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Jet à 60 millions, yacht écologique et Picasso : l’héritage colossal du fondateur de Mango

Publié par Cassandre le 22 Mai 2026 à 14:12
Isak et Jonathan Andik

Quand un milliardaire disparaît, ce qu’il laisse derrière lui raconte parfois mieux sa vie que n’importe quelle biographie. Isak Andic, le fondateur de Mango, n’était pas un simple patron de mode. Entre un jet privé à 60 millions d’euros, un superyacht primé et des toiles signées Picasso, son héritage dépasse largement les vitrines de ses boutiques. Mais la suite de cette succession s’annonce bien plus complexe qu’un inventaire de luxe.

Isak Andic, un collectionneur d’art avant d’être un magnat de la mode

Au siège de Mango, à une trentaine de kilomètres de Barcelone, une statue de huit mètres signée Jaume Plensa accueille chaque visiteur. Intitulée House of Knowledge, elle incarne la philosophie d’un homme qui plaçait l’art au cœur de tout. Andic avait commencé très jeune à acquérir des œuvres en esthète, guidé par le plaisir et non par la spéculation. Sa collection personnelle réunit des pièces de Barceló, Miró, Picasso et Tàpies.

Pour accéder à son bureau, il fallait traverser un véritable musée privé. Mécène du MACBA à Barcelone, membre de la Fondation des Amis du Musée du Prado, il parrainait aussi les foires ARCO et SWAB. Selon l’affaire judiciaire autour de son fils, le fondateur envisageait même de modifier son testament pour créer une fondation caritative. Un projet resté en suspens.

Un superyacht écologique et un Bombardier à 14 300 km d’autonomie

Les toiles ne constituaient qu’une fraction du patrimoine. Parmi les biens les plus spectaculaires figure le Nirvana Formentera, un voilier de 53 mètres de long considéré comme l’un des superyachts les plus écologiques au monde. Ce ketch en aluminium, primé pour son design, peut mouiller sur presque n’importe quelle plage et accueillir une douzaine de passagers. Son entretien annuel avoisine les 2,5 millions d’euros. Amarré à Palma de Majorque, il n’a plus guère navigué depuis la disparition de son propriétaire.

L’autre joyau est un jet Bombardier Global 7500, capable de relier Barcelone à Tokyo sans escale grâce à ses 14 300 kilomètres d’autonomie. Son prix catalogue dépasse les 60 millions d’euros. Lui non plus n’a pas repris les airs. Comme le rappelait récemment le cas d’autres fortunes titanesques, posséder de tels actifs ne signifie pas toujours pouvoir les maintenir indéfiniment.

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Trois héritiers, une procédure judiciaire et un testament en suspens

Les successions complexes ne manquent pas en France comme en Espagne. Ici, trois enfants — Jonathan, Judith et Sarah Andic — se partagent l’ensemble du patrimoine. Les deux sœurs poursuivent l’engagement artistique familial en tant que mécènes du MACBA Studio, programme dédié à la nouvelle génération de collectionneurs. Mais personne n’a encore repris le flambeau des autres activités philanthropiques du fondateur.

Le dossier se complique davantage depuis l’arrestation de Jonathan Andic, soupçonné dans les circonstances de la mort de son père. Libéré sous caution d’un million d’euros, il reste visé par une enquête pour homicide potentiel. Comme le révélait Vanity Fair Espagne, le sort du jet, du yacht et de la collection d’art dépend désormais autant de la justice que de la volonté des héritiers.

Un Picasso sur les murs, un voilier à quai, un jet cloué au sol : l’empire matériel d’Isak Andic attend ses nouveaux capitaines. Reste une question vertigineuse — celle que le fondateur lui-même n’a pas eu le temps de trancher : cet héritage nourrira-t-il l’art et la philanthropie, ou finira-t-il dispersé aux enchères ? La réponse appartient à un tribunal espagnol, et à trois enfants que tout sépare désormais.

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