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Il vendait sa femme à plus de 120 hommes : un sexagénaire suédois inculpé dans une affaire qui rappelle Pélicot

Publié par Elsa Fanjul le 02 Avr 2026 à 15:30

En Suède, une affaire d’une violence rare vient d’éclater au grand jour. Un homme de 62 ans a été inculpé le 30 mars 2026 pour avoir vendu les services sexuels de sa propre femme à plus de 120 hommes pendant près de trois ans. La comparaison avec l’affaire Dominique Pelicot s’est imposée immédiatement, en France comme en Scandinavie.

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Le procès doit s’ouvrir le 13 avril. Voici ce que l’on sait.

Une affaire révélée par la victime elle-même

Mains d'une femme sur une table de tribunal

C’est la dénonciation de l’épouse qui a tout déclenché. Sans elle, le système mis en place par son mari aurait peut-être continué de fonctionner dans l’ombre.

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L’homme, domicilié dans le nord de la Suède, avait été arrêté fin octobre 2025. Placé en détention provisoire, il a été formellement inculpé le 30 mars 2026 pour proxénétisme aggravé, viols et agressions sexuelles. Les faits couvrent une période allant d’août 2022 à octobre 2025.

Selon les informations relayées par actu.fr, l’acte d’accusation est accablant. Il décrit un dispositif organisé, rodé, pensé pour durer.

Un véritable système d’exploitation organisé

L’homme ne se contentait pas de laisser faire. Il pilotait l’ensemble de l’opération. Il publiait des annonces en ligne, organisait les rendez-vous, en surveillait le déroulement.

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Il aurait également contraint son épouse à participer à des actes sexuels filmés. Objectif : attirer davantage de clients en leur fournissant des preuves visuelles. Le parquet parle d’un mécanisme de domination entretenu par des pressions constantes, des violences et des menaces répétées.

La procureure en charge du dossier, Ida Annerstedt, évoque une « exploitation impitoyable ». Elle souligne que l’homme a profité d’une vulnérabilité particulière de sa femme, liée à une situation de toxicomanie. Ce point est central dans le dossier.

Ce type d’emprise rappelle d’autres affaires judiciaires majeures, comme celle d’un homme qui avait vendu sa compagne à un réseau avant que la situation ne tourne au drame.

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Des limites fixées, pas respectées : les accusations de viol

Homme de dos entrant dans une salle d'audience

La procureure Ida Annerstedt a précisé un point crucial lors des premières audiences préparatoires. La victime avait, « dans une certaine mesure », accepté de se prostituer. Mais elle avait posé des limites claires à ce qu’elle tolérait.

« Lorsqu’il ne les a pas respectées, lorsqu’il l’a forcée malgré son refus, c’est dans ces situations-là qu’il est accusé de tentative de viol ou de viol », a expliqué la procureure. Ce cadrage juridique est important : il montre que le consentement partiel à certains actes n’efface pas les violences commises au-delà.

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L’homme est ainsi poursuivi pour huit viols, quatre tentatives de viol et plusieurs agressions sexuelles distinctes. Des accusations qui s’ajoutent au chef de proxénétisme aggravé.

Des affaires similaires, impliquant des violences sur des personnes vulnérables au sein même d’institutions censées les protéger, ont également secoué l’opinion publique, comme ce cas d’agression dans une maison de retraite qui avait suscité une vague d’indignation.

Plus de 120 clients identifiés : 26 déjà inculpés

L’affaire ne s’arrête pas à l’accusé principal. Les enquêteurs ont identifié environ 120 hommes soupçonnés d’avoir acheté des services sexuels auprès de la victime.

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À ce stade, 26 d’entre eux ont été inculpés. Les autres font encore l’objet d’investigations. Cette dimension collective est précisément ce qui a conduit à la comparaison avec l’affaire Pélicot en France.

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En Suède, la loi est sans ambiguïté sur ce point : l’achat de services sexuels est illégal. Contrairement à leur vente, ce qui place automatiquement chacun de ces clients sous le coup de la loi pénale. Ce modèle législatif, dit « modèle nordique », cible le client plutôt que la personne prostituée.

Les grandes affaires criminelles impliquant des réseaux d’exploitation sexuelle ont souvent ce point en commun : une multitude de participants qui pensaient agir dans l’impunité.

Le parallèle avec l’affaire Pélicot

Avocate tenant un dossier juridique épais
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La comparaison avec l’affaire française a rapidement circulé dans les médias suédois et européens. Dans les deux cas, un mari organise et supervise les agressions sexuelles subies par son épouse, avec un grand nombre d’hommes impliqués.

La ministre suédoise de l’Égalité des sexes, Nina Larsson, a réagi publiquement, qualifiant la situation de « choquante et révoltante ». Elle a appelé les hommes à « cesser d’acheter et de vendre le corps des femmes ».

L’affaire Pélicot avait conduit en France à une remise en question profonde du fonctionnement judiciaire face aux violences conjugales et aux viols en réunion. En Suède, des voix s’élèvent déjà pour que ce procès ait le même impact sociétal.

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Dans l’affaire française, on se souvient que d’autres verdicts très attendus pour des accusations de viols avaient également marqué l’actualité judiciaire récente.

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La victime représentée : « des crimes graves »

La femme au cœur de cette affaire est aujourd’hui représentée par une avocate. Elle espère obtenir justice face à ce qu’elle qualifie elle-même de « crimes graves ».

Son parcours illustre la mécanique de l’emprise : une vulnérabilité exploitée, des limites franchies, un mari qui transforme l’intimité conjugale en outil de profit. Le dossier décrit des années de pression, de menaces et de violences systémiques.

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Des histoires d’exploitation similaires, dans d’autres contextes, montrent à quel point ces mécanismes peuvent rester invisibles longtemps. Comme dans le cas de cette influenceuse condamnée pour trafic d’êtres humains, la façade sociale peut masquer des années d’abus.

La France avait elle-même été pointée du doigt par la justice européenne dans sa gestion des plaintes pour violences sexuelles : une jeune femme qui avait dénoncé un viol avait reçu un rappel à la loi, avant que la France soit condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme.

Ce que l’on attend du procès

Le procès s’ouvre le 13 avril 2026. Il devrait durer plusieurs semaines, compte tenu du nombre d’accusés et de la complexité des charges.

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Pour les 26 clients inculpés, les peines encourues au titre de l’achat de services sexuels en Suède peuvent aller jusqu’à un an d’emprisonnement. Pour l’accusé principal, les chefs de proxénétisme aggravé, viols et agressions sexuelles exposent à des peines bien plus lourdes.

La procureure Ida Annerstedt s’est dite déterminée à obtenir des condamnations à la hauteur des faits. La victime, elle, attend que la justice reconnaisse ce qu’elle a subi pendant trois ans.

Une étude suédoise sur les traumatismes vécus dès l’enfance rappelle que les violences subies sur la durée laissent des traces profondes, souvent invisibles de l’extérieur. Ce que traversent les victimes d’exploitation dépasse largement la sphère judiciaire.

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Ce procès s’annonce comme l’un des plus suivis de l’année en Scandinavie. Et peut-être, comme ce fut le cas avec l’affaire Pélicot, comme un moment de bascule dans le débat public sur les violences faites aux femmes.

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