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« Emmenée menottée à l’hôpital, diagnostiquée psychotique » : la vraie cause se cachait dans ses ovaires

Publié par Cassandre Jolivet le 16 Oct 2026 à 7:52
Jeune femme épuisée assise sur un lit d'hôpital

Plus de 800 000 abonnés sur TikTok, des vidéos de lip-sync tournées dans le métro londonien, puis un silence de plusieurs mois. Les fans de Sabrina Bahsoon, alias « Tube Girl », s’inquiétaient. Elle vient enfin de s’expliquer : psychose diagnostiquée, intervention de la police, longue hospitalisation. Et une cause que personne n’avait cherchée au départ, qui change tout le récit.

Un tournage avec FLO, puis une crise de larmes qui ne s’arrête pas

Tout commence en mars, le jour même où la jeune femme de 25 ans tourne l’une de ses vidéos signature avec le girl group britannique FLO. Rien d’anormal sur le moment. C’est une fois rentrée chez elle que quelque chose bascule.

Selon son récit, rapporté par le New York Post, elle se met à pleurer sans pouvoir s’arrêter. « Je hurlais, je criais, j’agissais de façon très psychotique », raconte-t-elle. Elle ignore alors qu’il s’agit de son premier épisode de psychose.

Le lendemain matin, elle rompt avec son petit ami. Une décision brutale, qui prend ses sœurs de court. Elles accourent et la trouvent en pleine détresse, en train de se filmer en train de crier et de pleurer.

Inquiètes, elles appellent une ambulance. Bahsoon passe deux jours aux urgences, toujours agitée, dormant à peine. Pourtant, elle est renvoyée chez elle.

Ce type de scénario a un point commun avec d’autres histoires que nous avons racontées : cette femme qui croyait souffrir de sa vie de maman, alors que la vraie maladie se cachait ailleurs. Des symptômes mis sur le compte du stress, de l’âge ou de la fatigue, jusqu’à ce que quelqu’un insiste.

Mais pour Sabrina, le plus dur reste à venir. Car de cette période, elle ne garde presque plus aucun souvenir.

Menottes, 12 kilos en moins et un père qui refuse d’abandonner

« C’est là que je commence à perdre la mémoire », explique-t-elle. Ce qu’elle sait de la suite, elle l’a reconstitué plus tard avec ses proches. De retour à la maison, elle devient de plus en plus agitée, jette des objets et tente de frapper ses frères et sœurs.

La famille appelle à l’aide, la police arrive. « J’ai été emmenée en menottes, j’étais si violente qu’ils ont dû me maîtriser », raconte-t-elle. Après sédation, elle est transférée dans un établissement de santé mentale, avec un diagnostic de psychose.

Les médecins lui prescrivent des antipsychotiques. Son état, lui, continue de se dégrader. Elle perd environ 12 kilos (26 livres), devient catatonique, peine à parler, à manger, à dormir. « J’ai perdu le contrôle de mon esprit, de mon corps », dit-elle.

C’est à ce moment que son père entre en scène. Il connaît un neurologue et le consulte. De cette conversation naît une demande très précise auprès de l’équipe soignante : des examens pour une maladie dont personne n’avait parlé.

Les médecins résistent d’abord. Ce n’est qu’après environ deux mois qu’ils acceptent de faire les tests, selon Bahsoon. Un détail qui pèse lourd. On retrouve cette même mécanique dans le parcours d’un jeune homme dont le vrai diagnostic est tombé trois ans plus tard.

Quand les résultats arrivent, ils éclairent tout. Les images révèlent un tératome ovarien, un type de tumeur capable de pousser le système immunitaire à attaquer le cerveau. Le diagnostic tombe : encéphalite anti-NMDA.

