« Je ne lui en veux pas » : ce plongeur grièvement mordu par un requin aux Fidji raconte sa survie

Une simple sortie de pêche sous-marine aux Fidji a viré au cauchemar pour Henry Gibbs, créateur de contenus néo-zélandais habitué à ce genre d’expédition. Le 18 juillet, un requin gris de récif l’attaque en pleine plongée, lui infligeant des blessures d’une gravité extrême. Ce qu’il raconte aujourd’hui, entre les quatre opérations et la greffe de peau, en dit long sur ce qu’il faut vraiment redouter sous l’eau.
Une plongée qui tourne au drame en quelques secondes

Henry Gibbs n’est pas un touriste imprudent. Spécialisé dans la pêche à la ligne et la pêche sous-marine, il connaît les eaux fidjiennes et leurs prédateurs. Ce jour de juillet, pourtant, l’une de ses premières plongées sur ce spot bascule sans prévenir : un requin gris de récif fond sur lui et le mord violemment à la jambe.
La scène rappelle d’autres incidents similaires ces derniers mois, comme cette morsure subie par un pêcheur lors d’une plongée qui devait être banale, ou encore l’attaque ayant coûté une jambe à un gynécologue espagnol aux Maldives. Ses compagnons de plongée réagissent vite : ils le hissent hors de l’eau, lui prodiguent les premiers soins puis le transportent en urgence à l’hôpital.
Sa caméra embarquée a filmé une partie de l’attaque. Les images, diffusées ensuite sur les réseaux sociaux, montrent la brutalité de l’échange en quelques fractions de seconde. Un choc que Gibbs n’a jamais cherché à effacer de son compte Instagram.
Quatre opérations, une jambe sauvée et une leçon assumée
Le bilan médical impressionne : quatre opérations au total, dont une greffe de peau sur la jambe droite. Malgré cette violence, Henry Gibbs s’estime chanceux. Les médecins ont réussi à sauver son membre, et il affirme avoir conservé toute la mobilité de son pied.
Les praticiens qui le suivent se montrent optimistes sur un rétablissement complet. Une issue loin d’être garantie face à ce type d’attaque, comme le rappellent d’autres cas graves recensés récemment, notamment cette attaque survenue aux Bahamas où un adolescent a dû sa survie à son frère.
Ce qui frappe surtout, c’est l’absence de rancœur du plongeur envers l’animal. Il rappelle qu’il évoluait dans l’habitat naturel du requin, et qu’il était lui-même en pleine chasse sous-marine au moment de l’attaque. Selon lui, plusieurs facteurs ont pu exciter le prédateur : le bruit du bateau, son équipement de chasse, ou simplement l’agitation des plongeurs dans l’eau. Une hypothèse qui fait écho à d’autres analyses sur le rôle de certaines techniques de plongée dans l’attraction des requins.
L’erreur que Henry Gibbs met en garde de ne jamais commettre
Après sa sortie de l’hôpital, Henry Gibbs a partagé la vidéo de l’attaque avec ses plus de 114 000 abonnés sur Instagram. Son message est clair : dès qu’un requin change soudainement de comportement ou paraît agité, il faut interrompre la plongée immédiatement, sans attendre de confirmation.
Mais c’est sa deuxième mise en garde qui frappe le plus. Le Néo-Zélandais admet être tombé lui-même dans le piège le plus répandu chez les plongeurs : sous-estimer un requin parce qu’il paraît de petite taille. Une erreur d’appréciation qu’il partage avec de nombreuses victimes recensées ailleurs dans le Pacifique, comme ce adolescent mordu aux Samoa sous les yeux de sa famille.
Le requin gris de récif ne fait pourtant pas partie des espèces réputées les plus dangereuses, loin des géants comme le grand blanc ou le requin bouledogue, surnommé « tueur silencieux » par certains experts. C’est justement cette réputation trompeuse qui pousse les plongeurs à relâcher leur vigilance, au moment précis où il ne faudrait pas.
Aujourd’hui, Henry Gibbs se dit surtout reconnaissant d’être en vie. Il garde sa jambe, sa mobilité, et une histoire qu’il raconte désormais sans détour à qui veut l’entendre.
Sous l’eau, la taille d’un prédateur ne dit jamais tout de son danger réel. La prochaine fois qu’un plongeur croisera un requin « inoffensif », se souviendra-t-il de cette leçon apprise à ses dépens ?