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Disparition de Manon Relandeau : elle avait pris rendez-vous dans un centre pour femmes victimes de violences, elle ne s’y est jamais rendue

Publié par Cassandre le 28 Avr 2026 à 9:16

Un mois jour pour jour après la disparition de Manon Relandeau, 31 ans, éleveuse installée à Saint-Étienne-de-Montluc en Loire-Atlantique, une information glaçante émerge. Peu avant de s’évanouir dans la nature, la jeune femme avait pris contact avec une structure nantaise d’aide aux femmes victimes de violences. Elle avait fixé un rendez-vous. Elle ne s’y est jamais présentée. Son compagnon, lui, a pris un avion pour l’Algérie avec leur fillette de 15 mois.

Ferme rurale près de Saint-Étienne-de-Montluc en Loire-Atlantique

Des SMS qui n’avaient rien de Manon

Tout commence le 27 mars 2026. Manon Relandeau ne donne plus signe de vie. Ses proches reçoivent pourtant des messages depuis son téléphone dans les heures qui suivent. Le contenu est rassurant : elle partirait en formation pour plusieurs semaines. Mais le ton, lui, ne colle pas du tout.

Selon Presse Océan, les fautes de syntaxe et d’orthographe dans ces SMS ont immédiatement alerté l’entourage. Manon, éleveuse de chevaux, femme organisée et connectée à sa famille, n’écrivait pas comme ça. L’hypothèse que quelqu’un d’autre ait rédigé ces messages s’est imposée très vite. On connaît hélas d’autres affaires où le téléphone d’une victime a servi à brouiller les pistes.

Un détail qui a fait basculer l’enquête du côté de la piste criminelle. Et un suspect s’est rapidement dessiné.

Un compagnon déjà condamné pour violences conjugales

Les enquêteurs n’ont pas eu besoin de chercher très loin. Abdelkarim B., le compagnon de Manon, âgé de 41 ans, concentre tous les soupçons. Et pour cause : l’homme a déjà été condamné en 2019 par la justice française. Le motif ? Violences conjugales sur une autre compagne.

Ce passé judiciaire éclaire d’une lumière sinistre ce qui se jouait peut-être au domicile de Saint-Étienne-de-Montluc. Car Manon Relandeau, elle, avait visiblement conscience du danger. Selon plusieurs témoignages recueillis par Presse Océan, elle envisageait de quitter son compagnon. Une décision qui, dans les affaires de féminicides, constitue souvent le moment le plus périlleux.

Véhicules de gendarmerie devant une maison de campagne

Malgré ces signaux, Manon n’avait jamais déposé plainte. Un schéma que les associations de défense des femmes victimes connaissent tragiquement bien.

Un rendez-vous qui aurait pu tout changer

C’est sans doute l’élément le plus douloureux de cette affaire. Avant sa disparition, Manon Relandeau avait pris les devants. Elle avait contacté une structure nantaise spécialisée dans l’accompagnement des femmes subissant des violences. Un premier pas, souvent le plus difficile à franchir.

Elle avait même calé un rendez-vous. Mais elle ne s’y est jamais rendue. Personne ne sait aujourd’hui si elle en a été empêchée, si elle a repoussé la date, ou si les événements se sont précipités avant qu’elle ait pu s’y rendre. Comme dans d’autres drames similaires, les signaux d’alarme étaient là — mais le temps a manqué.

Ce qui s’est passé ensuite donne le vertige.

Un vol pour l’Algérie, un domicile vidé

Le 2 avril, soit six jours après la disparition de Manon, Abdelkarim B. se rend à l’aéroport de Nantes. Il embarque sur un vol à destination de l’Algérie, son pays natal. Avec lui : leur fillette de 15 mois. La mère a disparu, le père s’envole avec le bébé.

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Le lendemain, le 3 avril, les gendarmes pénètrent dans le domicile familial de Saint-Étienne-de-Montluc. Ils retrouvent le téléphone portable de Manon. Pas de trace de lutte. Pas de sang visible. Mais pas de Manon non plus. Ni de son compagnon. Ni de leur enfant.

En Algérie, les pistes sont tout aussi floues. Des amis d’enfance d’Abdelkarim B. à Blida affirment ne pas l’avoir vu depuis cinq ans. Aucun d’entre eux n’était au courant d’un quelconque retour. L’homme semble s’être évaporé avec la petite fille, comme d’autres suspects dans des affaires de disparition ayant franchi les frontières.

Une enquête pour meurtre conjugal et enlèvement

Face à ces éléments, la justice a agi vite. Le 7 avril 2026, une information judiciaire a été ouverte sous l’autorité d’un juge d’instruction de Nantes. Les chefs d’accusation sont lourds : meurtre conjugal et enlèvement. Deux qualifications qui montrent que les magistrats ne croient pas à une fugue volontaire.

Palais de justice de Nantes en fin de journée

Sur le terrain, les moyens déployés sont considérables. Une centaine de militaires ont été mobilisés pour les recherches dans les semaines qui ont suivi la disparition. L’enquête reste ouverte, mais chaque jour qui passe sans nouvelle de Manon rend l’hypothèse la plus sombre de plus en plus probable.

Pour ses proches, un détail résume tout : « Elle n’aurait jamais abandonné ses chevaux. » Manon était éleveuse. Ses animaux étaient sa vie. Les laisser derrière elle sans prévenir personne, c’était tout simplement inenvisageable.

Le même schéma qui se répète

L’affaire Manon Relandeau concentre, à elle seule, tous les angles morts du système français en matière de violences faites aux femmes. Un homme déjà condamné pour violences conjugales. Une femme qui tente d’appeler à l’aide mais n’a pas le temps d’être protégée. Pas de plainte déposée, donc pas de mesure d’éloignement. Et une fuite à l’étranger qui complique considérablement le travail de la justice.

Ce cas rappelle douloureusement d’autres affaires récentes. Celle d’un militaire condamné pour violences conjugales qui avait pris la fuite au tribunal. Ou encore ces drames où un conjoint violent, déjà connu des services de police, passe à l’acte malgré les signaux d’alerte. En 2024, la France comptait encore plus de 90 féminicides. En 2026, le compteur continue de tourner.

Un mois après la disparition de Manon, les questions restent entières. Où est Abdelkarim B. ? Où est leur fillette de 15 mois ? Et surtout, qu’est-il arrivé à cette jeune femme de 31 ans qui tentait simplement de se mettre en sécurité ?

L’enquête se poursuit. Les proches de Manon, eux, n’attendent qu’une chose : des réponses.

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