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Le site de vente Rakuten cesse ses activités aujourd’hui, annonce la direction

Publié par Elodie le 01 Oct 2026 à 14:11
Colis en carton à côté d'un ordinateur portable fermé

Un vieux jeu vidéo, un livre d’occasion, une paire de baskets : beaucoup de Français ont déjà fait une bonne affaire sur ce site. C’est terminé. Rakuten France, l’ex-PriceMinister, annonce que plus aucun nouvel achat ni aucune vente n’y est possible. Mais derrière cette fermeture se cachent une offre de reprise écartée, un client sur trois envolé et un candidat qui crie à la mise en scène.

Rakuten France s’arrête : 180 salariés et deux pays concernés

Rakuten France, que tout le monde a longtemps appelé PriceMinister, cesse ses activités commerciales. Selon la plateforme, il n’est plus possible d’y effectuer de nouveaux achats ou ventes. Le site ferme donc ses portes virtuelles après des années passées dans le quotidien des amateurs d’occasion.

Une période de transition est toutefois maintenue jusqu’au 10 novembre 2026. La direction l’a précisé à l’AFP : elle doit permettre aux vendeurs et aux acheteurs d’effectuer « les dernières démarches nécessaires ». Autrement dit, les opérations en cours ne s’évaporent pas du jour au lendemain.

Pour un acheteur, le message est simple : on ne passe plus de nouvelle commande. Pour un vendeur, c’est plus délicat, puisqu’il faut boucler les derniers échanges avant l’échéance de novembre.

Côté humain, la fermeture concerne quelque 180 salariés. Elle s’étend aussi à l’Espagne, dont l’activité dépend de la même structure. Deux pays, une seule décision.

Le groupe, lui, ne disparaît pas. Fondé au Japon en 1997, Rakuten avait racheté PriceMinister en 2010 et reste présent dans plusieurs secteurs, notamment les télécommunications et la publicité. Pour remonter le fil de ce destin, l’histoire mouvementée de PriceMinister vaut le détour.

Reste à comprendre comment on en arrive là. Et pourquoi une offre de reprise n’a pas suffi.

33 % de clients en moins, 42 % de trafic perdu : l’érosion qui a tout emporté

Sur dix ans, la plateforme a perdu 33 % de sa clientèle et 42 % de son trafic, selon la direction. Pas d’effondrement brutal, donc, mais une érosion lente, presque silencieuse. Le genre de pente qu’on ne remarque que lorsqu’on arrive en bas.

Le coupable désigné ? La concurrence des plateformes asiatiques, que l’entreprise cite elle-même. Ces géants ne cessent de gagner du terrain en France, comme le montre l’expansion de Shein dans trois villes malgré les polémiques.

Face à ce déclin, l’entreprise explique avoir cherché un repreneur. Sans parvenir, dit-elle, à « une solution viable ». La formule est sèche, et elle masque tout un bras de fer.

Selon la direction, aucune offre ne satisfaisait ses exigences sur trois points : la préservation des emplois, les conditions financières et la pérennité de l’activité. Elle affirme que le CSE partageait cette analyse.

Les mesures d’accompagnement des salariés auraient, toujours selon elle, été « accueillies favorablement par le CSE ». Elles ont ensuite été homologuées par les autorités le 6 août. Sur le papier, tout semblait donc bouclé.

Sauf qu’un candidat ne l’a pas du tout vu ainsi. Son nom : Pixmania. Il avait déposé un projet de reprise, censé « sauver plusieurs dizaines d’emplois », et il a contesté son rejet dès le mois de juillet.

Que reprochait-il exactement à la direction ? Et que valait son offre ?

Employé inquiet dans un bureau, tablette à la main

Pixmania, Xavier Niel et le soupçon d’un « passage obligé »

Rakuten France n’est pas un cas isolé : la liste des enseignes qui ferment en 2026 ne cesse de s’allonger. Mais ici, la polémique porte sur la façon dont la porte s’est refermée.

Dans sa contestation de juillet, Pixmania regrettait de n’avoir pas pu présenter son projet aux salariés. L’entreprise craignait surtout que sa candidature « n’ait constitué qu’un passage obligé ». Il s’agissait, selon elle, de respecter l’obligation de chercher un repreneur, « face à une direction internationale déjà décidée ».

Pixmania assurait que son offre était « financièrement soutenue » par ses actionnaires, dont Xavier Niel. Elle visait une activité représentant plus de 2 500 vendeurs et plus de 400 millions d’euros de volume d’affaires.

Voilà le détail qui change la lecture de l’affaire. D’un côté, une direction qui affirme qu’aucune offre ne remplissait ses critères sur l’emploi, la finance et la durée. De l’autre, un candidat qui jure que son projet tenait la route et qu’il n’a jamais eu sa vraie chance.

Les deux versions s’opposent frontalement. Rien, dans les éléments rapportés par l’AFP, ne permet de trancher : la direction maintient que sa décision a été analysée, et approuvée par le CSE.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est le résultat. Le site s’arrête, les nouveaux achats et ventes sont impossibles, et 180 salariés sont concernés. Reste à savoir ce que cela change pour tout le monde.

Ce qu’il faut surveiller d’ici le 10 novembre

La première échéance est celle de la transition. Jusqu’au 10 novembre 2026, vendeurs et acheteurs peuvent encore finaliser leurs « dernières démarches ». Passé cette date, la page se tourne pour de bon.

Deuxième point d’attention : le sort des salariés. Les mesures d’accompagnement ont été homologuées le 6 août, mais la direction est la seule à décrire leur accueil comme favorable. Les prochaines semaines diront si ce dispositif tient ses promesses.

Troisième sujet : l’Espagne. Son activité dépendait de la même structure, elle s’arrête donc aussi. Les vendeurs de ce côté des Pyrénées devraient suivre la même mécanique de transition.

Enfin, il y a le contexte. Les fermetures s’enchaînent dans le commerce, et la liquidation d’Alinéa avait déjà marqué les esprits, avec ses 1 200 salariés licenciés. Autre exemple récent, la fermeture de deux Leroy Merlin à Paris a poussé des syndicats à dénoncer un plan social déguisé.

Chaque dossier a ses spécificités, mais le même fil rouge revient : des habitudes de consommation qui bougent plus vite que les entreprises. Pour Rakuten France, l’histoire s’achève sur des chiffres durs et une querelle qui n’est pas près de s’éteindre.

Un site de petites annonces qui s’éteint, un candidat à la reprise qui doute, une direction qui assume : la fin de PriceMinister laisse un goût d’inachevé. Et si le commerce d’hier vous intrigue, ce détail derrière le rideau d’une cabine d’essayage de 1965 a disparu sans que personne s’en aperçoive. Quant à votre prochaine poussée de démangeaisons, ce que provoque vraiment le geste de se gratter pourrait bien vous faire changer d’avis.

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