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« Je pensais que mes 1 800 € allaient tous grimper en novembre » : la hausse ne touche pas toute la pension

Publié par Mathieu le 21 Oct 2026 à 13:30

Vous avez vu passer l’info : les retraites complémentaires augmentent de 1,4 % en novembre. Et là, le réflexe est immédiat : on sort la calculette, on prend sa pension, on multiplie. Sauf que ce calcul-là, des milliers de retraités risquent de le rater. Un exemple à 1 800 € par mois montre l’écart entre le gain imaginé et le gain réel. Et il est plus grand qu’on ne le pense.

Retraité inquiet tenant un courrier de convocation bancaire

Agirc-Arrco, 14 millions de retraités et une bonne nouvelle qui cache un piège

Commençons par poser le décor. D’après le Journal des Seniors, la retraite complémentaire Agirc-Arrco est la part versée en plus de la pension de base aux anciens salariés du privé. Elle fonctionne par points, accumulés tout au long de la carrière, puis convertis en euros au départ à la retraite.

La décision serait tombée le 14 octobre : le conseil d’administration du régime a confirmé une revalorisation de 1,4 % à compter du 1er novembre. Elle concernerait environ 14 millions de retraités. Pour les pensions mensualisées, la mise en paiement est prévue le lundi 2 novembre, puis tout dépend des délais de chaque banque.

Le contexte compte aussi. Cette hausse arrive après une année sans aucune revalorisation, ce qui explique l’enthousiasme. Si vous voulez revoir ce qu’avait changé le gel des pensions sur les complémentaires, c’est un bon point de départ.

Mais le vrai sujet est ailleurs. Un retraité qui touche 1 800 € par mois ne verra pas ses 1 800 € augmenter de 1,4 %. Pourquoi ? La réponse tient en deux mots que la plupart des gens oublient quand ils lisent « pension de retraite ».

Deux pensions, deux calendriers : ce que la hausse de novembre ne touche pas

Ces deux mots, ce sont « pension de base ». La retraite d’un ancien salarié du privé se compose de deux blocs distincts. D’un côté, la pension de base, versée par l’Assurance retraite. De l’autre, la complémentaire Agirc-Arrco.

Chacun obéit à ses propres règles. La pension de base se revalorise habituellement au 1er janvier, selon un mécanisme lié à l’inflation. La complémentaire, elle, bouge à la date décidée par le régime, ici le 1er novembre.

Résultat : la hausse de novembre ne s’applique qu’à une seule partie de vos revenus de retraite. Les retraités qui espéraient voir l’intégralité de leur pension grimper de 1,4 % risquent d’être déçus, signale le Journal des Seniors.

Autre détail qui change la donne : ce 1,4 % porte sur des montants bruts. Ce qui arrive vraiment sur votre compte dépend des prélèvements sociaux et du prélèvement à la source de votre situation. Un mécanisme qui explique aussi pourquoi certaines pensions de novembre semblent plus faibles sans qu’il y ait la moindre erreur.

Reste à mesurer l’écart. Prenons deux retraités qui touchent chacun 1 800 € brut. Ils n’auront pas la même augmentation, et la raison tient à la part de leur complémentaire. Voici le calcul sur un cas concret.

Imaginons une complémentaire de 600 €. On applique 1,4 % à cette seule part : 600 × 1,4 %, soit 8,40 € de plus par mois en brut. Ramené aux 1 800 € de pension totale, cela représente une hausse d’environ 0,47 %, très loin du 1,4 % affiché.

L’erreur de calcul à 25,20 € que beaucoup vont faire

Main sur une calculatrice près de pièces d'euros sur une table

Avant de refaire vos comptes, repérez d’abord où trouver votre revalorisation sur le relevé. C’est là que se cache le chiffre qui compte vraiment.

L’erreur classique, c’est de prendre le montant total et d’y appliquer le taux officiel. Sur 1 800 €, cela donnerait 25,20 € de gain mensuel. Un résultat séduisant, mais largement surévalué par rapport à la réalité.

Dans notre exemple, l’écart est de 16,80 € par mois entre le gain imaginé (25,20 €) et le gain réel (8,40 €). Autant dire qu’on parle d’un gain trois fois plus faible. Et encore, il s’agit de montants bruts.

Le bon réflexe tient en une phrase : seule la part Agirc-Arrco sert de base au calcul. Votre relevé de pension indique ce que vous recevez de l’Assurance retraite et ce que vous versent les complémentaires. C’est ce second montant qu’il faut multiplier par 1,4 %.

Plus votre complémentaire pèse lourd dans votre total, plus la hausse se rapproche du 1,4 % affiché. Plus elle pèse peu, plus la déception est forte. Deux retraités à 1 800 €, deux enveloppes différentes, deux résultats différents.

Et la pension de base, alors ? Elle suit son propre chemin, avec une éventuelle évolution calée habituellement sur janvier. Deux hausses, deux dates, deux logiques : de quoi éviter toute mauvaise surprise le jour où le virement tombe.

Ce qu’il faut vérifier dès maintenant pour ne pas être surpris

Première chose à faire : ouvrir son relevé et noter le montant exact versé par l’Agirc-Arrco. Ce chiffre vous donne votre vraie hausse brute en deux secondes. Ensuite, il faudra regarder le net, celui qui s’affiche réellement sur votre compte.

Deuxième réflexe : ne pas confondre brut et net. Les prélèvements sociaux et le prélèvement à la source entament une partie du gain. Sur ce terrain, les nouveaux seuils peuvent aussi jouer : la CSG des retraités et ses seuils expliquent des écarts parfois surprenants entre brut et net.

Troisième point : le calendrier. Pour les pensions mensualisées, la mise en paiement de novembre est prévue le lundi 2 novembre. L’arrivée exacte sur votre compte dépendra ensuite de votre établissement bancaire, il ne faut donc pas s’alarmer si le virement n’apparaît pas le jour même.

Quant à la pension de base, rien ne bouge en novembre. Elle suivra son propre rythme, généralement fixé au 1er janvier. Inutile donc de guetter une deuxième hausse dans la foulée.

Enfin, cette revalorisation reste une bonne nouvelle après un an sans hausse. Mais elle ne fera pas basculer un budget. Et le sujet des complémentaires n’est pas totalement clos : une action en justice sur la revalorisation fait déjà parler.

Gardez surtout cette règle en tête : on applique le pourcentage à la bonne base, jamais au total. C’est le meilleur moyen de ne pas se tromper en novembre.

Le 1,4 % est bien réel, mais il ne vaut que sur la part complémentaire. Sur 1 800 € de pension, l’exemple à 600 € de complémentaire donne 8,40 € brut, pas 25,20 €. Reste à savoir si le reste de votre budget de retraité vous réserve d’autres écarts de ce genre.

Par exemple, cet âge après lequel certains retraités ne paient plus un centime de taxe foncière pourrait changer vos comptes. Et si vous pensiez que les impôts des retraités n’avaient plus de secret pour vous, cette hausse d’impôts déguisée vous réserve peut-être une mauvaise surprise.

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