Mort du fondateur de Mango : son propre fils arrêté pour homicide
En décembre 2024, Isak Andic, le fondateur milliardaire de Mango, mourait après une chute lors d’une randonnée en Espagne. L’affaire avait été classée comme un accident tragique. Mais cinq mois plus tard, un coup de théâtre secoue le monde de la mode : son fils Jonathan vient d’être arrêté, soupçonné d’homicide. Retour sur une affaire familiale qui ressemble à un thriller.

Isak Andic, le bâtisseur d’un empire textile à 4,5 milliards de dollars
Né à Istanbul en 1953, Isak Andic avait émigré adolescent en Espagne avec sa famille. En 1984, il ouvrait sa première boutique Mango à Barcelone avec son frère Nahman. Quarante ans plus tard, la marque comptait environ 2 850 magasins dans le monde et employait plus de 16 400 personnes. Au moment de sa mort, Forbes estimait sa fortune à 4,5 milliards de dollars, faisant de lui l’une des personnes les plus riches d’Espagne.
Fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 2018, l’homme d’affaires hispano-turc avait marqué le secteur du prêt-à-porter mondial. La disparition d’enseignes comme ces grandes marques en difficulté rappelle à quel point bâtir un empire textile reste un exploit fragile. Le 14 décembre 2024, Isak Andic faisait une chute mortelle sur un sentier de montagne. Il avait 71 ans. À ses côtés ce jour-là, une seule personne : son fils Jonathan.
Une enquête rouverte et requalifiée en homicide
Dans un premier temps, les autorités catalanes avaient classé le décès comme accidentel. Fin de l’histoire, pensait-on. Sauf que des mois plus tard, les mossos d’esquadra ont rouvert le dossier. L’affaire a été requalifiée en possible homicide, et l’enquête s’est resserrée autour de Jonathan Andic, 45 ans, actuel vice-président du conseil d’administration de Mango.
Selon le quotidien El País, la compagne d’Isak Andic, Estefanía Knuth, ancienne golfeuse professionnelle, aurait décrit aux enquêteurs des relations parfois tendues entre le père et le fils. Un différend financier autour de la question de l’héritage opposait également Knuth aux trois enfants du milliardaire. Elle s’estimait lésée dans la succession. Autant d’éléments qui ont poussé les enquêteurs à creuser plus loin qu’un simple accident de randonnée.

Jonathan Andic arrêté : caution d’un million d’euros payée comptant
Quand le destin des grandes fortunes bascule, tout va très vite. Mardi 19 mai, Jonathan Andic a été interpellé à son domicile. Les images le montrent menotté, tête baissée, vêtu d’une veste de costume noire, escorté par des policiers jusqu’au tribunal. Sa caution a été fixée à un million d’euros. Il l’a réglée comptant et a été placé sous contrôle judiciaire.
La famille, elle, reste soudée derrière lui. Une porte-parole a assuré à l’AFP que « la collaboration a été et sera totale ». Avant d’ajouter : « Il n’existe pas et on ne trouvera pas de preuves à charge. » Jonathan Andic, qui avait rejoint le groupe familial en 2005 et gravi tous les échelons, a toujours clamé son innocence. Mango, de son côté, n’a fait aucun commentaire.
Un milliardaire mort sur un sentier de montagne. Un fils unique témoin devenu suspect. Un empire textile de 2 850 boutiques plongé dans l’incertitude. L’affaire Andic n’a peut-être livré que ses premiers rebondissements. Reste une question vertigineuse : que s’est-il vraiment passé sur ce chemin, le 14 décembre 2024 ?