Brabus, le roi des Mercedes survitaminées, dévoile son premier yacht : un monstre de 7 800 chevaux qui vise la vitesse

Brabus, c’est le nom qui fait vibrer les amateurs de Mercedes taillées pour la piste. Depuis 1977, la marque allemande pousse les voitures de luxe toujours plus loin. Cette fois, elle quitte le bitume pour de bon, et son premier vrai yacht affiche 7 800 chevaux. Mais ce n’est pas la puissance qui intrigue le plus : c’est ce que ce bateau dit des nouveaux envies des milliardaires.
Brabus, de la Mercedes survitaminée aux vagues
Tout commence en 1977. L’idée de Brabus tient en une ligne : prendre un véhicule déjà très performant et en rajouter. Plus de puissance, un design retravaillé, une personnalisation poussée.
La marque est surtout connue pour ses Mercedes-AMG profondément transformées. Moteurs survitaminés, carrosseries retouchées, habitacles entièrement sur mesure : chaque client repart avec une pièce unique.
Mais Brabus cherche à diversifier son ADN. Elle s’est donc aventurée sur l’eau, d’abord avec des superboats et des powerboats, développés notamment avec le constructeur italien Shadow.
Ces bateaux reprenaient la recette maison : beaucoup de puissance, une silhouette agressive, une personnalisation élevée. De très belles machines. Mais, comme le yacht supercar de Lamborghini, elles flirtaient avec le luxe sans entrer dans la catégorie des yachts à proprement parler.
Alors, qu’est-ce qui sépare un hors-bord de prestige d’un vrai yacht ? Et avec quel partenaire Brabus a-t-elle franchi le pas ?
AB Yachts, le partenaire italien qui change la donne
Pour sa première incursion dans l’univers très privé du yachting, Brabus s’est associée à AB Yachts. Ce chantier italien est spécialiste des yachts à moteur rapides.
Le partenariat permet à la griffe germanique de passer du bateau sportif à une catégorie plus haut de gamme. La performance reste essentielle, mais les volumes, les matériaux et les finitions prennent beaucoup plus de place.
Le projet s’appelle le Brabus AB110. La vitesse reste son cœur, et c’est l’un des principaux points de rencontre entre les deux marques.
Le calcul est aussi stratégique. Les multimillionnaires ne chercheraient plus forcément de gigantesques palais flottants. Ils préféreraient des bateaux rapides, capables d’affronter les eaux du Pacifique et de rallier vite des destinations lointaines. D’ailleurs, certains fortunés vont jusqu’à snober yacht et jet privé, comme ces millionnaires américains qui s’offrent un wagon de train.
Reste à voir à quoi ressemble ce yacht qui se rêve en supercar. Et surtout, jusqu’où va la liberté laissée à son propriétaire.

Une supercar posée sur l’eau, mais pas tout à fait sur mesure
Impossible d’évoquer l’engin sans parler d’un autre monde du luxe : celui des superyachts, où l’on dépense sans compter. Le Brabus AB110 y fait figure d’ovni.
Avec son profil bas et élancé, ses lignes architecturales et ses nombreux éléments en fibre de carbone, il ressemble davantage à une supercar qu’à un yacht traditionnel.
À bord, l’ambiance rappelle les habitacles de la marque : cuir, carbone apparent, matelassage « triangle », surpiqûres contrastées et éclairage indirect.
Attention toutefois : ce n’est pas un yacht entièrement conçu à la carte. Sa coque, son architecture générale et ses trois ponts sont déjà définis.
Il s’agit d’un modèle semi-custom. Le propriétaire peut choisir les couleurs, les selleries, les matériaux, les finitions et une partie des équipements.
C’est moins poussé que sur les voitures de la marque. Mais chacun peut personnaliser son yacht sans dénaturer la signature Brabus. Voilà la vraie réponse : le monstre de puissance se veut un yacht rapide, signé, et personnalisable dans un cadre précis.
Pourquoi les marques de luxe se jettent toutes à l’eau
Brabus n’est pas la première. Lamborghini, Porsche et Aston Martin ont déjà exploré les bateaux et les yachts, via des collaborations, des éditions spéciales ou des partenariats avec des chantiers navals.
La raison est simple : les deux univers partagent une clientèle très fortunée et une culture commune de la performance, du design et de la personnalisation.
Dans l’automobile, tout un écosystème s’est aussi construit autour du sur-mesure. Exemple : la société américaine Helderburg, spécialisée dans les Land Rover Defender restaurés. Son fondateur, Paul Potratz, a grandi dans l’atelier familial avant de travailler dans la publicité.
Déçu par les Defender restaurés du marché, il a fabriqué les siens. Les réseaux sociaux ont fait le reste. Certains modèles dépassent 400 000 dollars et représentent jusqu’à 3 000 heures de travail.
Le contexte, lui, est moins radieux. Après des années de croissance exceptionnelle, le marché doit composer avec une clientèle plus prudente. Les ventes de bateaux à moteur de 10 à 20 mètres, comme celles des voiliers, reculent de 20 % à 40 %. Et l’on sait que le luxe nautique peut vite tourner court, comme ce yacht coulé 15 minutes après son inauguration.
Les fortunes, elles, continuent de faire rêver : ce roi aux 52 yachts en est la preuve.
Brabus prouve qu’une marque de voitures peut faire des vagues. Reste à savoir si la clientèle suivra dans un marché qui ralentit.
Et si vous croyez avoir tout vu en matière de yachts, le mégayacht qui échapperait à une taxe, selon Mediapart, risque de vous faire changer d’avis. Quant à ce que cachent certains patrimoines, l’héritage colossal du fondateur de Mango réserve des surprises.