Boissons énergisantes : un rapport de l’Assemblée préconise d’en bannir la vente aux moins de 16 ans
Elles trônent dans les sacs de cours, les files de supermarché et les stories des influenceurs. Les boissons énergisantes font partie du décor des ados. Mais un rapport présenté à l’Assemblée nationale pourrait bouleverser leur accès à ces canettes. La mesure phare tient en une ligne, mais son détail dit beaucoup sur ce que les députés reprochent à ces produits.

Red Bull, Monster : pourquoi des députés s’attaquent aux canettes des ados
Ce sont deux députés, Sandrine Runel et Yannick Neuder, qui ont porté la mission d’information présentée aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Leur objectif affiché : renforcer la protection des adolescents face à des produits riches en caféine et très populaires chez les jeunes.
Leur travail ne s’arrête pas aux canettes énergisantes. La mission s’est aussi penchée sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, dont les modes de consommation et le marketing préoccupent les parlementaires. Deux univers différents, une même inquiétude : des produits conçus pour séduire les plus jeunes.
Aujourd’hui, la France n’interdit pas de manière générale à un mineur d’acheter une boisson énergisante. C’est une différence de taille avec l’alcool et le tabac, soumis à des restrictions d’âge. Un adolescent peut donc, en théorie, remplir son panier de canettes sans qu’on lui demande rien.
Ce vide juridique est justement ce que les rapporteurs veulent combler. Et le contenu d’une simple canette éclaire leur démarche, comme l’ont montré des nutritionnistes à propos d’une boisson dite « naturelle ». Reste à savoir ce que contient vraiment ce que boivent les ados.
80 mg de caféine, taurine, guarana : ce que contient vraiment une canette
Ces boissons contiennent généralement de la caféine, parfois associée à de la taurine, du guarana, des vitamines et d’importantes quantités de sucre. Un cocktail pensé pour donner un coup de fouet.
Une canette classique de 250 ml peut contenir autour de 80 mg de caféine. Certaines références, vendues dans des formats plus importants, en apportent nettement davantage. Plus la canette est grande, plus la dose grimpe.
Chez les enfants et les adolescents, une consommation élevée de caféine peut favoriser nervosité, irritabilité, troubles du sommeil, palpitations ou effets cardiovasculaires. Ce sont les effets cités dans le rapport. Pour un organisme encore en construction, la question de la dose se pose autrement.
Le sujet de la caféine fait d’ailleurs débat bien au-delà des canettes, comme le détaille cette alerte sur la caféine. Mais les rapporteurs ne s’inquiètent pas que de la composition.
Ils visent aussi la façon dont ces boissons sont vendues. Les marques sont de plus en plus promues par des influenceurs suivis par des millions de jeunes, sur des réseaux très fréquentés par les adolescents. Ce marketing contribue, selon eux, à renouveler et à amplifier le phénomène.
Face à ce constat, la proposition principale est claire : inscrire dans la loi une interdiction de vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans. C’est la mesure phare du rapport. Mais la France ne serait pas la première à avancer sur ce terrain.

Angleterre, Québec : ces pays ont déjà tranché
Les médecins alertent déjà sur certaines boissons pour le cœur, et plusieurs territoires ont choisi de passer à l’acte. Une interdiction aux moins de 16 ans rapprocherait la France de ces voisins qui durcissent leur réglementation face aux inquiétudes sanitaires.
En Angleterre, le gouvernement a décidé d’interdire à partir d’avril 2027 la vente aux moins de 16 ans des boissons énergisantes contenant plus de 150 mg de caféine par litre. Le seuil est donc fixé selon la concentration en caféine.
Au Québec, une interdiction comparable doit entrer en vigueur en décembre. D’autres pays européens ont également adopté ou étudié des restrictions visant les consommateurs les plus jeunes. La tendance dépasse donc largement les frontières françaises.
Voilà la réponse : les députés veulent graver dans la loi un âge minimum de 16 ans, comme leurs homologues britanniques et québécois. Pour l’instant, il s’agit d’une recommandation, pas d’une loi votée. Rien n’indique à ce stade la date d’un éventuel passage au Parlement.
Ce que répondent les fabricants, et la suite possible
Les industriels ne restent pas silencieux. Les fabricants mettent en avant les règles d’étiquetage existantes et contestent la nécessité de nouvelles contraintes générales sur leurs produits. Leur argument : l’information du consommateur existe déjà.
Le débat oppose donc deux logiques. D’un côté, l’information et la responsabilité individuelle. De l’autre, la protection ciblée d’un public jugé vulnérable. Les rapporteurs, eux, estiment que l’étiquetage ne suffit pas face à des campagnes portées par des influenceurs.
Ce type de rapport ouvre la discussion, il ne la clôt pas. Pour qu’une interdiction entre en vigueur, il faudrait l’inscrire dans la loi. Ce sera le vrai test des prochains mois.
En attendant, la question touche les familles au quotidien. Le sommeil des ados, leur rythme du soir, ce qu’ils boivent avant de dormir : des médecins alertent sur certaines boissons du soir. Et pour ceux qui trouvent que ces produits se cachent partout, une boisson à éviter selon les nutritionnistes mérite le détour.
À surveiller : la réaction des marques, le calendrier parlementaire, et l’effet des mesures britanniques puis québécoises une fois entrées en vigueur. Elles serviront de laboratoire grandeur nature.
Une chose est sûre : la canette n’est plus un produit anodin aux yeux des députés. Après le tabac et l’alcool, la caféine des ados entre dans le viseur. Et si le vrai sujet n’était pas qu’une canette, mais ce que boit toute la maison ?
Cette boisson que tout le monde consomme sans y penser pourrait vous faire réfléchir. Et sur un tout autre registre, ce que le vapotage fait vivre à une chanteuse de 25 ans en dit long sur les habitudes qu’on prend jeune.