Sabot jaune et rouge sur la roue, il repart quand même : le SUV BYD de 3,3 tonnes s’échappe sur trois roues

Un sabot de Denver, ce piège jaune et rouge qui cloue une voiture au bitume. Dans une rue commerçante de Chine, un conducteur n’a pas attendu qu’on vienne le libérer. Son SUV a levé la roue prisonnière et il est reparti, sous les yeux des passants. Reste à comprendre comment un monstre de 3,3 tonnes réussit ce tour, et surtout jusqu’où il peut aller.
Une rue commerçante, un sabot et une roue en l’air
La scène a fait le tour des réseaux sociaux chinois à toute vitesse. Elle se passe à Jinshan, dans la ville de Lianyungang, province du Jiangsu. Autour du véhicule, on distingue des boutiques, des voitures et des piétons.
Au centre, un BYD Bao 8. Un sabot métallique jaune et rouge est accroché à sa roue gauche. En temps normal, c’est la fin du trajet : plus question de rouler avant d’avoir réglé l’affaire avec les autorités.
Sauf que le conducteur ne semble pas gêné une seconde. Selon Les Numériques, qui s’appuie notamment sur Car News China, il lève la roue immobilisée puis quitte les lieux. Sur trois roues, tranquillement.
Le SUV est gigantesque : 5,19 mètres de long et un poids qui approche 3,3 tonnes selon les versions. Difficile d’imaginer un tel mastodonte qui fait ça sans broncher. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’on voit ce SUV BYD repartir sur trois roues en pleine rue, mais le détail du mécanisme, lui, mérite qu’on s’y attarde.
Alors, quelle est cette technologie qui permet à un SUV de faire du pied de nez aux sabots ?
La suspension qui soulève une roue à volonté
Tout vient d’un système baptisé DiSus-P Ultra. Il s’agit d’une suspension hydraulique capable de régler la hauteur de chaque roue séparément. Autrement dit, chaque coin de la voiture peut monter ou descendre indépendamment des autres.
BYD parle d’un débattement de 200 mm et d’une force de levage pouvant atteindre 9 tonnes. Le système sert aussi à stabiliser la carrosserie sur les terrains irréguliers. Et il aide le véhicule à retrouver de l’adhérence quand une roue est coincée hors route.
Le constructeur a montré tout cela en mai 2026, sur une piste d’essai. Un Bao 8 y lève une roue puis poursuit sa route sans perdre l’équilibre. BYD a aussi présenté un changement de pneu sans cric et une sortie de sable.
Côté muscle, le Bao 8 n’est pas un poids plume non plus. Il s’agit d’un hybride compatible avec la recharge rapide Flash Charge, annoncé jusqu’à 550 kW, soit environ 748 chevaux. Hors de Chine, il se vend sous le nom Denza B8. Pour voir de quoi BYD est capable sur la recharge, la Denza Z et ses 1 604 ch donnent un bel aperçu.
Alors, jusqu’où la roue monte-t-elle, et à quelle vitesse peut-on filer ensuite ? Les chiffres sont plus modestes qu’on ne l’imagine.

300 mm de levée, 15 km/h maximum : les limites du tour de force
Pour commencer, une comparaison utile avec la stratégie de BYD sur la recharge express : la marque aime les démonstrations spectaculaires. Ici, le Bao 8 peut soulever une roue jusqu’à 300 mm, puis rouler sur les trois autres.
Le piège, c’est la vitesse. Sur trois roues, le SUV est limité à 15 km/h. On est donc très loin d’une cavale de film d’action : plutôt une allure de promenade, parfaitement suffisante pour quitter une place de stationnement.
La fonction a été conçue pour des situations bien différentes. Elle doit permettre de se dégager d’une zone difficile, de franchir certains obstacles ou de changer une roue sans cric. Rien à voir avec un sabot, que BYD ne cite évidemment pas dans ses usages.
Le constructeur présente la technologie comme une aide en cas de crevaison, de terrain difficile ou de roue bloquée. Elle n’est pas conçue pour contourner un sabot installé par les autorités. Ce détour est un effet de bord, que la vidéo a rendu viral.
Reste une question que la vidéo laisse sans réponse : pourquoi ce sabot était-il là ? Les images ne le disent pas. On ne sait pas s’il s’agit d’une sanction de la part des autorités.
Ce que cette vidéo change pour BYD et ses rivaux
Concrètement, l’automobiliste n’a pas eu besoin de libérer sa roue pour repartir. C’est la démonstration la plus involontaire qu’on pouvait imaginer pour une technologie encore peu connue. BYD n’a pas eu à payer une publicité : elle s’est faite toute seule.
Et le constructeur ne chôme pas ailleurs. Pour sa recharge, il vise un réseau sérieux : 200 concessions en France et une borne à 5 minutes de charge. Le Bao 8 s’inscrit dans cette offensive plus large, avec un hybride capable de profiter de la Flash Charge.
Les rivaux, eux, regardent aussi du côté de la puissance. Geely promet par exemple de son côté une recharge en 4 minutes. La bataille se joue autant sur la technique que sur les images qui circulent.
Reste à surveiller si ce type de scène se répétera, et comment les autorités réagiront. La vidéo ne dit rien d’une éventuelle suite. On ne sait pas non plus si le conducteur a eu des comptes à rendre ensuite.
En attendant, une chose est sûre : un sabot de plus de quelques kilos n’est plus forcément un obstacle infranchissable.
Un SUV de 3,3 tonnes qui lève une patte et s’en va : la suspension a transformé un piège en simple contretemps, à 15 km/h. Et si vous pensiez que BYD se limitait aux gadgets, sa supercar qui vise les 500 km/h en 2026 va vous faire changer d’avis. Et du côté de chez nous, la citadine à moins de 15 000 € inspirée de la 2CV prépare une tout autre révolution.