Main d'un père serrant celle de sa fille à l'hôpital

Anti-NMDA : la maladie qui se déguise en folie

Avant d’aller plus loin, une chose à retenir : ces réflexes gratuits pour se protéger d’une erreur de diagnostic prennent ici tout leur sens. Sabrina Bahsoon en est la preuve vivante, elle qui a obtenu des examens complémentaires grâce à l’insistance de son père.

L’encéphalite à récepteurs anti-NMDA est une maladie auto-immune rare mais grave. Elle peut provoquer des troubles psychiatriques, des crises d’épilepsie et des problèmes de mouvement. Et elle touche particulièrement les jeunes femmes, souvent dans la vingtaine.

Le piège, c’est que ses premiers signes ressemblent à s’y méprendre à une maladie psychiatrique : psychose, agitation, changements de personnalité spectaculaires. C’est pour cela que la maladie est difficile à reconnaître. Un médecin qui ne pense pas à elle peut passer à côté pendant des semaines.

Les chiffres vont dans le même sens. Une étude récente portant sur plus de 6 600 patients atteints de maladies auto-immunes a montré que les femmes signalaient des erreurs de diagnostic psychiatrique 50 % plus souvent que les hommes. Pour les erreurs de type psychosomatique, l’écart grimpe à 75 %.

Sabrina Bahsoon compare son histoire à celle de Susannah Cahalan, journaliste du New York Post. Cette dernière avait raconté sa propre bataille contre la maladie dans un livre paru en 2012, adapté au cinéma en 2016 sous le titre Brain on Fire. Elle avait elle aussi reçu un mauvais diagnostic au départ.

Reste une question que le récit pose en creux : combien de temps aurait duré l’erreur sans l’intervention de son père ?

Ce que la guérison lui a coûté, et ce qu’elle veut que l’on retienne

En juin, Sabrina Bahsoon subit une opération pour retirer la tumeur. Elle salue son équipe chirurgicale, qui a réussi à préserver ses ovaires. Elle a aussi reçu deux cures d’immunothérapie pour éliminer les anticorps nocifs, avant de sortir de l’hôpital en juillet.

L’établissement s’est excusé, selon elle, d’avoir gardé la jeune femme plusieurs mois en soins psychiatriques sans rechercher cette maladie plus tôt. Un geste qui ne rend pas ce qui a été perdu. « C’est un énorme morceau de ma vie que je ne récupérerai jamais, dont je ne me souviendrai probablement jamais », confie-t-elle.

Le bilan est lourd : souvenirs effacés, relation terminée, traumatisme de quatre mois d’hospitalisation. « Ça a changé ma vie », dit-elle en larmes, en cherchant désormais à définir sa « nouvelle normalité ».

Elle se considère pourtant comme chanceuse. Elle a vu d’autres patients sans proches pour se battre à leur place. Un autre cas, celui d’une femme à qui on a retiré l’utérus et les ovaires pour un cancer qu’elle n’avait pas, montre jusqu’où une erreur peut aller.

Son message, lui, est limpide : « Si vous avez ces symptômes et qu’on parle seulement de psychose, je vous encourage à vous battre, à demander des scanners et des examens supplémentaires. » Elle a aussi publié des liens d’information dans sa biographie TikTok. Et si vous vous demandez comment la prise en charge fonctionne en France pour ce type de pathologie lourde, la liste des 30 maladies remboursées à 100 % vaut le détour.

Son témoignage tient en une idée : un diagnostic n’est pas toujours le dernier mot, surtout quand le corps dit autre chose que ce que les étiquettes annoncent.

Parfois, ce qui ressemble à de la folie n’est qu’un système immunitaire en pleine guerre, et c’est un père obstiné qui a fait basculer l’histoire.

Et si un simple rituel du matin pouvait aussi agir sur le cerveau, ce que Harvard dit du café et de la démence pourrait vous faire reposer votre tasse.

Quant à ceux que la médecine surprend de l’intérieur, cette larve de 8 cm retrouvée dans un cerveau prouve qu’il reste des cas à peine croyables.

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