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« Un sentiment de honte » : le patron du Tour de France présente ses excuses après cette allusion glaçante à l’affaire Lelandais

Publié par Mathieu le 16 Juin 2026 à 9:36
Place d'une petite commune française avec marquage de parcours cycliste

Le site officiel du Tour de France a décrit une ville étape en mentionnant l’enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys. Une référence qui a provoqué la stupeur de toute une commune. Le directeur de la course, Christian Prudhomme, a fini par réagir — et ses mots traduisent bien plus qu’un simple mea culpa administratif.

Pont-de-Beauvoisin, ville étape du 22 juillet 2026 : la phrase qui a tout déclenché

Sur le guide touristique en ligne du Tour de France, chaque commune traversée par le peloton a droit à sa fiche de présentation. Celle de Pont-de-Beauvoisin, en Isère, devait mettre en valeur le patrimoine local et les personnalités marquantes de la ville. À côté du champion du monde de triathlon Léo Bergère, le texte faisait aussi référence au fait divers le plus sombre de l’histoire récente de la commune.

Le meurtre de la petite Maëlys de Araujo, enlevée lors d’un mariage en août 2017 par Nordahl Lelandais, était cité noir sur blanc dans la description officielle. Comme si ce drame faisait partie du « patrimoine » à visiter entre deux cols alpins.

La mairie a découvert le passage et a immédiatement alerté Amaury Sport Organisation (ASO), l’organisateur de l’épreuve. Le maire Éric Philippe a qualifié cette référence de « très inappropriée » et « très choquante ». Il a exigé le retrait du texte. ASO a obtempéré rapidement, mais le mal était fait — la capture d’écran circulait déjà sur les réseaux sociaux, et l’affaire Lelandais revenait brutalement dans l’actualité sportive.

Comment une telle erreur éditoriale a-t-elle pu passer les validations d’une organisation qui gère le plus grand événement cycliste au monde ?

« Je ne comprends pas que nous ayons pu faire référence au drame de Maëlys » : les excuses de Prudhomme

Ce lundi, la mairie de Pont-de-Beauvoisin a rendu public un échange entre le maire et Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, sur la page Facebook officielle de la commune. Le ton du patron de la Grande Boucle ne laisse aucune place à l’ambiguïté.

« Je ne sais pas si vous présenter mes plus plates excuses pourra suffire, mais je voulais vous dire le sentiment de honte qui m’habite », écrit-il. Il poursuit : « Je ne comprends pas que nous ayons pu faire référence au drame de Maëlys dans le guide touristique du Tour. » Prudhomme affirme avoir découvert cette erreur dans la matinée et demande pardon au maire ainsi qu’à l’ensemble des habitants.

Le mot « honte », dans la bouche d’un dirigeant qui pèse chaque déclaration publique, a frappé les esprits. Ce n’est pas un communiqué de presse aseptisé ni un regret formulé au conditionnel. C’est un aveu d’échec interne, dans un contexte judiciaire où le nom de Lelandais reste associé à une douleur immense pour les familles. La question que beaucoup se posent désormais : qui a rédigé ce texte, et combien de personnes l’ont relu avant mise en ligne ?

Car derrière les excuses, c’est tout le processus éditorial d’ASO qui est pointé du doigt. Une organisation capable de coordonner un événement sportif mondial n’aurait-elle pas dû anticiper la sensibilité de cette mention ?

Homme d'âge mûr stupéfait devant un écran d'ordinateur dans un bureau

La fiche corrigée met enfin Léo Bergère en lumière — mais la blessure reste vive

Depuis la polémique, le passage litigieux a été supprimé du site officiel du Tour de France. La nouvelle description de Pont-de-Beauvoisin met désormais en avant ce que la commune revendique avec fierté : être la ville natale de Léo Bergère, sacré champion du monde de triathlon courte distance en 2022 et médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris 2024.

Un sportif de haut niveau, un palmarès remarquable, une fierté locale authentique. Voilà ce qui aurait dû figurer depuis le départ dans la vitrine numérique de cette étape du 22 juillet 2026. Pas le récit d’un infanticide traité comme une curiosité touristique.

Pour les habitants, la blessure reste vive. La commune de Pont-de-Beauvoisin tente depuis des années de se défaire de cette association systématique avec l’affaire Lelandais. Chaque mention publique ravive un traumatisme collectif que les familles et les voisins portent encore. Le Tour de France, censé apporter lumière et retombées économiques à chaque ville traversée, a provoqué exactement l’effet inverse.

La mairie espère que l’étape du 22 juillet permettra enfin de tourner la page et de célébrer le triathlon plutôt que le fait divers. Reste à savoir si les caméras du monde entier sauront, elles aussi, faire la différence.

Un seul paragraphe mal pensé aura suffi à rouvrir une plaie que toute une ville essaie de refermer depuis 2017. Le Tour de France passera bien par Pont-de-Beauvoisin cet été — mais cette commune mérite qu’on retienne le nom de Léo Bergère, pas celui de son bourreau. Et vous, que retiendrez-vous de cette étape ?

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