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Dans les comptes de Clémence, opératrice de tri en déchetterie à Angoulême à 1 760 € nets par mois

Publié par Mathieu le 29 Sep 2026 à 19:01

Clémence a 34 ans, vit à Angoulême et passe ses journées entre les bennes et les conteneurs d’une déchetterie. Elle gagne 1 760 € nets par mois, un peu plus que le SMIC, et élève seule son fils de 7 ans une semaine sur deux. Voici comment elle répartit chaque euro, et le poste qui lui pèse le plus n’est pas celui que l’on imagine.

Un salaire qui grimpe grâce à des primes que peu de gens connaissent

Le salaire de base de Clémence tourne autour de 1 590 € nets. Le reste vient de deux primes : 95 € de prime de pénibilité liée au travail en extérieur par tous les temps, et 75 € de prime d’assiduité versée si elle n’a aucune absence dans le mois.

Elle touche aussi 148 € d’allocations familiales et de complément de la CAF. Son APL est nulle depuis qu’elle a repris son poste à temps plein, ce qu’elle a découvert avec un certain agacement. « Quand j’ai gagné 60 € de plus, j’ai perdu 120 € d’aide. Je n’ai jamais compris ce calcul », confie-t-elle.

Au total, ses revenus atteignent donc environ 1 908 € par mois en comptant les prestations. C’est cette somme, et pas seulement le salaire, qu’elle a en tête quand elle fait ses comptes. Mais avant de voir ce qu’il en reste, il faut regarder ce qui part sans qu’elle ait son mot à dire.

Opératrice de tri en gilet orange devant des conteneurs de recyclage

Ces 1 040 € qui disparaissent avant même le premier jour du mois

Le loyer d’abord : 560 € pour un T3 en location dans le quartier de Basseau, charges comprises. À Angoulême, c’est raisonnable, mais cela représente déjà près d’un tiers de son salaire. Vient ensuite l’électricité et le chauffage au gaz, à hauteur de 105 € par mois lissés sur l’année.

Le poste qui pèse : la voiture. Sans elle, impossible d’arriver à la déchetterie à 7 h, aucun bus ne dessert la zone avant 8 h 30. Elle rembourse un crédit de 148 € par mois pour sa Clio d’occasion, encore 19 mois à tenir. S’y ajoutent 62 € d’assurance et environ 90 € d’essence.

Restent les petites lignes qui s’accumulent : forfait mobile et box internet à 34 € au total, mutuelle à 38 €, et 25 € de cantine et garderie pour son fils. Certaines charges cachent encore de mauvaises surprises, et la plus discrète est loin d’être la moins coûteuse.

Le poste où Clémence a appris à ruser

Côté courses, elle dépense 310 € par mois pour deux personnes, et un peu plus quand son fils est là toute la semaine. Elle fait ses achats en drive le vendredi, jamais le ventre vide, et compare systématiquement le prix au kilo. « Le drive m’a fait économiser 40 € par mois, juste parce que je n’achète plus sur un coup de tête. »

Les vêtements et les affaires de l’enfant absorbent 55 € en moyenne, dont une bonne part achetée sur les plateformes de seconde main. Les loisirs se limitent à 60 € : une sortie cinéma, un après-midi à la piscine, quelques crêpes le mercredi.

Elle s’autorise aussi un budget « pour elle » de 30 € mensuels, coiffeur ou petit plaisir. Pas de restaurant, pas de vacances lointaines : deux semaines l’été chez sa sœur à Royan, pour lesquelles elle met 45 € de côté chaque mois. Alors, que reste-t-il vraiment une fois tout cela payé ?

Mère célibataire faisant ses comptes à la table de sa cuisine

Ce qu’il reste en fin de mois : le chiffre qui dit tout

Additionnons. Les dépenses fixes atteignent environ 1 062 €, les dépenses variables environ 500 €, soit 1 562 € au total. Sur 1 908 € de revenus, il lui reste donc autour de 346 €. Sur le papier, c’est confortable.

La réalité est plus nuancée. Ces 346 € absorbent les imprévus : une facture de garage à 180 € en février, la paire de lunettes de son fils, un cadeau d’anniversaire. Elle parvient à épargner 90 € par mois sur un Livret A, où dorment aujourd’hui 2 100 €. « C’est mon matelas. Quand il descend sous 1 500 €, je commence à stresser. »

Son objectif est simple : finir de rembourser sa voiture dans 19 mois, puis libérer 148 € pour constituer un apport et, peut-être un jour, acheter. Elle n’y croit qu’à moitié, mais elle refuse de s’endetter davantage.

Face au salaire médian, une vie qui tient à peu de choses

Le salaire médian net en France avoisine 2 190 € par mois. Avec 1 760 €, Clémence est donc environ 20 % en dessous. Pourtant, elle ne se plaint pas : elle sait exactement où va son argent, et c’est ce qui la rassure.

« Je ne suis pas riche, mais je dors bien. Tant que la voiture démarre et que mon fils ne manque de rien, ça va. » Une phrase qui résume bien l’équilibre fragile de nombreux foyers monoparentaux.

Pour comparer avec un autre quotidien, jetez un œil aux comptes de Solange, factrice à Auxerre, dont le budget révèle un tout autre rapport à la voiture. Ou plongez dans le budget d’une agricultrice charentaise, à quelques kilomètres seulement d’Angoulême. Vous y verrez comment un revenu encore plus modeste se répartit.

D’autres profils permettent de mesurer l’écart entre les métiers : le mécanicien auto de Châteauroux connaît bien ces histoires de voiture qui plombent un budget, tandis que l’ambulancière de Chalon-sur-Saône jongle elle aussi avec des horaires décalés. Et l’esthéticienne de Metz offre un contrepoint intéressant sur les petits revenus salariés.

Curieux de savoir quel métier, à l’inverse, laisse un vrai confort en fin de mois ? Le budget de Théo, opticien à Metz, pourrait bien vous surprendre.

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