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100 000 simulations de la Coupe du monde 2026 : le favori désigné par l’algorithme ne surprend personne… ou presque

Publié par Mathieu le 17 Juin 2026 à 18:41
Écran de données affichant des statistiques de tournoi de football

Oubliez Paul le Poulpe et ses tentacules divinatoires. En 2026, c’est un algorithme d’apprentissage automatique qui prétend connaître le futur champion du monde. Une équipe de statisticiens européens a fait tourner 100 000 simulations du Mondial, et le verdict est tombé : le favori a un nom, mais la marge qui le sépare de ses rivaux est si mince qu’elle pourrait faire trembler n’importe quel bookmaker.

Un algorithme nourri de 8 ans de données et de dés pipés

Derrière ce projet titanesque, on trouve Achim Zeileis, professeur de statistiques à l’université d’Innsbruck, en Autriche, et une poignée de chercheurs allemands et norvégiens. Leur méthode repose sur un principe simple à comprendre, mais redoutablement complexe à exécuter.

Première étape : évaluer la force de chaque sélection. L’équipe a croisé tous les matchs internationaux disputés depuis 2018, les cotes des bookmakers, les performances individuelles des joueurs en club et en sélection, ainsi que leur valeur marchande estimée sur le site Transfermarkt.

Deuxième étape : un algorithme de type « forêt aléatoire » — composé de centaines d’arbres de décision — apprend à relier ces variables au nombre de buts réellement marqués lors des grandes compétitions passées. Le résultat ? Une paire de « dés pipés » unique pour chaque match possible. L’image est parlante : au lieu d’un tirage équitable, chaque dé attribue des probabilités différentes à chaque score.

Prenons le match d’ouverture. Le dé du Mexique produit en moyenne 1,9 but, celui de l’Afrique du Sud 0,7. Victoire mexicaine probable à 65 %, match nul à 21 %, surprise sud-africaine à 14 %. Rien n’est écrit, mais les chances ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

Des facteurs aussi inattendus que le PIB par habitant ou le nombre de joueurs ayant atteint les demi-finales de la Ligue des champions entrent dans l’équation.

Reste une question brûlante : une fois les dés lancés 100 000 fois, qui se retrouve le plus souvent avec le trophée entre les mains ?

Espagne, France, Angleterre : le podium des probabilités à un mouchoir

L’Espagne sort en tête avec 14,5 % de chances de soulever la coupe. Un chiffre qui peut sembler faible pour un favori, mais qui s’explique par le format inédit du tournoi : 48 équipes, cinq tours à élimination directe. Plus la compétition s’allonge, plus l’aléa grignote les certitudes.

Juste derrière, deux nations se tiennent au coude-à-coude. La France et l’Angleterre affichent chacune 12,4 % de probabilité de victoire finale. L’Allemagne suit à 11,2 %. Les parcours improbables ne sont pas exclus non plus : le Portugal pointe à 8,9 % et l’Argentine de Messi — ou plutôt de l’après-Messi — à 8,2 %.

Quant aux États-Unis, pays hôte de cette édition, leur algorithme leur accorde 78 % de chances de passer les seizièmes de finale. Mais la suite se complique vite. La probabilité de voir les Américains brandir le trophée au MetLife Stadium le 19 juillet ? À peine 1 %. On a connu des scénarios plus hollywoodiens.

Ce qui frappe, c’est l’écart minuscule entre les cinq premiers. Moins de 6 points séparent l’Espagne de l’Argentine. En clair, la loterie n’est jamais loin, même quand on remplace le hasard par des téraoctets de données. Et l’histoire récente de ce modèle prouve qu’il vaut mieux rester humble.

Dés en train de rouler sur une surface verte évoquant un terrain

Le modèle a déjà échoué — et c’est justement ce qui le rend crédible

L’équipe de chercheurs ne débute pas. Lors du Mondial féminin 2019, leur algorithme avait correctement désigné les États-Unis comme futurs vainqueurs. Mais en 2022, l’Argentine de Messi — pourtant identifiée comme « sérieuse prétendante » — n’était pas leur favori numéro un. Même chose pour l’Espagne au Mondial féminin 2023.

Autrement dit, le modèle ne prétend jamais prédire avec certitude. Il classe des probabilités. Et c’est précisément cette honnêteté qui le distingue des « pronostics infaillibles » qu’on voit fleurir à chaque compétition. Une prévision de 14,5 %, ça veut dire que dans 85 cas sur 100, l’Espagne ne gagne pas.

La vraie force de l’outil, c’est sa transparence. Données ouvertes, méthodologie publiée, résultats reproductibles. On est loin du poulpe qui pose sa ventouse sur un drapeau. Mais la puissance des algorithmes ne remplacera jamais ce qui fait le sel du football : un tir dévié à la 93e minute, un gardien qui sort le match de sa vie, un carton rouge absurde.

Le modèle le sait. Ses créateurs aussi. Et c’est peut-être la leçon la plus précieuse de ces 100 000 simulations : même avec les meilleures données du monde, le football reste le sport où tout peut basculer sur un coup de tête — au sens propre comme au figuré.

L’Espagne part favorite, la France et l’Angleterre la talonnent, et personne ne peut jurer de rien. Au fond, c’est exactement pour ça qu’on regarde la Coupe du monde. Et vous, sur qui miserez-vous le 19 juillet ?

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