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Affaire Lyhanna : cet examen post-autopsie que les enquêteurs attendent pourrait tout changer

Publié par Cassandre le 22 Juin 2026 à 12:15
Mort de Lyhanna : l'autopsie révèle un viol, l'ADN du suspect retrouvé sur l'enfant de 11 ans

Deux semaines après la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, dans un silo agricole désaffecté du Gers, une question hante l’enquête : comment est-elle morte ? L’autopsie a révélé des violences terribles, mais n’a pas suffi à trancher. Les enquêteurs comptent désormais sur un examen complémentaire très spécifique, dont les résultats pourraient bouleverser la trajectoire judiciaire du dossier.

Autopsie de Lyhanna : ce que les légistes ont trouvé — et ce qui leur échappe encore

Les premiers constats sont accablants. L’ADN de Jérôme Barella, principal suspect, a été retrouvé sur les parties intimes du corps. La fillette avait été bâillonnée avec du scotch, ses chevilles et ses mains entravées. Des ecchymoses, notamment sur la tempe gauche, ont été relevées.

Pourtant, malgré ces éléments, les causes exactes du décès restent inconnues. C’est là toute la difficulté d’une scène de crime où le corps a séjourné dans un silo métallique soumis à des températures extrêmes.

Comme l’explique le médecin légiste Antoine Tracqui, spécialiste en toxicologie médico-légale aujourd’hui retraité, l’autopsie seule ne suffit plus. « Pendant des siècles, l’autopsie consistait à ouvrir le corps et à faire des constatations visuelles. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une étape parmi d’autres », confie-t-il à RTL.

S’il y avait eu une fracture majeure du crâne ou des coups de couteau, cela aurait été vu immédiatement. Le silence des autorités sur la cause du décès suggère que les hypothèses les plus évidentes ont déjà été écartées. Reste un mécanisme de mort plus sournois, presque invisible.

Anatomopathologie : l’examen microscopique qui voit ce que l’œil ne peut pas voir

L’anatomopathologie — « anapath » pour les initiés — consiste à étudier les tissus prélevés lors de l’autopsie au microscope. Foie, poumons, cerveau, reins, mais aussi chaque zone présentant une ecchymose, une fracture ou un hématome : dans une affaire criminelle, les prélèvements peuvent se compter par dizaines.

Le processus est d’une minutie extrême. Chaque échantillon est d’abord conservé dans du formol, puis intégré dans un bloc de paraffine. Il est ensuite découpé en tranches ultrafines avant d’être coloré et examiné. « Il y a un temps incontournable, celui de la fixation dans le formol », précise Antoine Tracqui. Pour de petits prélèvements, cette étape dure déjà plusieurs jours.

L’objectif est triple. Confirmer l’existence d’une lésion. Déterminer si elle s’est produite avant ou au moment de la mort. Et parfois, écarter une cause naturelle. Sur un cadavre bien conservé, les constats sont nombreux. Sur un corps en état de décomposition avancée, comme celui de Lyhanna, « les éléments de preuve ressortent presque uniquement des investigations complémentaires », souligne le légiste.

C’est la raison pour laquelle cet examen est considéré comme incontournable dans les affaires criminelles complexes. Sans lui, certaines vérités restent enfouies sous les altérations du temps.

Médecin légiste concentré dans un couloir d'institut

Suffocation ou strangulation : ce que l’anapath pourrait révéler sur la mort de Lyhanna

Parmi les hypothèses qui restent sur la table, deux mécanismes retiennent particulièrement l’attention des experts : la suffocation et la strangulation. Deux causes de décès redoutées par les légistes, car elles laissent très peu de traces visibles.

« La suffocation laisse très peu de traces, même sur un corps bien conservé », explique Antoine Tracqui. Quant à la strangulation, elle peut provoquer des lésions profondes au niveau du cou, mais encore faut-il que l’état du corps permette de les identifier.

C’est précisément là que l’anatomopathologie entre en jeu. L’examen des tissus prélevés autour d’une éventuelle fracture du larynx ou de l’os hyoïde — un petit os situé dans le cou — peut révéler la présence d’un saignement survenu avant la mort. Le principe est simple et implacable : un corps mort ne saigne pas.

« Si l’on démontre qu’une fracture a saigné, cela signifie qu’elle est survenue avant ou au moment du décès », résume le médecin légiste. Un tel résultat orienterait fortement les enquêteurs vers l’hypothèse d’une strangulation. Et transformerait un faisceau d’indices en preuve scientifique exploitable devant un tribunal.

Dans l’affaire Lyhanna, la science pourrait dire ce que les yeux ne voient plus. Un microscope, des tissus fixés dans le formol et un saignement invisible à l’œil nu — parfois, c’est tout ce qu’il faut pour qu’un corps raconte enfin ce qui lui est arrivé. Les semaines qui viennent diront si cet examen parvient à lever le dernier voile sur la mort de cette enfant de 11 ans.

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