32 magasins GiFi se transforment en Grand Frais : le détail de la reprise

Vous connaissez peut-être ce magasin où l’on entre pour une bougie et d’où l’on ressort avec un panier de vaisselle. GiFi, c’est lui, et il vacille. Redressement judiciaire, dix fermetures définitives, et surtout 32 magasins qui vont changer d’enseigne. Le repreneur n’a rien d’un spécialiste de la déco : voici ce que l’on sait, et ce qui reste encore flou.
GiFi en redressement judiciaire : comment l’enseigne des petits prix s’est retrouvée dos au mur
Le 20 octobre, GiFi a demandé son placement en redressement judiciaire. L’enseigne, spécialisée dans la décoration et les articles à petits prix, fait face à d’importantes difficultés financières.
Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Depuis plusieurs années, la marque subit la concurrence d’Action et de B&M, ces enseignes qui cassent les prix exactement sur le même terrain.
S’y ajoutent les plateformes en ligne, Shein et Temu en tête. Un bougeoir ou une housse de coussin à quelques euros, livrés à la maison : le client qui flânait en rayon a désormais une alternative dans la poche.
Ce glissement des habitudes est un vrai sujet de société. Il est d’ailleurs au cœur de la raison pour laquelle certains consommateurs délaissent les magasins discount au profit de Shein et Temu, et le cas GiFi en offre une illustration grandeur nature.
Redressement judiciaire ne veut pas dire disparition automatique. Cette procédure sert à protéger l’entreprise le temps de trouver une issue, tout en poursuivant l’activité. Mais elle oblige à trancher, et ces choix se lisent aujourd’hui dans la carte des magasins.
Face à la pression, GiFi a donc coupé dans le vif. Dix points de vente ont définitivement fermé leurs portes. D’autres changent de mains, et c’est là que l’histoire devient inattendue : le repreneur n’a rien d’un concurrent de la déco.
32 magasins cédés : ce que Grand Frais s’apprête à faire des rayons de GiFi
Pour faire face à la situation, GiFi a décidé de céder 32 magasins à Grand Frais. Un chiffre qui pèse lourd, surtout rapproché des dix fermetures déjà actées.
Grand Frais, c’est l’enseigne des fruits, des légumes, des fromages et des produits frais. Autrement dit, l’exact inverse d’un rayon de vaisselle et de bougies. Un tel changement de métier dans des locaux existants en dit long sur l’état du commerce de proximité.
Un local commercial occupé vaut mieux qu’un local vide : c’est l’une des logiques à l’œuvre. Elle n’est pas nouvelle, puisque les premières villes où Grand Frais allait s’installer à la place de Gifi avaient déjà fait parler.
Reste la question du « comment ». Tous les magasins ne seront pas traités de la même manière, et la différence compte autant pour les salariés que pour les clients.
Selon 20 minutes, la répartition serait la suivante : 17 magasins seront exploités directement par Grand Frais, et 14 magasins fonctionneront en gérance-mandat. Le total fait 31 sur 32 dans ce décompte, et le sort du dernier magasin n’est pas précisé.
Dans le premier cas, l’enseigne reprend l’exploitation en propre. Dans le second, un gérant fait tourner le magasin sous l’enseigne, dans un cadre fixé par le groupe. C’est le mode d’emploi, mais pas ce qui intéresse le plus le client du coin.
Car une autre question brûle les lèvres : quand pourra-t-on réellement pousser la porte du premier Grand Frais installé dans un ancien GiFi ? La réponse tient dans un calendrier de travaux.

Trois à quatre mois de travaux, ouvertures fin 2026 ou début 2027 : le calendrier qui se dessine
La liste des enseignes qui ferment en 2026 ne cesse de s’allonger, et GiFi s’y glisse sans y disparaître tout à fait : une partie de ses murs change simplement de vocation.
Selon 20 minutes, les travaux devraient durer trois à quatre mois. Certaines ouvertures sont prévues fin 2026 ou début 2027.
Concrètement, un magasin GiFi ne devient pas un Grand Frais en un week-end. Il faut vider les lieux, les réaménager et les adapter à une tout autre activité. Cette durée de chantier explique la fourchette annoncée, et ces dates restent des prévisions, pas des certitudes.
Pour le client, cela signifie une période creuse. Le magasin de quartier où l’on achetait une guirlande sera fermé le temps des travaux, puis rouvrira avec une offre complètement différente.
Pour les salariés, la source ne donne aucun détail. Elle ne dit pas ce que deviendront les équipes, et il serait imprudent de l’affirmer. C’est précisément le point à surveiller dans les semaines à venir.
Résumons ce qui est établi : 32 magasins cédés, deux modes d’exploitation, dix fermetures et un calendrier étalé sur plusieurs mois. Le plus parlant se joue peut-être ailleurs, dans le Nord.
Dans le Nord-Pas-de-Calais, des magasins encore suspendus au verdict
Le redressement judiciaire de GiFi soulève des questions sur l’avenir des magasins dans le Nord-Pas-de-Calais. Dix magasins de la région ont demandé leur placement en redressement judiciaire.
À Calais, le magasin reste ouvert pour le moment, mais la suite est encore incertaine. Ce « pour le moment » résume bien l’état d’esprit local.
À Neuville-en-Ferrain, dans le Nord, le magasin a finalement échappé à la fermeture. Selon RMC Conso, il peut rester ouvert grâce à un nouvel accord sur son bail, même si sa surface de vente a été réduite de moitié.
La preuve qu’un bail renégocié peut sauver une adresse, au prix d’un format plus petit. Pour les autres magasins de la région, il faudra attendre pour connaître leur avenir.
Pendant ce temps, d’autres acteurs avancent leurs pions : une enseigne scandinave à bas prix veut ouvrir 1 000 magasins en France. La bataille des petits prix est loin d’être terminée.
Et GiFi n’est pas le premier nom de la maison et de la déco à tanguer : Alinéa a été placée en liquidation, avec 1.200 salariés licenciés et 36 magasins fermés. Un scénario bien plus sombre que celui de GiFi, pour l’instant.
Ce qu’il faut surveiller : les décisions de la procédure, les annonces de dates d’ouverture et le sort des magasins dont on ne parle pas encore.
GiFi ne s’effondre pas d’un bloc : elle se découpe, entre fermetures, cessions et baux renégociés. Et si vous vous demandez ce qu’il reste d’un géant du commerce populaire une fois le rideau tombé, le magasin au vichy rose qui attirait 35 millions de clients par an a une histoire à raconter.
Et l’autre grand jeu de chaises musicales du moment se joue dans les supermarchés : 19 magasins qui passent d’Auchan à Lidl rebattent déjà les cartes du hard-discount.