alors, d’après Le Parisien, le président et le Premier ministre auraient discuté ensemble et auraient déjà préparé leur plan si une motion de censure était déposée et que le gouvernement venait à être renversé.

assemblee @afp
assemblee @afp

De nouvelles élections législatives en approche ? Des dates révélées

« Le Premier ministre et le président ont échangé afin d’imaginer la réplique politique à une éventuelle censure du gouvernement Lecornu II, que ce soit la semaine prochaine sur le Mercosur ou prochainement sur le projet de loi de finances (PLF) », lit-on dans le média.

Selon le média, si une motion de censure est votée et que le gouvernement est renversé, il se pourrait donc qu’Emmanuel Macron en vienne à dissoudre de nouveau l’Assemblée nationale. D’ailleurs, Le Parisien explique que le Premier ministre aurait déjà anticipé des élections législatives.

« Sébastien Lecornu a donné instruction à son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de préparer les modalités d’éventuelles élections législatives. Ainsi, les deux tours de ce scrutin anticipé auraient lieu en même temps que les municipales, soit les 15 et 22 mars prochains« , peut-on apprendre.

assemblee nationale @canva
assemblee nationale @canva

Puis, après cette information révélée, Sébastien Lecornu serait revenu sur les faits auprès du Parisien, comme l’explique L’Internaute. Apparemment, Sébastien Lecornu aurait assuré, ce 10 janvier, qu’il ne voulait « ni de la censure, encore moins de la dissolution« .

Pour lui, il est évident que la meilleure option, c’est qu’il n’y ait pas de motion de censure, tout simplement. « Mon combat, c’est la stabilité et repousser le désordre« , aurait-il déclaré. « La motion de censure enverrait un signal dramatique », aurait-il ajouté.

Un signal dramatique « au moment où on cherche le compromis et un message encore plus dramatique au vu de la situation politique internationale », aurait ajouté le Premier ministre.

lecornu @afp
lecornu @afp

« Une motion de censure vaut motion de dissolution »

Mais, comme le rappellent nos confrères, même Emmanuel Macron aurait déjà déclaré qu’une nouvelle motion de censure pourrait recevoir comme réponse une dissolution. « Une motion de censure vaut motion de dissolution », aurait-il déclaré en octobre 2025.

Toutefois, il parait vraiment étrange qu’Emmanuel Macron ne prononce une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. Mais, ce n’est pas impossible. La dernière fois que le président a prononcé cette dissolution, ce dernier a perdu la majorité à l’Assemblée.

vote assemblee nationale @afp
vote assemblee nationale @afp

Alors que beaucoup d’opposants politiques appellent à sa démission, certains se demandent s’il ne vaut mieux pas qu’il dépose sa démission plutôt qu’il ne prononce à nouveau la dissolution de l’Assemblée nationale. Il pourrait perdre encore des sièges dans l’hémicycle.

Si le président venait à perdre encore des députés Renaissance, il sera encore plus compliqué pour son parti de faire voter les lois proposées par le gouvernement. Irrémédiablement, cela donnera lieu à de nouvelles motions de censure et possiblement à de nouveaux renversements.