À l’ONU, Macron critique Israël sur Gaza, Netanyahu répond par une accusation de mensonge

Cette nuit, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron a haussé le ton. Le président français a dénoncé sans détour la situation à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, devant les représentants du monde entier. Sa sortie n’est pas passée inaperçue : quelques heures plus tard, la réplique venue d’Israël a été d’une violence rare, et elle vise directement sa crédibilité.
Un coup de sang assumé face au monde entier
Au siège des Nations unies, à New York, Emmanuel Macron n’a pas mâché ses mots. Il a qualifié la situation à Gaza de « spectacle qui nous fait honte à tous », une phrase qui a immédiatement fait le tour des rédactions. Le contexte diplomatique est déjà tendu, entre les tensions sur les relations franco-américaines et les critiques récurrentes sur l’inaction internationale.
Le président a aussi pointé la Cisjordanie, affirmant que « chaque jour des violations sont faites » là-bas, « au nom de quoi ? ». Il a ajouté que « le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie », une phrase qui allait devenir le cœur de la polémique. Cette prise de parole intervient dans un climat international où chaque mot pèse, un peu comme lorsque certaines déclarations publiques déclenchent des vagues de réactions disproportionnées.
Reste une question : comment le gouvernement israélien allait-il réagir à une charge aussi frontale, prononcée devant l’instance la plus regardée au monde ?
La réplique cinglante de Netanyahu
La réponse n’a pas tardé. Le bureau de Benjamin Netanyahu, qui doit lui-même s’exprimer jeudi devant l’ONU, a dénoncé des propos « scandaleux ». Le communiqué est sans nuance : « L’absurdité grotesque des propos d’Emmanuel Macron est sidérante », a affirmé le Premier ministre israélien.
Le reproche central porte sur l’affirmation concernant le Hamas en Cisjordanie. Le bureau de Netanyahu rappelle qu’un citoyen français, père de six enfants, a été assassiné dans sa voiture par un terroriste du Hamas en Judée-Samarie, terme utilisé par Israël pour désigner ce territoire. Pour Tel-Aviv, minimiser la présence du mouvement islamiste dans cette zone revient à effacer des faits vérifiables, un peu comme certaines annonces politiques françaises peuvent être contestées sur leur exactitude.
Le ministre des Finances israélien, Bezalel Smotrich, est allé encore plus loin en accusant directement Emmanuel Macron de « mentir ». D’autres responsables israéliens ont enchaîné, dénonçant des propos qu’ils jugent totalement déconnectés de la réalité sécuritaire vécue sur le terrain.

Une brouille qui dépasse le simple échange de mots
Derrière cette passe d’armes, c’est une relation diplomatique tout entière qui se fissure. Depuis plusieurs mois déjà, Paris et le gouvernement Netanyahu multiplient les désaccords publics, sur fond de crise humanitaire à Gaza. La France maintient sa pression pour davantage d’accès humanitaire et pour relancer une perspective politique entre Israéliens et Palestiniens, une position qui irrite ouvertement l’exécutif israélien.
Ce nouvel épisode s’ajoute à une longue liste de tensions internationales où chaque camp accuse l’autre de déformer la réalité. Certains commentateurs rapprochent cette séquence d’autres controverses géopolitiques récentes, comme celles évoquées autour de l’approvisionnement énergétique ou des rapports de force internationaux qui, eux aussi, s’appuient sur des chiffres contestés.
Le discours de Netanyahu, attendu jeudi devant la même Assemblée générale, promet une confrontation directe avec les arguments français. Pour l’instant, ni l’Élysée ni Matignon n’ont formellement répondu aux accusations de « mensonge » formulées par Smotrich, laissant planer une incertitude sur la suite de cette escalade verbale entre les deux pays.
Deux discours, deux versions de la vérité, et une salle de l’ONU qui n’a pas fini d’entendre parler de cet échange. La diplomatie se joue parfois à quelques phrases près, et celles-ci risquent de laisser des traces durables entre Paris et Tel-Aviv.